1) INTRODUCTION:
François Doyon La Rochelle:
Bienvenue à Sujet Capital, un Balado mensuel à propos de la gestion passive de portefeuille et de la planification financière et fiscale pour les investisseurs à long terme.
Vos hôtes pour ce Balado sont James Parkyn et moi-même François Doyon La Rochelle, tous deux gestionnaires de portefeuilles avec PWL Capital.
Au programme aujourd’hui pour l’épisode #87:
A l'occasion du 30e anniversaire de PWL Capital, nous discuterons de l'histoire de PWL avec James, l'un des cofondateurs.
Bonne écoute !
2) L’AVENIR DE LA GESTION DE PATRIMOINE A COMMENCÉ EN 1996 : L’HISTOIRE DE PWL CAPITAL :
François Doyon La Rochelle:
Aujourd’hui, James, on va parler de l’histoire de PWL Capital, qui fête son 30e anniversaire. On a pensé que la meilleure façon d’aborder ce sujet était de le faire sous forme de questions-réponses, où je te poserais, toi qui es l’un des cofondateurs, des questions sur l’histoire de PWL.
La compagnie a été fondée en 1996. C’était quoi la vision de la compagnie à cette époque ?
James Parkyn:
Eh bien, François, on a ouvert nos portes en janvier 1996 avec sept employés, y compris les associés fondateurs. On avait pour ambition de proposer une nouvelle offre de valeur qui, selon nous, pourrait transformer le secteur de la gestion de patrimoine au Canada.
On avait pour objectif de créer un nouveau type de compagnie de gestion de patrimoine, sans conflits d’intérêts et entièrement axée sur les clients.
Pour offrir cette proposition de valeur aux clients, PWL proposerait une gestion de patrimoine à honoraires, sans commissions ni produits maison. On voulait également réunir la gestion de patrimoine et la planification financière, en créant un véritable guichet unique conçu pour aider les clients à atteindre leurs objectifs. C'était là la grande innovation, François. Combiner les deux, personne d'autre au Canada ne le faisait. Mais c'était la voie de l'avenir ; les gestionnaires de patrimoine de pointe aux États-Unis s'étaient déjà engagés dans cette direction. Au cœur de cette vision se trouvait l'idée que les clients méritaient mieux. Sans conflits d'intérêts, on a pu s’asseoir du même côté de la table que nos clients.
François Doyon La Rochelle:
À l'époque, James, ces idées étaient loin d'être la norme. D'après ce que je comprends, la grande majorité des gestionnaires de patrimoine étaient rémunérés par commissions. Peux-tu développer ce point pour nos auditeurs ?
James Parkyn:
Oui François, à l’époque, les gestionnaires de patrimoine se concentraient sur la vente de produits assortis de commissions, et leurs motivations étaient souvent en décalage avec celles des clients. La planification financière et une allocation d’actifs judicieuse n’étaient souvent que des paroles en l’air. Même si on estimait que la grande révolution résidait dans la gestion de patrimoine intégrée, la notion de rémunération à base d’honoraire était alors perçue dans l’industrie comme la véritable innovation.
François Doyon La Rochelle:
C’était une vision très idéaliste. N’est-ce pas James ?
James Parkyn:
Tout à fait, François. Mes associés Laurent Wermenlinger et Anthony Layton (les « W » et « L » de « PWL ») et moi, on estimait que les investisseurs méritaient mieux. On voulait donner la priorité aux objectifs de nos clients. Notre approche d’investissement serait fondée sur les besoins des clients et sur une stratégie d’investissement disciplinée à long terme. On croyait que PWL devait s’engager à adopter les normes de pratique les plus élevées.
François Doyon La Rochelle:
Et je crois James que ça s’est traduit dans la manière dont vous avez communiquez les performances de portefeuilles à vos clients.
