L'investissement à long terme s'est avéré très profitable : 126 ans de données

L'investissement à long terme s'est avéré très profitable : 126 ans de données

par James Parkyn - PWL Capital - Montréal

Que peuvent nous apprendre 126 ans d'histoire des marchés sur l'investissement ? Énormément de choses, selon l'Annuaire 2026 d'UBS sur les rendements mondiaux des investissements.

Les actions ont généreusement récompensé les investisseurs sur le long terme, mais l'obtention de ces rendements a nécessité d’endurer des risques importants en cours de route. C'est l'un des principaux enseignements qui se dégagent des 126 ans de données présentées dans l'annuaire d'UBS.

Ce rapport, qui en est désormais à sa 27e édition, est une lecture incontournable pour interpréter les marchés à la lumière de l'histoire.

Il est publié par la banque suisse UBS en collaboration avec Paul Marsh et Mike Staunton, professeurs à la London Business School, ainsi qu’avec Elroy Dimson, de l’université de Cambridge, qui ont participé à l’ensemble des 27 éditions.

Une vision à long terme

Nous traitons de cet annuaire depuis cinq ans dans notre blog et notre podcast, car sa vision à long terme permet de replacer les événements actuels des marchés financiers dans un contexte historique utile. Cela correspond parfaitement à notre approche d’investissement chez PWL.

Beaucoup de gens considèrent que le long terme s’étend sur 10 à 20 ans. L’annuaire montre que nous devrions envisager un horizon temporel encore plus long lorsque nous prenons des décisions d’investissement.

« Des périodes bien plus longues sont nécessaires pour comprendre le risque et le rendement des actions et des obligations, car les marchés sont extrêmement volatils », note l’annuaire.

Un gain multiplié par 3 296 pour les actions américaines

Quelles sont les conclusions du dernier annuaire ? Depuis 1900, les actions américaines ont enregistré des rendements annualisés de 9,8 %, contre 4,6 % pour les obligations, 3,4 % pour les bons du Trésor et un taux d’inflation de 2,9 %. Les rendements annualisés réels, nets d’inflation, s’élevaient à 6,9 % pour les actions américaines, contre 1,7 % pour les obligations et 0,5 % pour les bons du Trésor.

Un dollar investi dans des actions américaines en 1900, avec réinvestissement des dividendes, aurait vu son pouvoir d’achat multiplié par 3 296 (après inflation). Ce rendement remarquable illustre le pouvoir magique des intérêts composés.

Le même montant investi en obligations aurait été multiplié par 7,4, tandis qu’un investissement en bons du Trésor aurait été multiplié par 1,8.

Le risque a porté ses fruits

« Sur le long terme, la loi du risque et du rendement s’est donc vérifiée, les actifs les plus risqués offrant le rendement le plus élevé et les bons du Trésor sans risque offrant le rendement le plus faible », conclut l’annuaire.

« Au cours des 126 dernières années, les actions ont surperformé les obligations, les bons du Trésor et l’inflation dans tous les pays. Elles ont dominé les obligations, qui sont un peu moins risquées, tandis que les obligations ont surperformé les bons du Trésor. »

Les rendements boursiers réels ont été positifs dans les 21 pays pour lesquels on dispose de données remontant à 1900. Les gains ont varié entre 3 % et 6,9 %, avec un rendement réel de 4,5 % pour l’indice « World ex U.S. » en dollars américains. Cela se traduit par une multiplication par 249 du pouvoir d’achat depuis 1900.

Les rendements ont été les plus élevés dans les pays industrialisés et riches en ressources, tandis que les marchés les moins performants ont été ceux touchés par des guerres et les bouleversements économiques qui en ont résulté.

Le Canada a affiché la plus faible volatilité

La volatilité a été le prix à payer pour ces gains boursiers. Au cours des 126 années étudiées, six années ont enregistré des rendements annuels des actions américaines inférieurs à -40 %. À l’inverse, six années ont affiché des gains supérieurs à 40 %.

