1)   INTRODUCTION:

François Doyon La Rochelle:

Bienvenue à Sujet Capital, un balado mensuel à propos de la gestion passive de portefeuille et de la planification financière et fiscale pour les investisseurs à long terme.

Vos hôtes pour ce balado sont James Parkyn et moi-même François Doyon La Rochelle, tous deux gestionnaires de portefeuilles avec PWL Capital.

Au programme aujourd’hui pour l’épisode #93 :

Nous passerons en revue les stratégies de planification fiscale de fin d'année pour les investisseurs dans les marchés financiers.

Bonne écoute !

2)   PLANIFICATION FISCALE DE FIN D’ANNÉE 2026 :

François Doyon La Rochelle:

Eh bien, c’est de nouveau le temps de l’année où on discute des stratégies de planification fiscale de fin d’année pour les investisseurs en valeurs mobilières. Comme nos auditeurs réguliers le savent, aborder ce sujet à la fin de l’année est devenu une tradition annuelle de notre balado.

Au moment d’enregistrer cet épisode, on se base sur les règles fiscales actuellement en vigueur. Le gouvernement fédéral déposera son budget de 2026 en novembre, mais la date n’a pas encore été confirmée. Suite à la publication du budget, s’il y a des changements, nous en parlerons dans notre prochain épisode.

Alors, James, par où veux-tu commencer ?

James Parkyn:

Eh bien, François, je veux rappeler à nos auditeurs que, lorsqu’on parle de planification fiscale, on adopte ce qu’on appelle une approche d’optimisation. C’est un concept très différent de la simple minimisation de ses impôts.

Optimiser signifie qu’il faut réfléchir non seulement à l’année d’imposition en cours, mais aussi à l’évolution de son patrimoine à plus long terme. Autrement dit, il faut établir un plan fiscal qui tient compte à la fois de ses revenus personnels actuels et futurs.

François, nos auditeurs réguliers savent qu’on a souvent souligné, dans ce balado, l’importance de répartir son patrimoine entre trois compartiments.

Le premier compartiment contient les comptes enregistrés à imposition différée, comme les REER et les FERR. Les retraits des REER et des FERR sont entièrement imposables au taux marginal d’imposition.

Le deuxième compartiment, contient les actifs détenus dans des sociétés de portefeuille. Ces comptes résultent le plus souvent du transfert, par des entrepreneurs, des bénéfices de leur société d’exploitation vers leur société de gestion.

Les retraits peuvent prendre la forme de dividendes imposables ou de dividendes non imposables versés à partir du compte de dividendes en capital. Les dividendes imposables peuvent être déterminés ou non déterminés, et chacun est imposé à un taux différent.

Enfin, le 3eme compartiment comprend les CELI et les comptes personnels imposables.

Les retraits d’un CELI n’ont aucune conséquence fiscale. Les comptes personnels imposables, en revanche, génèrent des feuillets fiscaux, comme les T3 et les T5, et la vente de placements peut entraîner des gains ou des pertes en capital.

De façon générale, ces comptes offrent la plus grande souplesse et les conséquences fiscales les plus faibles au moment des retraits.

François Doyon La Rochelle:

James, on sait que cette approche fonctionne bien pour nos clients.

Alors, James, que devraient faire les contribuables pour optimiser leur impôt personnel de 2026?

James Parkyn:

François, je vais passer en revue notre liste habituelle de stratégies de planification fiscale de fin d’année.

Aujourd’hui, on abordera neuf sujets :

  1. La planification des gains et des pertes en capital.

  2. Les cotisations aux REER.

  3. Les comptes d’épargne libre d’impôt, ou CELI.

  4. Les comptes d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété, ou CELIAPP.

  5. Les cotisations et les retraits des REEE.

  6. Les stratégies de prêts au taux prescrit.

  7. L’impôt minimum de remplacement, ou IMR.

  8. La déductibilité des intérêts sur les emprunts contractés à des fins de placement.

  9. Et finalement, les acomptes provisionnels d’impôt de fin d’année.

François Doyon La Rochelle:

Très bien, James, commençons par la planification des gains et des pertes en capital. Pour nos auditeurs, il s’agit probablement de l’un des principaux éléments à considérer pour optimiser leur impôt de 2026.

James Parkyn:

Je suis d’accord, François. Au moment où on enregistre cet épisode, les portefeuilles de nos clients ont connu quatre années de croissance à deux chiffres.