James Parkyn:
En effet, François, c’était un élément essentiel de l’histoire de PWL. On s’était engagés à fournir régulièrement des rapports de performance à nos clients en utilisant les normes des régimes de retraite. On avait adopté les normes de the Association for Investment Management and Research (AIMR now the CFA Institute), maintenant l’institut CFA. Produire des rapports de performance pour les investisseurs de détail, c’était pratiquement inexistant dans le secteur de la gestion de patrimoine au Canada à l’époque. Ce n’est qu’environ 20 ans plus tard que la réglementation du secteur a imposé une forme de rapport de performance aux clients.
François Doyon La Rochelle:
PWL avait donc vraiment une longueur d’avance sur le secteur. Les clients pouvaient facilement voir comment se portaient leurs investissements. Mais James, s’engager à respecter les normes de rapport de performance des régimes de retraite était aussi une arme à double tranchant. Comment ça s’est passé ?
James Parkyn:
On était convaincus que les investisseurs seraient réceptifs à une telle approche novatrice. Il s’est avéré qu’on avait raison. PWL s’est rapidement retrouvée avec 7 millions de dollars sous gestion peu après son démarrage.
Notre approche pionnière a été validée dans le temps. Ça ne voulait pas dire que tout allait être facile. Malgré notre succès, les premières années ont été difficiles. Après avoir payé le loyer et les salaires, il ne nous restait pas assez pour nous rémunérer en tant qu’associés pendant plusieurs années.
PWL a connu une croissance rapide et les coûts liés à l’exploitation ont suivi. On avait besoin de locaux plus spacieux. On a dû embaucher davantage de personnel. On savait qu’on devait investir dans notre entreprise, mais les retombées n’étaient pas immédiates. On savait qu’on devait développer une culture d’entreprise interne pour assurer le développement de notre plan de croissance à long terme.
François Doyon La Rochelle:
Au bout de quatre ans, PWL a atteint les caps des 100 millions de dollars d’actifs sous gestion. PWL a fait ses premiers pas vers l’expansion en 1997 avec l’ouverture d’un bureau à Ottawa, puis d’un autre à Toronto en 2003. Pour ma part, j’ai rejoint PWL en 2001. J’ai pu constater par moi-même l’énorme effort que ça a demandé.
James Parkyn:
Tu te souviens surement Francois que j’ai travaillé sans relâche pendant ces sept premières années. Lorsque je voyageais pour assister à des conférences de l’industrie, soit au Canada ou les États-Unis, je considérais ces voyages là comme mes « vacances ».
François Doyon La Rochelle:
James, grâce à notre expérience avec les clients, on sait que le rôle d’un fondateur ou d’un entrepreneur est un peu le même que celui d’un gardien de la famille. Peux-tu expliquer ce que ça signifie pour toi ?
James Parkyn:
Tout à fait Francois. Les employés pour moi c’est comme de la famille. En tant que leader on est responsable de leur épanouissement professionnel. On est très fiers de voir combien d’entre eux ont bâti une carrière enrichissante, en plus de fonder une famille et d’acheter une maison. C’est une réussite dont on est fier.
François Doyon La Rochelle:
James, Les marchés financiers ont apporté leur lot de défis. L’effondrement de la bulle Internet de 2000 à 2002 a entraîné une baisse des actifs sous gestion. Mais on a également tiré des leçons de cette expérience. On a constaté, pendant cette crise que les gestionnaires actifs n’avaient pas réussi à surperformer. Ce qui a tracé une nouvelle voie pour PWL.
James Parkyn:
Eh bien François, comme tu le sais, les gestionnaires actifs n’avaient pas tenu une promesse fondamentale lorsque la bulle technologique a éclaté : « Ils n’ont pas réussi à protéger les investisseurs contre cette grosse baisse des marchés ». Cette révélation nous a amenés à revoir notre philosophie de placement. En se basant sur la recherche académique, on a pu évoluer vers les stratégies qui fonctionneraient mieux sur le long terme. La lecture du célèbre article de l’économiste William Sharpe, « The Arithmetic of Active Management » ou en français L’arithmétique de la gestion active, démontre clairement que l’investissement passif est la meilleure stratégie pour nos clients sur le long terme. C’est cet article, combiné avec la recherche académique, qui nous a pousser à adopter notre philosophie de gestion passive.
