1) INTRODUCTION:
François Doyon La Rochelle:
Bienvenue à Sujet Capital, un balado mensuel à propos de la gestion passive de portefeuille et de la planification financière et fiscale pour les investisseurs à long terme.
Vos hôtes pour ce balado sont James Parkyn et moi-même François Doyon La Rochelle, tous deux gestionnaires de portefeuilles avec PWL Capital.
Au programme aujourd’hui pour l’épisode #91:
Nous passerons en revue les principales leçons de la 27ème édition de l’annuaire UBS sur les rendements de placement mondiaux pour l’année 2026.
Bonne écoute!
2) REVUE DE L’ANNUAIRE UBS SUR LES RENDEMENTS DE PLACEMENT MONDIAUX POUR L’ANNÉE 2026:
François Doyon La Rochelle:
Comme d’habitude, je vais ouvrir le bal. Notre sujet d’aujourd’hui est une analyse de la 27e édition de l’ « Annuaire UBS sur les rendements de placement mondiaux pour 2026 ». L’analyse de cet annuaire est un rituel annuel de notre podcast. C’est la cinquième année que nous publions un podcast consacré à cet annuaire. Je rappelle à nos auditeurs que les podcasts consacrés aux annuaires précédents restent tout à fait d’actualité.
Je tiens également à souligner que l’Annuaire est publié par UBS en collaboration avec les professeurs Paul Marsh et Mike Staunton de la London Business School, ainsi qu’avec le professeur Elroy Dimson de l’université de Cambridge. Ils participent à ce projet depuis 27 ans.
Cela dit, James, peux-tu présenter l’Annuaire à nos auditeurs et expliquer son objectif ?
James Parkyn:
D’accord François. « L’annuaire UBS sur les rendements de placement mondiaux est largement reconnu comme une référence en matière de rendements d’investissement à long terme. L’annuaire s’appuie sur 126 ans de données couvrant les actions, les obligations, les liquidités, les devises et désormais l’or sur 35 marchés. L’édition de cette année nous démontre l’importance d’une perspective historique pour évaluer les dynamiques actuelles, avec de nouvelles analyses allant de la question à savoir si les nouvelles technologies ont conduit à des bulles, aux caractéristiques de rendement à long terme de l’or » et plus.
L’objectif de l’Annuaire n’a pas changé : il ne s’agit pas de faire des prévisions, mais d’informer les investisseurs sur les performances à long terme, de les interpréter, de les analyser, d’en tirer des enseignements et de contribuer à éclairer les préoccupations actuelles.
François Doyon La Rochelle:
Pour moi, c’est une lecture incontournable qui fournit un cadre permettant d’interpréter les enjeux actuels du marché à travers le prisme de l’histoire des marchés financiers. Le contenu de l’Annuaire revient toujours sur les principes fondamentaux du risque et du rendement, ainsi que sur l’importance de la diversification et de l’allocation d’actifs. Comme le savent nos auditeurs réguliers, c’est est au cœur de notre philosophie d’investissement.
James, je vais commencer la revue d’aujourd’hui en te posant la même question que les années précédentes. En tant que gestionnaire de portefeuille, en quoi trouves-tu cet Annuaire utile ?
James Parkyn:
François, ma réponse est la même que les années précédentes. Notre philosophie d’investissement consiste à investir avec « un état d’esprit d’investisseur, axé sur le long terme ». Nous ne voulons pas nous laisser distraire par le bruit à court terme des médias financiers ni par la volatilité récente des marchés financiers. Ce défi est de taille et s’applique à tous les investisseurs, y compris nous, les professionnels. On l’a souvent dit dans notre podcast : « C’est simple à dire, mais pas facile à faire : on doit toujours garder à l’esprit qu’on peut tomber dans le piège qui consiste à essayer de « prédire l’avenir ». C’est pourquoi François l’Annuaire nous est si utile en tant que gestionnaires de portefeuille.
François Doyon La Rochelle:
Je suis d’accord avec toi, James. L’Annuaire aide à replacer les événements actuels des marchés financiers dans leur contexte en les comparant à l’histoire à long terme des marchés de capitaux. L’édition de cette année aborde de nombreux sujets, notamment l’inflation, les devises, le risque d’investissement, la diversification, les rendements prévisionnels et les primes de facteurs. Elle couvre donc vraiment un large éventail de thèmes.