Parmi les 21 pays disposant de données fiables remontant à 1900, le Canada présentait le marché le moins risqué en termes de rendements boursiers réels, avec un écart-type de 16,7 %. Venaient ensuite l’Australie (17,2 %), la Nouvelle-Zélande (19,0 %), la Suisse (19,1 %), le Royaume-Uni (19,3 %) et les États-Unis (19,8 %).

L’écart-type moyen pour les 21 pays s’élevait à 23,4 %. L’annuaire présente un indice mondial des actions basé sur la capitalisation boursière de chaque pays, dont l’écart-type était de 17,3 %. Cela démontre l’efficacité de la diversification mondiale pour réduire le risque.

Les marchés émergents ont été plus volatils que les marchés développés, mais l'écart s'est réduit au cours des 25 dernières années. La volatilité des premiers a diminué, ramenant la différence d’écart-type par rapport aux marchés développés à moins de 5 % à la fin de 2025.

Une volatilité moindre pour les obligations et les bons du Trésor

En ce qui concerne les obligations, la volatilité a été nettement plus faible. Les rendements réels des obligations ont affiché un écart-type moyen de 13,1 % depuis 1900, contre 23,0 % pour les actions et 7,5 % pour les bons du Trésor. (Ces chiffres excluent l’Autriche.)

Dans le même temps, les obligations ont connu de longues périodes de rendements très faibles ou très élevés. Les rendements élevés et la volatilité récente du marché obligataire reflètent un âge d’or des taux d’intérêt bas qui a fait grimper les cours des obligations et qui a pris fin en 2022 avec le retour de l’inflation. Il n’était pas pertinent d’extrapoler ces rendements dans l’avenir, comme le souligne l’annuaire : les rendements réels des obligations américaines et britanniques se sont établis respectivement à -31 % et -39 % entre 2022 et 2025.

Notre page consacrée aux statistiques de marché montre l’impact de l’inflation sur les rendements obligataires. Au Canada, celle-ci a dépassé les rendements obligataires au cours des dix dernières années.

Impact limité de la géopolitique

Le risque géopolitique est au cœur des préoccupations dans le contexte actuel marqué par les droits de douane, les guerres et les perturbations de l’approvisionnement mondial en pétrole. L’annuaire adopte une vision optimiste quant aux répercussions de ces risques.

« Ces événements sont relativement rares », indique le rapport. « La plupart du temps, les investisseurs auraient raison de « ne pas se laisser perturber » par le bruit géopolitique. Cependant, cela nécessite de faire preuve de discernement pour distinguer le signal du bruit. »

En effet, l’annuaire a constaté que les guerres ont été bien moins préjudiciables aux actions mondiales que les quatre grands marchés baissiers survenus en temps de paix.

« Ces marchés baissiers ont représenté la concrétisation d’un risque économique à la baisse. Trois d’entre eux ont été déclenchés par des facteurs économiques, tandis que le quatrième, le krach boursier de 1973-1974, a été provoqué par des facteurs géopolitiques, mais s’est traduit par une crise économique. »

Il faut s’attendre à des rendements futurs plus faibles

Qu’en est-il de l’avenir ? Dans notre blog et notre podcast Sujet Capital, nous avons récemment souligné que les gains exceptionnels enregistrés sur les actions ces dernières années ont peu de chances de perdurer. L’annuaire est parvenu à une conclusion similaire.

« Les investisseurs mondiaux peuvent s’attendre à une prime des actions (par rapport aux bons du Trésor) d’environ 3,5 %. La prime de risque moyenne arithmétique correspondante serait d’environ 5 % », indique UBS.