François Doyon La Rochelle:
Parfois, James, dans la vie, la chance nous sourit. Parce qu’à ce moment-là l’industrie financière lançait à grande échelle des fonds négociés en bourse (FNB).
James Parkyn:
Tout à fait Francois, ces nouveaux FNB étaient révolutionnaires. On avait maintenant accès à des fonds à frais réduits, gérés de manière passive, qui reproduisent la composition de divers indices boursiers.
L’objectif était d’investir en achetant l’ensemble du marché boursier par le biais de FNB indiciels, tel que l’indice composé S&P/TSX au Canada. Grâce au développement de ces FNB, on avait maintenant accès à des outils d’investissement pour mettre en place, pour nos clients, des portefeuilles diversifiés à l’échelle mondiale. Ces FNB étaient aussi très efficaces fiscalement.
François Doyon La Rochelle:
Si les FNB sont aujourd’hui bien connus, peu d’investisseurs en avaient entendu parler à l’époque. Beaucoup ne comprenaient pas pourquoi on les aimait.
James Parkyn:
C’est tout à fait vrai, François. Beaucoup avaient l’impression qu’investir de manière passive revenait à ne rien faire. Ils pensaient que c’était comme abandonner. D’un point de vue marketing, vendre l’idée de l’investissement passif avec des FNB revenait un peu à participer à la course de 5 000 mètres aux Jeux olympiques avec un poids attaché à la cheville. Nos concurrents affirmaient qu’on ne faisait rien de plus qu’acheter l’ensemble du marché.
François Doyon La Rochelle:
Mais en même temps les recherches académiques montraient que le stock picking et le market timing ne fonctionnait pas. Ce n’étaient pas des moyens fiables de capturer pleinement les rendements du marché.
James Parkyn:
Alors François, de là on a eu l’idée audacieuse d’adopter notre nouvelle philosophie de placement et que les marchés financiers fonctionnent. Notre objectif serait de générer les rendements espérés que les marchés ont à offrir aux investisseurs. Mais les clients et les prospects étaient sceptiques. Le mantra du secteur des services financiers était ancré dans l’esprit des gens : « Nous pouvons prédire l’avenir. »
François Doyon La Rochelle:
Mais comme on le dit souvent dans notre podcast : personne ne peut prédire l’avenir. Mais une fois de plus, un coup de chance nous a aidés à passer au niveau supérieur de ce qu’on appelle aujourd’hui l’investissement fondé sur des données probantes.
James Parkyn:
Effectivement Francois. Et par la suite, on a poussé encore plus loin. Notre associé Cameron Passmore, à Ottawa, avait pris contact avec Larry Swedroe, auteur et expert du placement basé aux États-Unis. Je rappelle à nos auditeurs que nous citons souvent Larry dans notre podcast. Larry nous a recommandé de contacter Dimensional Fund Advisors pour en savoir plus sur les produits qu’ils développaient aux États-Unis afin de capter les rendements basés sur les facteurs. Ces discussions ont abouti au lancement des fonds de Dimensional au Canada en 2003, et on en a été les principaux investisseurs pour nos clients. J’ajouterais, François, que Dimensional a joué un rôle crucial en nous aidant à raffiner notre philosophie d’investissement passif et, surtout, à élaborer le message permettant de communiquer cette nouvelle proposition de valeur. De plus, Dimensional est devenu un partenaire stratégique clé qui nous a aidés à développer notre entreprise en nous appuyant sur les meilleures pratiques mondialement reconnues dans le secteur.
François Doyon La Rochelle:
J'ajouterais, James, qu’on travaille avec Dimensional depuis 2003, et qu'ils ont su exceller dans l'identification et l’implémentation des résultats de la recherche académique dans les produits qui entrent dans les portefeuilles de nos clients.