James Parkyn:
François, le message général de l’Annuaire est qu’« il faut des périodes beaucoup plus longues pour comprendre le risque et le rendement des actions et des obligations, car les marchés sont extrêmement volatils. Au cours des 126 dernières années, les actions ont surperformé les obligations, les bons du Trésor et l’inflation dans tous les pays. Elles ont dominé les obligations, qui sont un peu moins risquées, tandis que les obligations ont surperformé les bons du Trésor. Sur le long terme, la loi du risque et du rendement s’est donc confirmée, les actifs les plus risqués ont offert le rendement le plus élevé et les bons du Trésor sans risque ont offert le rendement le plus faible. »
François Doyon La Rochelle:
James, notre stratégie d’investissement à l’échelle mondiale a porté ses fruits en 2025, puis à nouveau depuis le début de l’année 2026. Si l’on consulte la page des statistiques de marchés de PWL au 31 juillet 2026, on peut voir les résultats depuis le début de l’année sur les marchés boursiers mondiaux, en dollars canadiens :
1. L’indice global américain affiche une hausse de 12,9 % depuis le début de l’année.
2. L’indice S&P TSX Composite en dollars canadiens affiche une hausse de 12,5 %.
3. Les actions des marchés développés internationaux ont progressé de 14,2 %.
4. Les actions des marchés émergents ont progressé de 23,1 %.
James Parkyn:
Comme le savent nos auditeurs réguliers, les rendements du marché boursier américain ont dominé depuis la crise financière mondiale de 2008-2009. Depuis 2025 par contre, les autres marchés boursiers mondiaux ont enregistré de très bonnes performances. Les investisseurs canadiens qui avaient diversifié leur portefeuille à l’échelle mondiale, en particulier avec des actions américaines, ont énormément profité de ces 20 dernières années. On en a parlé dans notre dernier podcast, où on a passé en revue les performances de notre portefeuille modèle. Ceci dit, l’Annuaire nous enseigne que nous devons accepter que, parfois, la diversification ne porte pas ses fruits.
François Doyon La Rochelle:
James, beaucoup de gens considèrent que le long terme s'étend sur dix à vingt ans. Les données de l'Annuaire nous aident à comprendre que les investisseurs devraient envisager un horizon temporel bien plus long lorsqu'ils prennent leurs décisions d'investissement.
James Parkyn:
En effet, François, une perspective à long terme est nécessaire car les actions peuvent être très volatiles. Ce n'est rien de surprenant. Il faut disposer d'un grand nombre de données historiques pour obtenir une compréhension réaliste de ce que les rendements à long terme peuvent nous révéler sur l'avenir. L’Annuaire confirme que les rendements annualisés depuis 1900 s’élevaient à 9,8 % pour les actions mondiales, contre 4,6 % pour les obligations et 3,4 % pour les bons du Trésor, tandis que l’inflation s’élevait à 2,9 % par an. Ça confirme que les actions ont affiché une performance conforme aux attentes, car elles sont plus risquées.
François Doyon La Rochelle:
James, l’Annuaire confirme que les rendements annualisés réels, nets d’inflation, sur les marchés américains depuis 1900 s’élevaient à 6,9 % pour les actions américaines, contre 1,7 % pour les obligations et 0,5 % pour les bons du Trésor. Ça explique clairement pourquoi les investisseurs canadiens devraient investir dans un portefeuille d’actions diversifié à l’échelle mondiale. L’Annuaire souligne qu’un dollar investi en 1900, avec réinvestissement des dividendes, aurait vu son pouvoir d’achat multiplié par 3296. Celui des obligations aurait été multiplié par 7,4 et celui des bons du Trésor par 1,8.
James Parkyn:
La différence de rendement est vraiment incroyable, François. L’Annuaire souligne que les rendements réels des actions ont été positifs dans les 21 pays pour lesquels on dispose de données remontant jusqu’à 1900. Les rendements réels des actions variaient entre 3 % et 6,9 %. Le rendement réel annualisé de 6,9 % des actions américaines contraste avec le rendement réel de 4,5 % en dollars américains de l’indice mondial « Ex US ».