Les clients qui sont avec nous depuis 2023 ou avant détiennent maintenant d’importants gains en capital non réalisés. On a revu avec eux le rééquilibrage de leurs portefeuilles, et si nécessaire, on les ramener à leurs cibles de répartition d’actifs à long terme.

Dans bien des cas, on a réalisé d’importants gains en capital dans leurs comptes imposables. Nos auditeurs devraient vérifier les gains qu’ils ont réalisé à date cette année. Au besoin, ils peuvent ajuster le montant de leur dernier acompte provisionnel d’impôt, exigible le 15 décembre de cette année, s’ils n’ont pas payé les montants demandés par les autorités fiscales. En plus, ça aura probablement une incidence sur les acomptes provisionnels que l’Agence du revenu du Canada leur demandera de verser en 2027.

François Doyon La Rochelle:

On rappelle aussi à nos auditeurs que les gains en capital réalisés sont assujettis à un taux d’inclusion de 50 %, autant dans les comptes personnels que dans les sociétés de portefeuille.

Les gains en capital réalisés dans les REER, les FERR et les REEE bénéficient d’un report d’impôt jusqu’au retrait des fonds. Et, bien sûr, les gains en capital réalisés dans les CELI et les CELIAPP ne sont pas imposables.

James Parkyn:

À l’approche de la fin de l’année, c’est le bon moment pour examiner la répartition de votre portefeuille et confirmer qu’elle correspond à votre répartition stratégique d’actifs à long terme.

François Doyon La Rochelle:

James, nos auditeurs vont probablement constater que la répartition actuelle de leurs portefeuilles est nettement surpondérée en actions, à la suite des gains importants enregistrés depuis les creux des marchés en septembre 2022.

Certains investisseurs pourraient hésiter à réaliser des gains en capital et à payer l’impôt qui en résulte. Ils pourraient plutôt décider de modifier leur répartition stratégique d’actifs à long terme pour qu’elle corresponde à la répartition actuelle de leur portefeuille.

Je tiens toutefois à avertir nos auditeurs qu’une telle décision modifie également le profil de risque de leur portefeuille.

James Parkyn:

Je pense, François, que c’est un point très important que tu souligne.

Les auditeurs devraient examiner la répartition de leurs actifs en fonction de ce qu’ils détiennent investi en obligations, et de ce qu’ils détiennent en placements plus volatils, qui comprend les actions canadiennes, américaines et internationales, ainsi que les Fiducie de Placement Immobilier.

Votre répartition stratégique d’actifs à long terme devrait être déterminée principalement par votre tolérance au risque et votre capacité à prendre des risques.

Chaque catégorie d’actifs génère des rendements qui peuvent être traités différemment sur le plan fiscal. Ainsi, si vous avez des placements dans des comptes imposables, vous devez également tenir compte des conséquences fiscales incluant toutes vos sources de revenus.

Les revenus imposés à des taux plus élevés sont généralement mieux placés dans un régime enregistré, où ils peuvent être à l’abri de l’imposition annuelle.

C’est ce qu’on appelle la planification de la localisation des actifs.

François Doyon La Rochelle:

Nos auditeurs devraient également vérifier s’ils ont des pertes en capital reportées des années précédentes et envisager de les utiliser pour compenser les gains en capital réalisés durant l’année.

Vous pouvez retrouver le montant de vos pertes en capital reportées sur votre dernier avis de cotisation de l’ARC ou sur le site Web de l’Agence.

James Parkyn:

François, passons maintenant aux détails des transactions à exécuter afin optimiser les gains et les pertes en capital dans vos comptes imposables.

Les auditeurs devront connaître leurs gains et pertes en capital pour l’année 2026.

Nos auditeurs devront commencer par obtenir le rapport des gains et pertes en capital réalisés depuis le début de l’année 2026 dans vos comptes personnels imposables.

Pour les investissements détenus dans les société de gestion, le rapport devrait couvrir l’exercice financier.

François Doyon La Rochelle:

James, comme tu l’as mentionné plus tôt, plusieurs de nos clients détiennent des gains non réalisés très importants dans leurs portefeuilles.

Mais je tiens à rappeler à nos auditeurs que les décisions de placement doivent primer sur les considérations fiscales.

James Parkyn:

Je suis tout à fait d’accord, François.

Ça nous ramène à la construction de portefeuille. Il est toujours important de s’assurer que la répartition actuelle des actifs demeure conforme à la répartition cible à long terme.