« Notre estimation est inférieure à la prime historique à long terme et bien inférieure à celle observée au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Certains ouvrages sur l’investissement citent encore des chiffres aussi élevés que 7 % pour la moyenne géométrique et 9 % pour la moyenne arithmétique. Nous pensons que les investisseurs qui se fient à de tels chiffres risquent d’être déçus. »

Notre hypothèse actuelle de moyenne géométrique pour un portefeuille mondial pondéré en fonction de la capitalisation boursière et présentant un biais en faveur du Canada, son pays d’origine, est de 6,92 %, et celle pour les liquidités est de 2,88 %, ce qui porte notre hypothèse de prime des actions par rapport aux bons du Trésor à 3,93 %, contre 3,5 % selon la figure de Dimson, Marsh et Staunton.

Diversifiez et pensez à long terme

La leçon à tirer de tout cela est que la diversification entre les actions, les marchés et les classes d’actifs n’élimine pas le risque, mais qu’elle peut conduire à de meilleurs rendements ajustés au risque sur le long terme.

Tenez compte de vos objectifs à long terme, de votre profil de risque, de votre capacité à prendre des risques et de votre horizon temporel lorsque vous constituez votre portefeuille. Gardez à l’esprit qu’à court terme, même les décisions d’investissement les plus judicieuses peuvent entraîner des pertes temporaires.

Mais en surmontant la volatilité et en restant fidèle à votre plan d’investissement, vous pouvez réaliser des gains remarquables.

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La forte hausse des marchés pourrait ne pas durer

La forte hausse des marchés pourrait ne pas durer

par James Parkyn - PWL Capital - Montréal

Les investisseurs ont bénéficié de plusieurs années de rendements exceptionnels. Au 30 juin 2026, l’indice boursier total canadien avait bondi de 23,5 % par an au cours des trois dernières années. L’indice boursier total américain a quant à lui progressé de 23,2 %.

Ces chiffres impressionnants peuvent-ils perdurer ? Deux fois par an, chez PWL, nous nous efforçons d’anticiper les rendements boursiers pour les 30 prochaines années. Nous ne le faisons pas pour établir des prévisions : personne ne peut prédire l’avenir.

Il s’agit plutôt de rendements espérés que nous estimons afin de les intégrer à notre logiciel de planification financière lorsque nous établissons des projections de retraite à long terme pour nos clients. Nous obtenons ces chiffres en combinant 125 ans de données historiques avec des estimations pour l’avenir basées sur les valorisations et les conditions économiques actuelles.

Raymond Kerzérho, chercheur senior chez PWL, s’est joint à nous dans notre podcast « Sujet Capital » pour passer en revue les derniers chiffres.

Principale conclusion de l’équipe de recherche de PWL : les gains boursiers exceptionnels observés récemment ont peu de chances de se poursuivre. « Nous devons nous réjouir des excellents rendements récents, mais il est peu probable qu’ils se reproduisent dans la même mesure à l’avenir », explique Raymond.

« Des rendements récents élevés n’impliquent pas nécessairement des rendements futurs tout aussi élevés. »

Inflation et logement

Nos prévisions en matière d’inflation restent inchangées par rapport à l’année dernière, avec une moyenne de 2,5 % par an au cours des 30 prochaines années.

Nous formulons également une prévision concernant les résidences principales, qui reste elle aussi inchangée : une plus-value annuelle espérée de 1 % après inflation (hors frais d’entretien et taxes foncières).

Obligations

Nous formulons deux estimations concernant les obligations. Il s’agit de prévisions nominales (avant inflation) et avant frais, mais incluant les ratios de frais de gestion des produits.

  • Nous prévoyons des rendements annuels de 3,07 % sur les obligations à court terme au cours des 30 prochaines années. Ce chiffre est en hausse par rapport à la projection de l’année dernière, qui tablait sur des gains espérés de 3,01 %.

  • Les projections pour l’univers obligataire canadien, qui comprend les obligations à long terme, sont en hausse d’environ le même nombre de points de base, passant de 3,53 % à 3,58 %.

Actions

En revanche, les prévisions de gains sur les actions ont baissé.

  • En ce qui concerne les actions canadiennes, nous prévoyons des rendements annuels de 6,87 % au cours des trois prochaines décennies. Cela représente une baisse de 14 points de base par rapport à la prévision de l’année dernière, qui était de 7,01 %.