François Doyon La Rochelle:
L’Annuaire met en évidence cette différence de 2,4 %. Composée sur 126 ans, elle se traduit par un écart considérable en termes de richesse finale. Comme je l’ai déjà mentionné, l’Annuaire montre qu’un dollar investi dans des actions américaines en 1900 a généré une valeur finale 3 296 fois supérieure en termes de pouvoir d’achat réel. Le même investissement dans des actions du reste du monde a donné une valeur finale 249 fois. Ceci est moins de 8 % de la valeur accumulée américaine.
James Parkyn:
C’est une différence considérable, François. Mais c’est la magie des intérêts composés, et ça ne nous renseigne pas sur les rendements futurs. L’Annuaire souligne qu’un facteur commun aux marchés boursiers les plus performants est qu’ils avaient tendance à être des pays riches en ressources et/ou des pays du Nouveau Monde. Les marchés les moins performants étaient ceux qui avaient été ravagés par la guerre et vaincus.
François Doyon La Rochelle:
James, que dit l’Annuaire au sujet de la volatilité boursière ?
James Parkyn:
François, les données de l’Annuaire montrent que l’écart-type des marchés boursiers américains, de 19,8 %, les classe parmi les marchés à faible risque, en sixième position après le Canada (16,7 %), l’Australie (17,2 %), la Nouvelle-Zélande (19,0 %), la Suisse (19,1 %) et le Royaume-Uni (19,3 %). L’écart-type moyen des 21 pays étudiés, pour lesquels on dispose de données fiables remontant à 1900, est de 23,4 %. L’Annuaire présente un indice mondial qui affiche un écart-type de 17,3 %. Ça démontre clairement l’efficacité de la diversification mondiale pour réduire le risque.
Eh bien François, tout investisseur sait que les actions sont volatiles. C’est pourquoi on espère obtenir un rendement supérieur à celui d’un investissement dans des actifs plus sûrs. L’Annuaire souligne que l’investissement en actions s’est avéré rentable sur le long terme. Au cours d’une année moyenne, le rendement réel des actions américaines s’est élevé à 6,9 %. Par contre la fourchette des résultats peut être très large. Au cours des 126 années étudiées, six années ont affiché des rendements annuels inférieurs à -40 %. À l’inverse, six autres années ont enregistré des rendements supérieurs à 40 %.
François Doyon La Rochelle:
James, qu’est-ce que l’Annuaire dit au sujet de la volatilité des marchés émergents ?
James Parkyn:
Ce n’est pas vraiment une surprise, François : bien que certains marchés émergents aient été plus volatils que les marchés développés, la volatilité moyenne des marchés émergents a fortement diminué au cours des 25 dernières années. À la fin de 2025, l’écart de volatilité, mesuré par l’écart-type, entre la moyenne des marchés émergents et celle des marchés développés est tombé en dessous de 5 %.
François Doyon La Rochelle:
James, maintenant qu’est-ce que l’Annuaire dit au sujet des obligations ?
James Parkyn:
C’est assez surprenant Francois. L’Annuaire indique que depuis 1900, l’écart-type moyen des rendements réels des obligations, tous pays confondus, s’élevait à 13,1 %, contre 23,0 % pour les actions et 7,5 % pour les bons du Trésor. Si les obligations ont généralement été beaucoup moins volatiles que les actions, elles ont néanmoins connu des périodes prolongées de rendements très faibles ou très élevés.
François Doyon La Rochelle:
C’est assez surprenant ! L’écart-type moyen des rendements réels des obligations à l’échelle internationale s’élevait à 13,1 %. La volatilité actuelle du marché obligataire est bien inférieure, à 6,14 % pour l’indice de marché obligataire total Canadien et à 4,88 % pour l’indice mondial obligataire couvert en dollars canadiens. J’ajouterais qu’il s’agit là de chiffres correspondant à l’écart-type sur cinq ans.