L’objectif principal du rééquilibrage est de ramener votre portefeuille à cette cible.

Dans un marché boursier en hausse, si vous ne rééquilibrez pas votre portefeuille, les actions représenteront progressivement une part de plus en plus importante de celui-ci. Votre portefeuille deviendra donc plus risqué et plus volatil.

Il est généralement préférable de rééquilibrer régulièrement son portefeuille et de prendre des profits en cours de route plutôt que d’attendre une baisse des marchés.

Alors, François, par où les investisseurs devraient commencer le rééquilibrage de leurs portefeuilles ?

François Doyon La Rochelle:

Eh bien, James, il est généralement préférable de commencer par rééquilibrer les comptes enregistrés, puisque la vente de placements qui ont pris de la valeur n’entraîne pas d’impôt sur les gains en capital.

Vous pouvez également rééquilibrer votre CELI, mais soyez prudent : vous ne voulez pas compromettre son potentiel de croissance à long terme en le surpondérant en obligations plutôt qu’en actions.

Ceci dit, le rééquilibrage d’un compte imposable peut entraîner des gains en capital et, par conséquent, de l’impôt à payer.

Pour les investisseurs qui doivent effectuer leur retrait annuel d’un FERR avant la fin de l’année, c’est aussi l’occasion de générer les liquidités nécessaires.

James Parkyn:

Les investisseurs doivent également être au courant des distributions de gains en capital de fin d’année des FNB et des fonds communs de placement. Ces distributions ont normalement lieu en décembre.

Elles résultent des transactions effectuées par les gestionnaires de fonds au cours de l’année. Si vous détenez un FNB ou un fonds commun de placement dans un compte imposable et s’il y a des distributions de gains en capital, vous devrez les déclarer dans l’année en cours.

François Doyon La Rochelle:

Il est important de comprendre que, contrairement aux distributions mensuelles ou trimestrielles qui sont versées en espèces, les distributions de gains en capital sont souvent réinvesties.

Autrement dit, vous ne recevez pas nécessairement d’argent comptant.

Si vous détenez le placement dans un compte non enregistré ou imposable, vous pourriez tout de même devoir payer de l’impôt sur cette distribution, même si vous n’avez reçu aucune somme d’argent.

James Parkyn:

Les FNB et les fonds communs de placement gérés passivement ne distribuent généralement pas d’importants gains en capital à la fin de l’année. Il demeure toutefois judicieux de consulter le site Web de votre fournisseur de FNB ou de fonds communs de placement, en novembre, lorsque les estimations des distributions annuelles de gains en capital sont habituellement publiées.

François Doyon La Rochelle:

Dans certains cas, si un fonds distribue un gain en capital important, il peut être intéressant de vendre votre position avant la distribution.

Mais avant de le faire, assurez-vous que la vente du placement ne déclenchera pas un gain en capital encore plus important.

De plus, si vous mettez en place un portefeuille à l’approche de la fin de l’année, vous pourriez attendre après la date ex-dividende avant d’acheter un fonds qui pourrait effectuer une distribution de gains en capital.

James Parkyn:

Alors, François, y a-t-il autre chose que tu aimerais dire à nos auditeurs au sujet du rééquilibrage de fin d’année ?

François Doyon La Rochelle:

Oui, James. Une autre stratégie importante de fin d’année consiste à vendre des placements à perte à des fins fiscales.

Cette stratégie consiste à réaliser des pertes en capital dans votre portefeuille non enregistré et à les utiliser pour compenser les gains en capital réalisés au cours de l’année ou lors des trois dernières années.

Ces pertes peuvent potentiellement générer un remboursement d’impôt intéressant si vous avez payé de l’impôt sur des gains en capital au cours des trois dernières années. Ces pertes peuvent aussi être reportées indéfiniment dans le futur.

Mais avant d’effectuer ces transactions, je conseillerais à nos auditeurs de tenir compte de trois éléments :

  • Soyez au courant des règles relatives aux pertes apparentes.

  • Ne négligez pas l’incidence des fluctuations des taux de change lorsque vous vendez des titres détenus en devise étrangère.

  • Tenez compte du dernier jour de négociation permettant un règlement en 2026, soit le mercredi 30 décembre.

James Parkyn:

Nos auditeurs doivent éviter qu’une perte soit considérée comme une perte apparente, vous ou une personne affiliée ne devez pas racheter un placement identique au cours de la période de 30 jours précédant ou suivant la vente.