  • Nous prévoyons que les actions américaines afficheront un rendement annuel de 6,44 %, ce qui est également en baisse par rapport à notre prévision de 6,48 % établie l’année dernière.

  • Le changement le plus important concerne les actions internationales. Nous prévoyons des rendements annuels de 7,04 % au cours des 30 prochaines années. Ce chiffre est en baisse de 24 points de base par rapport aux 7,28 % que nous avions prévus l’année dernière.

  • En revanche, un portefeuille composé à 60 % d’actions et à 40 % d’obligations reste pratiquement inchangé par rapport à l’année dernière. Nous prévoyons un rendement annuel de 5,73 %, en baisse par rapport aux 5,76 % précédents.

Les gains récents ont entraîné des révisions

Les actions ont fait l’objet de révisions à la baisse après leur excellente performance au cours de l’année écoulée. Ce sont notamment les actions internationales qui ont enregistré la plus forte baisse.

Cela s’explique par le fait que les actions internationales ont affiché les rendements les plus spectaculaires parmi les classes d’actifs actions. Les grandes et moyennes capitalisations des marchés émergents, par exemple, ont généré un rendement de 49,9 % au cours des 12 mois clos en juin 2026. (Consultez les statistiques complètes du marché sur le site web de l’équipe Parkyn-Doyon de PWL Capital à La Rochelle.)

Il convient également de noter que les rendements espérés des actions canadiennes et internationales restent supérieurs à ceux des actions américaines. Cela s’explique par le fait que les actions américaines se négocient actuellement à des valorisations plus élevées. En d’autres termes, les investisseurs paient plus cher chaque dollar de bénéfice généré par les entreprises américaines.

Toutes choses égales par ailleurs, plus les investisseurs paient cher aujourd’hui pour un niveau de bénéfices donné, plus le rendement auquel ils peuvent s’attendre à l’avenir sera faible.

Comment nos prévisions se situent-elles par rapport à celles d’autres sociétés ? Comparées à celles de BlackRock, Vanguard et AQR, « nos estimations sont plus optimistes d’au moins un demi-point de pourcentage », précise Raymond.

La répartition 60-40 reste-t-elle une bonne option ?

Certains lecteurs pourraient s’interroger sur l’intérêt d’inclure des obligations dans leur portefeuille, compte tenu des faibles prévisions de rendement de ces dernières. Une fois l’inflation et les impôts pris en compte, les rendements pourraient en effet s’avérer négatifs.

Les obligations ont en effet été au cœur du débat sur les portefeuilles équilibrés, tels que la répartition classique recommandée de 60 % des actifs en actions et 40 % en obligations.

Il n’existe pas de répartition idéale unique qui convienne à tout le monde, comme l’a souligné le gestionnaire d’actifs Ben Carlson. La répartition idéale dépend de votre horizon temporel, de votre capacité à prendre des risques et de votre tolérance à la volatilité.

Les obligations de haute qualité peuvent contribuer à amortir les pertes du portefeuille lorsque des corrections inévitables surviennent sur les marchés boursiers. « Cet effet d’amortissement peut donner aux investisseurs la confiance nécessaire pour conserver leurs placements pendant les périodes difficiles, plutôt que de vendre leurs actions après une forte baisse », explique Raymond.

Cela dit, il est utile de prendre en compte les rendements espérés au moment de déterminer la répartition adéquate.

Les rendements réels ont dépassé les attentes

Comment les rendements réels du marché se comparent-ils aux rendements espérés ces dernières années ? Les données relatives à nos portefeuilles modèles au 30 juin 2026 montrent que les rendements composés ont été nettement supérieurs aux rendements espérés.

Je vais mettre en avant les rendements correspondant aux répartitions les plus courantes de nos clients. (Ces chiffres s’entendent hors frais PWL, mais incluent le coût des produits d’investissement.)