James Parkyn:
Tout à fait François. Les rendements et la volatilité récents du marché obligataire reflètent l’âge d’or des 40 années, qui s’est terminé en 2022. Je vais citer l’Annuaire : « Au fil du temps, les taux d’intérêt réels ont baissé par rapport à leurs sommets atteints au début et au milieu des années 1980, ce qui a donné un nouvel élan aux obligations. Puis, lors des deux marchés baissiers du début du 21e siècle, de la crise de la zone euro et ensuite la pandémie de COVID-19, les obligations ont bénéficié de leur statut de valeur refuge, du maintien des taux d’intérêt directeurs à un niveau bas pour soutenir les économies, ainsi que de l’assouplissement quantitatif. Elles ont également profité de la corrélation négative entre les actions et les obligations. »
François Doyon La Rochelle:
James, on peut dire sans se tromper que les investisseurs se sont habitués à ces rendements obligataires élevés, mais qu’il était manifestement inapproprié de les extrapoler dans l’avenir.
James Parkyn:
François, c’est pour moi un autre exemple de l’importance d’examiner de longues périodes historiques pour comprendre les marchés. Même une période de quatre décennies peut être trompeuse si on l’extrapole naïvement.
J’ajouterais à ça que l’Annuaire souligne, à propos des obligations, que « les rendements réels des obligations de 2022 à 2025 ont été très négatifs ». Pour les investisseurs qui s’étaient habitués à des rendements obligataires élevés et qui considéraient les obligations comme un actif sûr, les rendements de 2022 ont été un véritable choc. L’Annuaire indique également que « les rendements réels des obligations américaines et britanniques s’élevaient respectivement à −31 % et −39 %. Le rendement moyen dans les pays européens s’est établi à −35 %, tandis que pour l’ensemble des 21 pays de la base de données DMS, il était de −31 % ».
François Doyon La Rochelle:
James, pour compléter ce point, si on consulte notre page « Statistiques de marché », on constate que l’inflation a pesé lourdement sur les rendements obligataires, puisqu’elle les a dépassés au Canada au cours des dix dernières années.
James, comme nous le savons tous, la plupart des investisseurs redoutent fortement les marchés baissiers sévères. Que dit l’Annuaire au sujet des marchés baissiers historiques ?
James Parkyn:
François, l’Annuaire passe en revue les quatre grands marchés baissiers depuis 1900, en représentant graphiquement leurs périodes de baisse et de reprise. Si l’on prend les 25 dernières années, par exemple : après l’éclatement de la bulle technologique en mars 2000, les cours des actions américaines se sont effondrés et la période complète de baisse et de reprise a duré sept ans et demi, jusqu’en juillet 2007. La crise financière mondiale qui a suivi en 2008-2009 a vu le marché atteindre son plus bas niveau en février/début mars 2009. Il a fallu quatre ans au marché pour se remettre de cette chute.
François Doyon La Rochelle:
James, est-ce que l’Annuaire apporte de nouveaux éléments concernant les actions en tant que couverture contre l’inflation ?
James Parkyn:
Oui, François. L’Annuaire démontre que les périodes de forte inflation ont été associées à des performances plus faibles tant des actions que des obligations. Les actions ne constituent donc pas une couverture contre l’inflation, mais sur le long terme, elles ont parfaitement réussi à surpasser l’inflation grâce à la prime de risque des actions. François, tu te rappelleras qu’on a abordé ce sujet en 2025 lors de notre analyse de l’Annuaire 2024, et je cite : « Les actions ont généré d’excellents rendements à long terme, mais elles ne constituent pas et n’ont jamais constitué la couverture contre l’inflation que de nombreux observateurs ont suggérée. Elles doivent plutôt être considérées comme d’excellents moyens de surpasser l’inflation grâce à la prime de risque des actions. »
François Doyon La Rochelle:
James, regardons maintenant de plus près ce que l’Annuaire a à dire sur les marchés émergents.
James Parkyn:
François, les marchés émergents sont souvent associés à la croissance, ce qui conduit les investisseurs à tabler sur des rendements espérés plus élevés. L’Annuaire passe en revue les 126 dernières années en comparant les performances des indices des marchés émergents et des marchés développés, tant pour les actions que pour les obligations
Le rendement annualisé des investissements dans les marchés émergents s’est élevé à 6,9 %, contre 8,5 % pour les marchés développés. Cependant, il faut savoir que la pondération des marchés émergents dans l’indice mondial est assez faible. L’indice mondial a affiché un rendement annualisé de 8,4 %. Pour un investisseur mondial, l’impact de l’inclusion ou de l’exclusion des marchés émergents a historiquement été faible.