Y a-t-il d’autres stratégies de rééquilibrage dont tu aimerais parler, François ?

François Doyon La Rochelle:

Oui, James. Si un investisseur a déjà réalisé des gains en capital importants en 2026, il peut encore être possible de reporter des gains supplémentaires à 2027, à condition qu’il soit à l’aise avec le niveau de risque actuel de son portefeuille.

En général, on ne recommande pas de reporter des gains à une autre année d’imposition uniquement pour des raisons fiscales, puisque les marchés peuvent changer de direction rapidement.

Ceci dit, si la fin de l’année n’est qu’à quelques jours, vous pourriez attendre le début de la nouvelle année, à condition que vous êtes prêt à accepter les risques du marché.

James, on va maintenant parler de la stratégie du don de titres. Qu’est-ce que nos auditeurs devraient savoir s’ils envisagent de faire un don avant le 31 décembre ?

James Parkyn:

Eh bien, François, pour de nombreux contribuables à revenu élevé, le don en nature de titres cotés en bourse ayant d’importants gains en capital, à un organisme de bienfaisance ou à une fondation enregistrée, est une stratégie populaire de planification fiscale de fin d’année.

Nos auditeurs doivent toutefois faire preuve de prudence lorsqu’ils planifient des dons de bienfaisance, puisque ces opérations peuvent avoir des conséquences en vertu des règles de l’impôt minimum de remplacement.

François Doyon La Rochelle:

Cette stratégie est intéressante parce que le donateur reçoit un reçu officiel de don de bienfaisance qui correspond à la juste valeur marchande des titres donnés.

James Parkyn:

Effectivement Francois, et on met cette stratégie en œuvre pour bon nombre de nos clients.

Les contribuables devraient planifier leurs dons en nature bien avant la fin de l’année afin de laisser suffisamment de temps pour que le don soit complété.

Et, comme tu l’as mentionné, François, lorsque vous faites don à un organisme de bienfaisance de titres cotés en bourse ou de parts de fonds communs de placement, vous recevez un reçu correspondant à la juste valeur marchande du don. De plus, le gain en capital sur le titre donné est assujetti à un taux d’inclusion de zéro, ce qui élimine l’impôt sur ce gain en capital.

François Doyon La Rochelle:

James, maintenant qu’on a couvert les gains en capital, discutons maintenant des REER.

James Parkyn:

François, le plafond maximal de cotisation au REER pour 2026 est de 33 810 $.

Les auditeurs peuvent trouver leur maximum déductible au titre des REER sur leur avis de cotisation fédéral de 2025. Ce montant comprend les droits de cotisation inutilisés des années précédentes.

Le plafond maximal de cotisation au REER pour 2027 sera de 35 390 $, pour les auditeurs qui aiment faire des cotisations anticipées en janvier.

Pour atteindre le plafond maximal de cotisation au REER de 35 390 $ en 2027, il faudrait avoir gagné un revenu de travail de 196 611 $ en 2026.

Certains auditeurs pourraient également envisager de cotiser à un REER de conjoint.

François Doyon La Rochelle:

J’ajouterais aussi que si vous avez atteint l’âge de 71 ans en 2026, vous devez convertir votre REER en FERR au plus tard le 31 décembre.

Mais n’oubliez pas de faire votre dernière cotisation au REER avant de le convertir.

James, maintenant passons au CELI ?

James Parkyn:

La première chose que je dirais, c’est qu’il faut s’assurer d’utiliser son CELI pour maximiser les avantages à long terme.

On voit beaucoup de nouveaux clients qui n’ont pas de CELI ou qui l’utilisent simplement comme un compte d’épargne à court terme.

Il faut vraiment considérer son CELI comme un outil d’accumulation de patrimoine à long terme.

Passons donc en revue les règles de cotisation.

Si vous avez un CELI, vous pouvez y cotiser jusqu’à 7 000 $ en 2026.

Si vous n’avez jamais cotisé à un CELI, vous pourriez être admissible à cotiser jusqu’à 109 000 $. Pour être certain de votre limite de cotisation CELI, vous pouvez consulter le site de l’ARC.

Envisagez de faire vos cotisations avant la fin de l’année afin que votre argent puisse commencer à fructifier à l’abri de l’impôt le plus tôt possible.

Il n’y a pas de date limite pour cotiser à un CELI, et les droits de cotisation inutilisés sont reportés.