La rigueur dont fait preuve Dimensional dans la gestion des portefeuilles est un élément essentiel dans notre approche d’« acheter, conserver et rééquilibrer » ou en Anglais Buy, Hold and Rebalance.
James Parkyn:
Francois, je crois qu’on peut affirmer qu’acheter, conserver et rééquilibrer est au cœur de notre réussite et de la performance à long terme des portefeuilles de nos clients. Nos auditeurs réguliers le savent, cette approche s’appuie sur des recherches académiques qui démontre le bien-fondé de la diversification entre les classes d’actifs et les pays.
François Doyon La Rochelle:
Comme on le dit souvent, détenir un portefeuille bien diversifié d’actions et d’obligations réduit le risque et augmente les rendements.
James Parkyn:
Notre approche continue d’investir de manière diversifiée, à l’échelle mondiale, et ce indépendamment des fluctuations à court terme des marchés. De cette façon, on se donne les meilleures chances de capter les rendements de l’ensemble du marché sur le long terme.
François Doyon La Rochelle:
La décision stratégique prise par PWL après l'éclatement de la bulle technologique a été validée à maintes reprises par de nouvelles recherches académiques au fil des ans. Dans nos derniers podcasts, on a souligné qu'une recherche a révélé que seulement 4 % des actions représentaient la totalité de la création de richesse sur le marché boursier américain au-delà d'un investissement sans risque dans des bons du Trésor entre 1926 et 2023. La majorité des actions — 51,6 % pour être exact — ont en réalité affiché des rendements composés négatifs. En d’autres termes, un peu plus de la moitié des actions ont perdu de la valeur au cours de leur durée de vie.
James Parkyn:
Comme tu sais Francois, personne ne pouvait savoir à l’avance quelles compagnies feraient partie de ces 4 %. En possédant l’ensemble du marché, on se donne le meilleur moyen de s’assurer de les capter. La résultante sera une meilleure expérience d’investissement à long terme.
François Doyon La Rochelle:
Effectivement James, selon les recherches de Raymond Kerzeho, chercheur senior chez PWL Capital, un dollar investi dans un portefeuille d’actions internationales diversifié en 1970 aurait atteint plus de 16 dollars après inflation en 2024.
James Parkyn:
Mais François, je pense qu’il est également juste de dire que ces rendements exceptionnels viennent avec un bémol : la volatilité. C’est le prix à payer pour réussir en matière d’investissement. Comme l’a constaté Raymond, la période depuis 1970 a connu six marchés baissiers (des baisses réelles de plus de 20 %) et je le cite « Les investisseurs devraient conserver leur portefeuille et considérer les marchés baissiers comme une composante normale de l’investissement »…« Ces périodes constituent le prix d’entrée pour rejoindre le club des investisseurs à long terme qui réussissent. »
François Doyon La Rochelle:
Comme on le dit souvent, James, la volatilité n’est pas un bug du système, c’est la normale. De plus, les recherches confirment toujours que la gestion active sous performe la gestion passive. Encore une fois en 2025, le rapport annuel SPIVA a révélé que pas moins de 89 % des fonds multi-capitalisations gérés activement avaient sous-performé l’indice composite S&P 500 au cours des 20 dernières années.
James Parkyn:
Comme je l’ai dit un peu plutôt, les données à long-terme montrent que seule une petite partie des actions, soit 4%, tend à générer la majeure partie de la création de richesse du marché boursier. Mais comme tu le sais, François, il est impossible de savoir à l’avance quelles compagnies seront les gagnantes.
On aime les dictons de Warren Buffett dans notre podcast et je le cite : « Il est plus difficile que tu ne le penses de prédire quelles compagnies seront les gagnantes et les perdantes. Et ceux qui vous disent qu’ils connaissent la réponse sont généralement soit des délirants, soit des charlatans. »
François Doyon La Rochelle:
James, PWL fait plus que la gestion de portefeuille. On a un objectif plus large, qu’il s’agisse de répondre aux besoins financiers d’un client, de faire des dons à des œuvres caritatives ou à des projets communautaires, ou de laisser un héritage à la génération suivante. Donc James, au-delà de la gestion de portefeuille, en quoi PWL Capital se distingue-t-elle dans le secteur ?