  • Un portefeuille 60-40 a enregistré un rendement annuel de 8,45 % sur 10 ans et de 7,12 % sur 20 ans. Si vous aviez investi 100 000 $, votre capital aurait atteint 225 000 $ au bout d’une décennie et 396 000 $ au bout de deux décennies.

  • Une répartition plus audacieuse de 70-30 a généré un rendement annuel de 9,62 % sur 10 ans et de 7,79 % sur 20 ans. Un investissement de 100 000 $ aurait atteint 251 000 $ au bout de 10 ans et 448 000 $ au bout de 20 ans.

  • Une répartition 80-20 a généré un rendement de 10,78 % sur 10 ans et de 8,46 % sur 20 ans. Un investissement de 100 000 $ aurait atteint 278 000 $ au bout de 10 ans et 507 000 $ au bout de 20 ans.

Maintenir le cap

Que peut-on retenir de tous ces chiffres ? Je pense qu’il y a trois points à retenir.

  1. Maintenir le cap permet d’obtenir les meilleurs résultats à long terme. Malgré la crise financière mondiale, la pandémie et le retour d’une forte inflation, les actions ont généré des rendements bien supérieurs aux moyennes à long terme.

  2. Les investisseurs devraient tenir compte des rendements espérés estimés lorsqu’ils déterminent la répartition entre actions et obligations. L’avenir pourrait être différent du passé récent. Les rendements obligataires récents ont été inférieurs aux attentes, tandis que les rendements obligataires futurs estimés ne dépassent que de justesse l’inflation.

  3. Réévaluez votre capacité et votre tolérance au risque à la lumière des gains importants enregistrés récemment. Soyez réaliste quant à votre véritable tolérance à la volatilité à la baisse. Cela vous aidera à définir la bonne répartition d’actifs pour vos investissements.

 

Les investisseurs prudents savent que les rendements élevés enregistrés par le passé ne garantissent en rien les rendements futurs. Les marchés baissiers sont un phénomène rare mais inévitable dans le domaine de l’investissement. Ce ne sont pas des dysfonctionnements du système ; ils font partie intégrante du système.

Garder cela à l’esprit et se préparer avec un plan d’investissement bien conçu vous aidera à rester discipliné et à rester sur le marché lorsque les choses se compliqueront. Comme nous l’avons constaté au cours des 20 dernières années, c’est la meilleure façon de garantir une expérience d’investissement réussie.

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Bilan de mi-année 2026

Bilan de mi-année 2026

par James Parkyn - PWL Capital - Montréal

Nous sommes arrivés à mi-parcours de l’année 2026 et, comme à l’accoutumée à cette période de l’année, nous prenons un peu de recul pour analyser les facteurs qui ont influencé les marchés mondiaux au cours des six derniers mois.

Si je devais résumer le premier semestre 2026 en un mot, ce serait… mouvementé. Pas chaotique comme l’année dernière, mais riche en surprises qui ont tenu les investisseurs en haleine.

Les principaux facteurs ont été les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, et le bras de fer entre une inflation en hausse et un ralentissement de la croissance. À cela s’ajoutent l’engouement continu pour l’intelligence artificielle (IA) et le battage médiatique autour de la récente introduction en bourse (IPO) de SpaceX.

En bref, les investisseurs ont eu beaucoup à digérer.

Les marchés ont fait fi de la guerre en Iran

Côté géopolitique, le choc le plus important du premier semestre 2026 a été la guerre en Iran. Ce conflit a déclenché une volatilité des marchés boursiers mondiaux et une forte flambée des cours du pétrole. Le prix du baril de brut est passé d’environ 70 à 125 dollars américains, sous l’effet des craintes de perturbations de l’approvisionnement.

La réaction des marchés a été rapide et violente, les principaux indices boursiers perdant environ 10 % en l’espace de quelques jours. Il est important de rappeler que rien de tout cela n’était prévisible. Les investisseurs qui ont tenté de spéculer sur l’actualité auraient eu beaucoup de mal à faire le bon choix.