Pour certains auditeurs, cotiser au CELI d’un membre de la famille pourrait également être une stratégie de planification fiscale efficace.

Vous pouvez donner des fonds à votre conjoint ou à vos enfants adultes afin qu’ils puissent maximiser leurs propres droits de cotisation au CELI.

François Doyon La Rochelle:

Par contre, si vous prévoyez retirer de l’argent de votre CELI, envisagez de le faire avant la fin de l’année.

Vous pourrez ainsi cotiser de nouveau le montant retiré dès janvier 2027.

Si vous attendez le début de 2027 pour effectuer votre retrait, vous ne pourrez pas cotiser de nouveau ces fonds avant 2028.

Attention toutefois : si vous avez déjà retiré des fonds de votre CELI en 2026, vous devez attendre l’année prochaine pour cotiser de nouveau le montant retiré, à moins de disposer de droits de cotisation inutilisés suffisants.

Enfin, James, j’ajouterais que l’ARC a annoncé que le plafond annuel du CELI passera à 7 500 $ en 2027.

Pour ceux qui prévoient cotiser, il est préférable de le faire le plus tôt possible dans la nouvelle année.

James, maintenant qu’on a parlé des CELI, passons aux CELIAPP.

Ce programme a été lancé en 2023. L’année 2026 représente donc la quatrième année de cotisation pour ceux qui ont ouvert un compte dès le début.

James Parkyn:

François, je vais partager avec nos auditeurs les règles de cotisation du compte CELIAPP.

Le compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété, ou CELIAPP, est conçu pour les personnes qui épargnent en vue d’acheter leur première maison.

Vous pouvez cotiser jusqu’à 8 000 $ par année, pour un maximum de 40 000 $ à vie.

Les cotisations sont généralement déductibles d’impôt, et les fonds peuvent fructifier à l’abri de l’impôt pendant une période pouvant aller jusqu’à 15 ans.

Si vous achetez une habitation admissible pendant cette période, les fonds peuvent être retirés sans impôt.

Même si vous ne cotisez pas immédiatement, le simple fait d’ouvrir un CELIAPP avant le 31 décembre vous donnera 8 000 $ de droits de cotisation pour 2026. Vous pourrez utiliser ces droits cette année ou au cours d’une année future, sous réserve des règles applicables.

Pour ceux qui ont l’intention d’acheter une maison, nous recommandons de commencer tôt.

François Doyon La Rochelle:

Les règles du CELIAPP peuvent être complexes.

Pour demander une déduction au titre d’une cotisation versée en 2026, celle-ci doit être effectuée avant le 31 décembre.

Il est préférable de consulter un spécialiste pour évaluer les avantages relatifs d’une cotisation au CELIAPP par rapport à une cotisation au CELI ou au REER.

James, parlons maintenant des régimes enregistrés d’épargne-études, ou REEE.

James Parkyn:

François, comme tu le sais, lors de notre épisode précédent, le no 92, nous avons couvert en détail les REEE.

Aujourd’hui, je ne ferai que souligner les règles de base. Les auditeurs qui souhaitent en savoir davantage peuvent réécouter l’épisode no 92.

Commençons par les règles de cotisation aux REEE.

Le montant de cotisation permettant de maximiser les subventions pour l’année en cours est de 2 500 $. Si vous n’avez pas cotisé le maximum chaque année depuis la naissance du bénéficiaire, vous pouvez verser une cotisation de rattrapage pouvant atteindre 2 500 $. Au total, cela représente des cotisations maximales de 5 000 $ pour une année.

Les cotisations donnent droit à une subvention fédérale de 20 % et, au Québec, à une subvention provinciale de 10 %.

Vous pouvez cotiser à un REEE pour un enfant bénéficiaire jusqu’à l’année où il atteint l’âge de 17 ans.

Si votre enfant bénéficiaire est à moins de sept ans de son 17e anniversaire et que vous n’avez pas maximisé les cotisations au REEE, envisagez de cotiser avant le 31 décembre.

Autrement, vous pourriez ne pas être en mesure de recevoir la subvention fédérale maximale totale de 7 200 $.

Examinons maintenant la planification des retraits du REEE.

Lorsqu’il s’agit d’épargner pour les études, de nombreux parents se concentrent sur les cotisations au REEE, mais négligent la meilleure façon d’en retirer les fonds.