François Doyon La Rochelle:
James, je trouve surprenant que les marchés émergents n’apportent qu’une contribution aussi faible aux rendements mondiaux. Cependant, au cours des 20 à 25 dernières années, la capitalisation boursière des marchés émergents a considérablement augmenté. Elle représente maintenant près de 13 % de la capitalisation boursière mondiale.
James, est-ce que l’Annuaire fournit des informations sur les rendements des marchés mondiaux plus récents ?
James Parkyn:
Oui, François, l’Annuaire examine les rendements du 21e siècle sur une période de 26 ans, depuis la publication du premier Annuaire au début de l’année 2000. L’Annuaire souligne que les rendements réels des actions ont été légèrement inférieurs à ceux du 20e siècle, tandis que les rendements réels des obligations ont été un peu plus élevés. Cependant, malgré quatre marchés baissiers depuis 2000, les investisseurs mondiaux ont bénéficié de bons rendements : un rendement réel annualisé en dollars américains de 4,0 % sur les actions, de 2,6 % sur les obligations et une prime nominale des actions par rapport aux bons du Trésor de 4,7 %.
François Doyon La Rochelle:
En 2025, le risque géopolitique est devenu une préoccupation centrale. Avec les droits de douane instaurés par Trump à l’occasion du « Liberation Day », puis, en 2026, avec la guerre en Iran et son impact sur l’approvisionnement mondial en pétrole. Qu’est-ce que l’Annuaire dit au sujet du risque géopolitique ?
James Parkyn:
Le risque géopolitique, François, est un sujet d’actualité pour les investisseurs. Qu’il s’agisse de conflits armés ou de conflits commerciaux, la géopolitique joue clairement un rôle important.
Cependant, dans une perspective à très long terme, voici ce que dit l’Annuaire : « Ces événements sont relativement rares. La plupart du temps, les investisseurs auraient raison de « faire abstraction du bruit » géopolitique. En même temps, ça nécessite toutefois du discernement pour distinguer le signal du bruit. »
François Doyon La Rochelle:
Je suis d’accord avec l’Annuaire, James. Quand on se trouve au cœur d’une crise géopolitique, on ressent le besoin de réagir. L’histoire des marchés financiers nous montre que le risque économique a toujours été plus important pour les investisseurs que le risque géopolitique.
James Parkyn:
Tout à fait, François, et l’Annuaire le démontre, je cite : « De loin, les guerres mondiales ont été moins dommageables aux actions mondiales que les quatre grands marchés baissiers en temps de paix. Ces marchés baissiers ont représenté la matérialisation du risque économique à la baisse. Trois d’entre eux ont été déclenchés par des facteurs économiques, tandis que le quatrième, le krach boursier de 1973-1974, a été provoqué par des facteurs géopolitiques, mais s’est déroulé sous la forme d’une crise économique.
François Doyon La Rochelle:
James, le risque économique est souvent considéré comme le risque lié au cycle économique ou à la récession.
James Parkyn:
François, l’Annuaire propose des analyses intéressantes sur les récessions. Par ailleurs, récemment, un client m’a demandé pourquoi il semblait ne plus y avoir de récessions. L’Annuaire souligne que « les récessions sont devenues moins fréquentes. Au cours du dernier demi-siècle, les États-Unis n’ont connu que quatre récessions et ont été en récession moins de 10 % du temps. Les cycles économiques sont désormais plus flous. Les économistes peuvent avoir du mal à déterminer où nous en sommes dans « le cycle ». Il est à noter qu’aucun des quatre grands marchés baissiers n’a débuté par une récession. » Ce dernier point est essentiel à mes yeux.
François Doyon La Rochelle:
James, quels autres types de risques économiques aborde l’Annuaire ?