Même si le détroit d’Ormuz est resté fermé aux pétroliers pendant trois mois et demi, les marchés boursiers mondiaux se sont retrouvés en territoire positif à la mi-année. En effet, le marché boursier américain a progressé de 15,5 % au deuxième trimestre, enregistrant ses meilleurs résultats trimestriels depuis le printemps 2020.

Allez comprendre !

L’engouement pour l’IA, le retour des grandes introductions en bourse

Un autre thème majeur de 2026 a été l’essor de l’IA. L’année dernière, les marchés américains se sont principalement concentrés sur les actions des sept géants technologiques, surnommés les « Magnificent 7 ». Cette année, l’engouement s’est étendu aux infrastructures cloud, aux équipements réseau, aux centres de données et à la fabrication de puces de pointe.

Nous avons également assisté au retour des grandes introductions en bourse qui font la une des journaux. Après une longue période de disette sur le marché des introductions en bourse, 2026 s’annonce comme une année majeure. SpaceX, la société d’Elon Musk, a fait son entrée en bourse en juin, réalisant la plus grande introduction en bourse de l’histoire. OpenAI et Anthropic, deux valeurs phares américaines du secteur de l’IA, devraient également entrer en bourse dans les mois à venir.

Pour les investisseurs à long terme, il est important de garder les pieds sur terre et de ne pas se laisser emporter par l’engouement médiatique. Historiquement, les introductions en bourse ont été bénéfiques pour les investisseurs institutionnels qui détenaient des actions avant leur mise en bourse. Mais pour les investisseurs particuliers, les performances à long terme sont bien plus mitigées. Ils sont souvent incapables de surpasser le rendement d’un indice de référence diversifié comme l’indice S&P 500.

Le retour de l’inflation

Du côté de l’économie, au Canada, l’inflation s’est accélérée pour atteindre son plus haut niveau depuis plus de deux ans, à 3,2 % en mai. Cette hausse est principalement due à la guerre en Iran et à la hausse des prix du pétrole qui en a résulté.

La Banque du Canada est actuellement confrontée à des signaux contradictoires : d’un côté, un ralentissement économique marqué par deux trimestres consécutifs de contraction du PIB ; de l’autre, la nécessité éventuelle de lutter contre l’inflation. Pour l’instant, le taux directeur de la banque centrale reste inchangé depuis le début de l’année à 2,25 % et le marché s’attend à ce qu’il n’y ait pas de modification des taux en 2026.

Aux États-Unis, l’inflation a quant à elle atteint 4,2 % en mai, son plus haut niveau depuis avril 2023 et bien au-dessus de l’objectif de la Réserve fédérale. Malgré cette nouvelle, la Fed a maintenu son taux des fonds fédéraux inchangé à 3,75 % lors de sa dernière réunion. L’économie américaine continue de défier les prévisions, avec une croissance annuelle de 2,7 % au premier trimestre. Les dépenses de consommation sont soutenues et le chômage reste faible, à 4,2 %.

De son côté, la Banque centrale européenne a relevé ses taux d’intérêt de 25 points de base en juin, les portant à 2,4 %, afin de contenir l’inflation, qui a atteint 3,2 % dans la zone euro en mai. Au Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre a maintenu son taux directeur inchangé à 3,75 %.

Rendements obligataires modestes

En ce qui concerne les statistiques de marché, les obligations canadiennes à court terme, qui constituent le cœur de nos portefeuilles obligataires, ont affiché un rendement modeste de 1,4 % depuis le début de l’année, tandis que l’indice Canadian Universe Bond, qui regroupe des obligations à plus longue échéance, a enregistré un rendement légèrement supérieur, à 2,1 %.

Au 30 juin, le rendement de l’obligation de référence à 10 ans du gouvernement du Canada était resté relativement inchangé depuis le début de l’année, à 3,37 % contre 3,45 % au 31 décembre 2025.