Si votre enfant fréquente actuellement un établissement d’enseignement postsecondaire, il pourrait être possible d’optimiser les retraits en tirant parti de ses crédits d’impôt personnels, notamment le montant personnel de base et les crédits pour les frais de scolarité.

Par exemple, commencer par revoir le revenu prévu de l’étudiant et les crédits dont il dispose pour 2026 peut vous aider à déterminer comment retirer les fonds du REEE de la manière la plus avantageuse sur le plan fiscal.

François Doyon La Rochelle:

James, qu’est-ce que tu recommanderais à nos auditeurs au sujet des stratégies de prêts à taux prescrit ?

James Parkyn:

François, les prêts au taux prescrit constituent une stratégie fiscale efficace de fractionnement du revenu.

Le taux d’intérêt prescrit actuel est de 3 %.

Le taux prescrit en vigueur au moment où le prêt est consenti est généralement fixe pour toute la durée de ce prêt. L’ARC établit le taux prescrit et le met à jour chaque trimestre.

Je ne recommanderais d’envisager cette stratégie de fractionnement du revenu que lorsque le taux prescrit de l’ARC est relativement bas.

Lorsque le taux prescrit était de 1 % ou de 2 %, nous avons mis en place des prêts entre conjoints pour profiter de la possibilité d’accumuler du capital au nom d’un conjoint imposé à un taux inférieur.

Au taux actuel de 3 %, nous ne croyons pas que cette stratégie soit aussi intéressante.

Je rappellerais également aux auditeurs qui ont déjà mis en place des prêts entre conjoints que le conjoint emprunteur doit payer les intérêts dus au conjoint prêteur avant la fin de janvier 2027.

François Doyon La Rochelle:

James, notre prochain sujet de planification fiscale est la déductibilité des intérêts : comment rendre vos frais d’intérêt déductibles d’impôt.

Si vous avez emprunté de l’argent, demandez-vous s’il est possible de structurer votre empreint de façon à ce que les intérêts soient déductibles à des fins fiscales.

James Parkyn:

Si vous empruntez à des fins de placement, vous pouvez généralement déduire les intérêts, sous réserve des règles applicables.

Si vous détenez des liquidités ou des placements et que vous avez également des frais d’intérêt non déductibles, envisagez d’utiliser vos liquidités ou vos placements pour rembourser cette dette, puis d’emprunter de nouveau pour remplacer les placements.

Ça pourrait vous permettre de déduire les intérêts sur le nouvel emprunt.

François Doyon La Rochelle:

James, je pense qu’il serait utile d’expliquer maintenant les règles de l’impôt minimum de remplacement, qui ont été modifiées pour l’année d’imposition 2024.

Pourrais-tu résumer brièvement le fonctionnement de l’IMR ?

James Parkyn:

Tout d’abord, François, l’impôt minimum de remplacement, ou IMR, vise à imposer un niveau minimal d’impôt aux contribuables qui demandent certaines déductions, exemptions ou certains crédits réduisant leur impôt sur le revenu régulier à un niveau relativement bas.

Dans le cadre de l’IMR, un calcul parallèle de l’impôt est effectué. Ce calcul permet moins de déductions, d’exemptions et de crédits que le calcul de l’impôt régulier.

Si l’impôt calculé selon le régime de l’IMR est supérieur à l’impôt dû selon le régime fiscal régulier, la différence constitue l’IMR payable pour l’année.

Je tiens à souligner que l’IMR touche relativement peu de contribuables.

En 2026, l’IMR s’appliquera aux contribuables qui génèrent un revenu imposable supérieur à 181 440 $.

Pour les investisseurs, l’IMR est particulièrement pertinent lorsqu’ils prévoient faire d’importants dons de bienfaisance ou lorsqu’ils réalisent des gains en capital très élevés, nettement supérieurs à leurs autres sources de revenus.

François Doyon La Rochelle:

Si un contribuable prévoit faire des dons de bienfaisance importants, seulement 50 % du crédit d’impôt pour don sera pris en compte dans le calcul de l’IMR.

Deuxièmement, si vous faites un don en nature de titres cotés en bourse, 30 % du gain en capital sur ces titres sera inclus dans le calcul de l’IMR.

Nous recommandons donc à nos auditeurs de consulter leur conseiller fiscal bien avant la fin de l’année afin de déterminer quelles stratégies pourraient les aider à réduire leur exposition à l’IMR.