James Parkyn:
François, je pense que c’est l’un des principaux avantages concurrentiels de PWL : des conseillers compétents, capables d’offrir une véritable gestion de patrimoine intégrée. Notre première étape consiste à nous asseoir avec le client pour comprendre ses objectifs, ses ressources et sa tolérance au risque. On passe en revue tous les aspects, de la planification fiscale et successorale aux besoins en assurance et aux objectifs financiers. À partir de ces informations, nous élaborons un plan intégré, incluant tous les conseils nécessaires en matière de fiscalité, de succession et d’assurance.
Ce processus nous permet d’élaborer un plan d’investissement adapté aux objectifs de vie de nos clients. La stratégie comprend la définition d’une allocation entre actions et obligations afin de leur offrir un portefeuille qui leur permettra de dormir sur leurs deux oreilles lors des inévitables corrections boursières.
François Doyon La Rochelle:
James, comme tu le sais, cette proposition de valeur est facile à promettre, mais difficile à livrer. Il faut une culture d'entreprise qui la soutienne. La vision initiale que tu avais avec tes associés était que les clients méritaient mieux. Comment tu évaluerais les résultats de la compagnie sur ce point au cours des 30 dernières années ?
James Parkyn:
François, on a toujours accordé une grande importance à l'éducation. Ça signifie concrètement jouer le rôle de coach auprès de nos clients en matière d'investissement, afin qu'ils limitent au maximum les erreurs liées au comportement. On a constaté que lorsque les clients comprennent véritablement l’intérêt à long terme de gérer leurs émotions et de maintenir le cap, ils obtiennent les meilleurs rendements. C’est un aspect essentiel du travail d’un conseiller chez PWL : aider les clients à avoir confiance en leur stratégie et à faire preuve de la discipline nécessaire pour maintenir le cap malgré la volatilité des marchés, tout en faisant abstraction au bruit du moment.
François Doyon La Rochelle:
Cette approche éducative est au cœur de la culture de PWL. Elle est également démontrée par des données factuelles d’une étude menée par la compagnie d’investissement Vanguard. Cette étude a révélé que les conseillers qui appliquent les meilleures pratiques en matière de gestion de patrimoine peuvent générer jusqu’à 3 % ou plus de rendement annuel net pour leurs clients. Et cette valeur ajoutée s’accumule de manière significative sur plusieurs années.
James Parkyn:
François, l’étude de VANGUARD a révélé que la contribution la plus importante d’un conseiller réside dans l’accompagnement des investisseurs. Lors des fluctuations du marché, la peur et l’euphorie peuvent pousser les investisseurs à prendre des décisions irréfléchies qui compromettent leurs plans. Notre culture PWL consiste à former des conseillers compétents, capables d’aider les clients à rester sereins lorsque les marchés baissent et à éviter l’excès de confiance lorsqu’ils montent. Grâce à notre expérience de plus de 20 ans avec des portefeuilles passifs, on peut démontrer les avantages à long terme de maintenir le cap.
François Doyon La Rochelle:
Notre approche a trouvé un écho très favorable auprès des investisseurs, et PWL a connu une croissance rapide. En 2007, on gérait 600 millions de dollars d’actifs, soit près du double du montant de 2003. Puis la crise financière de 2007-2009 a éclaté, ce qui a eu un impact important tant sur les investisseurs que la compagnie. Les actifs ont à ce moment chuté à 460 millions de dollars. Peux-tu m’expliquer James, comment vous avez composé avec la situation?
James Parkyn:
On a serré la ceinture, François, et réduit nos rémunérations personnelles, ne voulant licencier aucun membre de notre équipe. Nos employés sont des actifs inestimables pour nous : sans notre personnel, notre capacité à servir nos clients serait impossible. On est fiers d’avoir pu éviter les licenciements et traverser cette période difficile.