James Parkyn:
François, l’Annuaire examine trois autres types de risques économiques :
Les cycles des taux d’intérêt, liés au risque d’inflation et à sa maîtrise par les Banques Centrales. Ce risque économique s’applique tant pour les marchés obligataires que pour les marchés boursiers
Le risque de l’effet de levier financier, qui constitue en soi un risque économique majeur. L’effet de levier a joué un rôle central dans les catastrophes boursières et économiques, conduisant souvent à des crises bancaires. Récemment, la crise financière mondiale de 2008-2009 a été l’exemple classique d’un effondrement alimenté par l’effet de levier.
Le risque de valorisation des marchés d’actions est également une forme majeure de risque économique. Il s’agit du risque découlant du fait que les investisseurs se rendent compte que les valorisations actuelles ne peuvent plus être justifiées, ce qui conduit à des corrections ou à des marchés baissiers.
François Doyon La Rochelle:
James, ça fait beaucoup de choses à prendre en compte pour les investisseurs. On a abordé le sujet des rendements espérés lors de notre dernier podcast. Qu’est-ce que l’Annuaire dit à ce sujet ?
James Parkyn:
François, l’Annuaire juge également que les rendements espérés à l’avenir seront plus faibles. Je cite : « Après avoir pris en compte les facteurs non récurrents qui ont favorisé les actions par le passé récent, nous en déduisons que les investisseurs mondiaux peuvent s’attendre à une prime sur les actions (par rapport aux bons du Trésor) […] d’environ 5 % ».
Je rappelle Francois que le message de l’annuaire est que les investisseurs doivent comprendre que le long terme en matière d’investissement est bien plus long qu’ils ne le pensent.
François Doyon La Rochelle:
Oui James, comme tu l’as dit tout à l’heure, les investisseurs doivent comprendre que le long terme ne se limite pas à 10 ou 20 ans, c’est bien plus long que ça.
Enfin, James, quels enseignements l’Annuaire peut apporter à nos auditeurs en matière de diversification mondiale ?
James Parkyn:
Il n’y a vraiment rien de nouveau ici, François. Comme on en discute souvent dans nos podcasts, la diversification est un élément clé de notre discipline d’investissement. Ce que dit l’Annuaire correspond à notre philosophie. Je cite : « La puissance de la diversification entre les actions, les marchés et les classes d’actifs contribue à réduire le risque, sans toutefois l’éliminer. Au cours des 50 dernières années, à l’exception des investisseurs basés aux États-Unis, investir à l’international a généré de meilleurs rendements ajustés au risque que d’investir uniquement sur leurs marchés nationaux. En revanche, tirer parti des avantages de la diversification est une stratégie à long terme, mais elle peut s’avérer décevante à court terme. »
François Doyon La Rochelle:
Sur ce, je pense qu’on va conclure ce Podcast. J’espère que nos auditeurs ont trouvé notre analyse de l’Annuaire UBS sur les rendements de placement mondiaux pour l’année 2026 utile pour les aider à prendre des décisions avisées concernant leur épargne à long terme. De bonnes décisions d’investissement, fondées sur des critères raisonnables, peuvent parfois aboutir à des résultats décevants à court terme. Ça nous ramène, James, à l’importance d’une perspective à long terme et, accompagnée par une compréhension des lois du risque et du rendement. Je recommande à nos auditeurs de toujours tenir compte de leurs objectifs à long terme, de leur profil de risque, de leur capacité à prendre des risques et de leur horizon temporel lorsqu’ils constituent leur portefeuille.
3) CONCLUSION
François Doyon La Rochelle:
Merci James Parkyn d’avoir partagé ton expertise et ton savoir aujourd’hui.
James Parkyn:
Il m’a fait plaisir Francois.
François Doyon La Rochelle:
Hé bien c’est tout pour ce 91ième épisode de Sujet Capital! Nous espérons que vous avez aimé.
N’hésitez pas à nous envoyer vos questions et suggestions. Vous pouvez nous joindre par courriel à: sujetcapital@pwlcapital.com
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Encore une fois, merci d’être à l’écoute et joignez-vous à nous pour notre prochain épisode à paraitre le 30 septembre. N’oubliez pas de consulter le site Web de Sujet Capital pour voir nos derniers blogues.
A bientôt.