Alors, James, qu’en est-il des acomptes provisionnels d’impôt pour 2026 ? Que recommandes-tu à nos auditeurs ?

James Parkyn:

François, la grande question est la suivante : avez-vous versé suffisamment d’acomptes provisionnels trimestriels en 2026 ?

Les derniers acomptes provisionnels sont exigibles le 15 décembre.

Maintenant que vous avez une assez bonne idée de votre revenu imposable total pour 2026, vous pouvez évaluer si vous devez verser le dernier acompte.

Un mot de prudence : si vous n’avez pas payé les montants demandés et que vous devez une somme importante d’impôt le 30 avril, vous pourriez être assujetti à des intérêts et à des pénalités.

Il est généralement plus prudent de payer le montant demandé, à moins que votre revenu de 2026 ait considérablement changé par rapport à celui de 2025.

François Doyon La Rochelle:

James, as-tu d’autres suggestions de planification fiscale de fin d’année pour nos auditeurs ?

James Parkyn:

Oui, j’ai quelques suggestions supplémentaires.

Premièrement, envisagez de payer vos frais de placement avant la fin de l’année si vous souhaitez demander une déduction fiscale admissible pour 2026.

Cela comprend les intérêts payés sur l’argent emprunté à des fins de placement, ainsi que les honoraires de conseil en placement engagés pour la gestion de comptes non enregistrés.

Deuxièmement, pour nos auditeurs retraités, la récupération de la pension de la Sécurité de la vieillesse, ou PSV, est toujours une préoccupation importante.

Le seuil de revenu pour 2026 est de 95 323 $, comparativement à 93 454 $ en 2025.

Vous devez vous assurer que votre revenu ne dépasse pas les seuils de récupération applicables. Autrement, vous pourriez devoir rembourser une partie de votre PSV, à raison de 15 % de votre revenu net de 2026 supérieur à 95 323 $.

Autrement dit, pour chaque dollar de revenu dépassant ce seuil, vous devez rembourser 15 cents de votre PSV.

La totalité de la PSV doit être remboursée si le revenu net d’un contribuable dépasse 155 320 $ pour les personnes âgées de 65 à 74 ans, ou 161 320 $ pour celles âgées de 75 ans et plus.

Il s’agit d’une prestation fondée sur le revenu, qui peut également représenter une forme de double imposition.

Comme la PSV est une prestation individuelle, l’impôt de récupération n’est pas calculé en fonction du revenu familial. Il est plutôt calculé à partir du revenu de la personne.

François Doyon La Rochelle:

Alors, James, comment aimerais-tu conclure l’épisode d’aujourd’hui ?

James Parkyn:

François, comme on l’a souvent dit dans notre balado, la planification fiscale devrait se faire tout au long de l’année.

N’attendez pas la fin de l’année pour optimiser vos impôts.

François Doyon La Rochelle:

Effectivement, James, et j’espère que nos auditeurs prendront ce conseil à cœur.

Je crois qu’on a abordé beaucoup de sujets aujourd’hui et j’espère que nos auditeurs trouveront cette mise à jour utile.

Je tiens également à rappeler à nos auditeurs que les commentaires et les conseils que nous partageons dans ce balado sont de nature générale. Chacun devrait consulter ses propres conseillers fiscaux et financiers afin de déterminer ce qui convient à leur situation personnelle.

3)   CONCLUSION

François Doyon La Rochelle:

Merci James Parkyn d’avoir partagé ton expertise et ton savoir aujourd’hui.

James Parkyn:

Il m’a fait plaisir Francois

François Doyon La Rochelle:

Hé bien c’est tout pour ce 93ième épisode de Sujet Capital!  Nous espérons que vous avez aimé.

N’hésitez pas à nous envoyer vos questions et suggestions. Vous pouvez nous joindre par courriel à: sujetcapital@pwlcapital.com

Également, si vous souhaitez notre expertise dans la gestion de vos actifs, vous pouvez nous joindre en cliquant sur le bouton contactez-nous qui se trouve sur la page d’accueil de sujet capital et sur toutes nos publications.

De plus, si vous aimez notre podcast, partagez-le avec votre famille et vos amis et si vous n'y êtes pas abonné, faites-le SVP.

Encore une fois, merci d’être à l’écoute et joignez-vous à nous pour notre prochain épisode à paraitre le 25 novembre. N’oubliez pas de consulter le site Web de sujet capital pour voir nos derniers blogues.

A bientôt.