D’une certaine manière, on mettait notre philosophie d’investissement en pratique : rester concentrés sur le long terme et naviguer dans la volatilité des marchés avec discipline. On savait que les marchés allaient se redresser et que nos bases solides nous plaçaient en bonne position pour affronter l’avenir.
François Doyon La Rochelle:
En période de crise financière, les gestionnaires de portefeuille ont tendance à passer plus de temps que d’habitude à discuter des marchés avec leurs clients. On doit leur expliquer la logique derrière la gestion de leur portefeuille et les rassurer sur les avantages de s’en tenir à leur stratégie à long terme. Alors James, c’est quoi l’approche chez PWL ?
James Parkyn:
Eh bien François, grâce à l’importance que nous accordons à l’éducation, nos clients de longue date apprennent à faire abstraction au bruit généré à cours-terme par la volatilité des marchés. Mais par contre, on passe plus de temps au niveau de l’éducation avec les nouveaux clients, comme tu le sais bien François. C’est lorsque les marchés sont très volatils que les clients découvrent leur véritable tolérance au risque.
Sur ce plan, la compagnie a évolué sa mission éducative après la crise financière mondiale de 2008-2009.
Certains conseillers chez PWL ont développé du contenu disponible au grand public. Ils ont constaté un besoin évident de partager notre réflexion sur l’investissement fondé sur des données probantes, face à un déluge de mauvais conseils, de prévisions peu fiables de la part de supposé experts.
François Doyon La Rochelle:
Pour moi, James, c’est un autre exemple de la façon dont PWL, grâce à sa culture unique, a fait preuve de leadership dans le secteur.
James Parkyn:
Au début des années 2010, nos collègues gestionnaires de portefeuille, Justin Bender et Dan Bortolotti, ont commencé à rédiger des blogs destinés aux investisseurs. Ils ont ensuite été rejoints par Cameron Passmore et Ben Felix avec le podcast Rational Reminder. Ce dernier est devenu l’une des plateformes d’éducation financière les plus reconnues au Canada et l’un de nos podcasts sur l’investissement qui connaît le plus de succès à l’international. Ben Felix publie également une chaîne YouTube très suivie.
François Doyon La Rochelle:
Pour notre part, on s’est joint à la parade un peu plus tard avec notre podcast et notre blog «« Sujet Capital » en français et Capital Topics » en anglais, qu’on a lancés pendant la pandémie.
Le contenu en ligne de PWL a touché des millions de Canadiens, a positionné PWL comme un leader du secteur et a aidé des milliers investisseurs à naviguer les complexités de l’investissement ainsi que les turbulences du marché. De nombreux membres de l’équipe PWL ont choisi de faire carrière chez PWL après avoir lu et suivi notre contenu en ligne.
James Parkyn:
François, j’ajouterais que notre contenu en ligne, accessibles au public, reflètent bien les conseils offerts à nos clients.
François Doyon La Rochelle:
On est fiers de nos efforts pour aider les investisseurs à maintenir le cap et à conserver une discipline à long terme.
James Parkyn:
François, je ne pourrais être plus satisfait ni plus reconnaissant que lorsque les clients nous disent qu’ils apprécient la différence PWL. Nos résultats en sont la preuve. En 2014, nous avons atteint notre premier milliard de dollars d’actifs sous gestion.
Les actifs sous gestion ont atteint 2,5 milliards de dollars en 2017 et 5,5 milliards de dollars en 2025. Cette année-là, le Globe and Mail a rapporté que PWL était l’une des compagnies de gestion de patrimoine connaissant la croissance la plus rapide au Canada. La croissance avait atteint en moyenne 17 % par an au cours de la dernière décennie, contre une moyenne du secteur inférieure à 10 %.
François Doyon La Rochelle:
James, il est également satisfaisant de voir le secteur de l’investissement adopter notre approche.
James Parkyn:
En 2025, on a franchi une étape importante en concluant un partenariat avec OneDigital, une compagnie basée à Atlanta. En vertu de cet accord, PWL Capital conserve son autonomie tout en bénéficiant de ressources destinées à accélérer notre croissance. Ensemble, nous créons une entreprise dotée d’une portée plus large, d’une expertise plus approfondie et d’une plateforme plus étendue, tout en restant fidèles aux principes qui ont fait notre succès.
Dans le cadre de cette évolution, on a changé de nom en février pour devenir PWL Capital, une compagnie OneDigital.
Les actifs sous gestion s’élèvent aujourd’hui à plus de 8 milliards de dollars.
François Doyon La Rochelle:
James, est-ce que tu peux nous résumer les principales leçons que tu as tirées au cours des 30 dernières années ?
James Parkyn:
Oui Francois :
Jouez la carte du long terme : il existe un dicton célèbre qui dit : « Nous surestimons ce que nous pouvons accomplir en un an et sous-estimons ce que nous pouvons faire en dix ans ».
Soyez un conseiller, pas un simple facilitateur ! Restez engagé dans la formation et l’apprentissage continus. La gestion de patrimoine intégrée est difficile à mettre en œuvre, mais c’est véritablement la proposition de valeur que méritent les clients.
Acheter, conserver et rééquilibrer fonctionne vraiment, mais envisagez cette approche sur dix, vingt, trente années ou plus. Les produits utilisés dans les portefeuilles doivent s’aligner sur cette vision. Le trading actif ajoute rarement de la valeur et est également très inefficace sur le plan fiscal.
Ne pariez pas contre l’ingéniosité humaine : lorsque les marchés deviennent effrayants, si vous êtes largement diversifié, éventuellement vous vous remettrez des fortes baisses du marché.
François Doyon La Rochelle:
Alors qu’on célèbre le 30e anniversaire de PWL Capital en 2026, je peux dire, James, que je suis incroyablement fier d’avoir participé à l’histoire de PWL au cours des 25 dernières années. Je crois sincèrement aux valeurs et à la mission de l’entreprise. On a prouvé qu’en offrant des conseils financiers rigoureux et fondés sur des données probantes, que les clients peuvent faire confiance au plan d’investissement qu’on a élaboré pour eux.
James Parkyn:
On est passés d’un cabinet de conseil boutique en plein essor à l’une des principales compagnies de gestion de patrimoine fondées sur des données probantes au Canada. Je suis très reconnaissant envers mes partenaires de longue date et nos nouveaux partenaires OneDigital. Je suis également très reconnaissant envers notre équipe extrêmement talentueuse et envers la confiance de nos clients qui continuent de croire en nous et qui ont contribué à alimenter notre croissance remarquable. Un grand merci à toi, François, mon partenaire, pour tes formidables contributions et pour partager notre vision.
Je suis impatient de découvrir les nouveaux chapitres de PWL et ce qu’on accomplira par la suite.
2) CONCLUSION
François Doyon La Rochelle:
Merci James Parkyn d’avoir partagé ton expertise et ton savoir aujourd’hui.
James Parkyn:
Il m’a fait plaisir François.
François Doyon La Rochelle:
Avant de conclure, j’aimerais souhaiter à nos auditeurs un merveilleux temps des fêtes.
Sur ce, c’est tout pour ce 87ième épisode de Sujet Capital! Nous espérons que vous avez aimé.
N’hésitez pas à nous envoyer vos questions et suggestions. Vous pouvez nous joindre par courriel à: sujetcapital@pwlcapital.com
Également, si vous souhaitez notre expertise dans la gestion de vos actifs, vous pouvez nous joindre en cliquant sur le bouton contactez-nous qui se trouve sur la page d’accueil de sujet capital et sur toutes nos publications.
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Encore une fois, merci d’être à l’écoute et joignez-vous à nous pour notre prochain épisode à paraitre le 17 juin. N’oubliez pas de consulter le site Web de sujet capital pour voir nos derniers blogues.
A bientôt.