(Pour rappel, l’ensemble des statistiques de marché est disponible sur la page dédiée à notre équipe sur le site web de PWL Capital. Vous trouverez également ces données ainsi que les performances de nos portefeuilles modèles sur notre site Sujet Capital, dans la section « Ressources ».)

Les actions canadiennes ont le vent en poupe

Qu’en est-il des actions ? Au Canada, l’indice composé S&P/TSX a progressé de 11,2 % au premier semestre, principalement grâce aux secteurs de l’énergie et des services financiers, qui ont respectivement bondi de près de 25 % et 21 %. Ces deux secteurs ont un impact considérable sur le TSX, puisqu’ils en constituent les deux principales composantes — représentant ensemble plus de 50 % de l’indice. Sur les 12 derniers mois, l’indice composé S&P/TSX affiche une hausse spectaculaire de 32,9 %.

La surprise au Canada a été que, contrairement à d’autres marchés, notamment aux États-Unis, le secteur des technologies de l’information a connu des difficultés et n’a pas suivi le rythme de l’engouement pour l’IA. Le secteur a affiché une baisse de 8,5 % sur la période.

Les actions américaines et internationales ont le vent en poupe

Le marché américain affiche également une belle progression depuis le début de l’année, atteignant de nouveaux sommets historiques. Le S&P 500 et l’indice NASDAQ-100 ont bondi respectivement de 15,5 % et 21 % au cours du seul dernier trimestre.

Il est intéressant de noter que les actions sont en hausse malgré un premier semestre difficile pour les « Magnificent 7 », ces sept géants technologiques. Ces sept titres représentent environ un tiers du S&P 500. Pourtant, pris dans leur ensemble, ils affichent une baisse de 3,4 % depuis le début de l’année au 29 juin.

Autre surprise : malgré l’engouement pour l’IA, les actions « value » américaines ont surperformé les actions de croissance au cours des six et douze derniers mois.

Les actions des marchés développés internationaux, mesurées par l’indice MSCI EAFE, ont également connu un premier semestre solide, avec une hausse de près de 10 % en dollars canadiens. De leur côté, les marchés émergents ont enregistré une progression impressionnante de 28,4 % ; sur l’année écoulée, ils affichent une hausse de 49,9 %.

Ignorez le bruit ambiant, tenez-vous-en à votre plan

La grande leçon à retenir est que les marchés suivent rarement le scénario auquel s’attendent les investisseurs. Entre la guerre en Iran, la flambée des cours du pétrole, la hausse de l’inflation, l’essor de l’IA, la « SpaceX-mania » et le ralentissement des « Mag 7 », les raisons de s’inquiéter ne manquaient pas. Pourtant, le fait de maintenir le cap avec un portefeuille largement diversifié et un plan à long terme a généré des rendements solides.

Vérifiez si votre portefeuille correspond toujours à votre horizon temporel, à votre tolérance au risque et à votre capacité d’investissement. Vous devrez peut-être également rééquilibrer périodiquement vos allocations pour vous assurer de rester en ligne avec vos objectifs.

Nous ne pouvons pas prédire à quel point le second semestre 2026 sera mouvementé. Mais nous pouvons nous y préparer en faisant preuve de discipline et en nous appuyant sur des données concrètes.

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La folie des FNB : plus ne signifie pas forcément mieux

La folie des FNB : plus ne signifie pas forcément mieux

par James Parkyn - PWL Capital - Montréal

Vous souhaitez investir dans des entreprises susceptibles de tirer profit d’un contact avec des extraterrestres ? Il existe désormais un FNB dédié à ça.

Le Tuttle Capital UFO Disclosure FNB fait partie d’un nombre record de nouveaux fonds qui arrivent sur le marché, alors que les manufacturiers se livrent concurrence pour se tailler des niches toujours plus spécialisées.

Plus de 360 nouveaux FNB ont été lancés au Canada l’année dernière, tandis qu’aux États-Unis, ce chiffre dépassait les 1 150. Ce dernier chiffre représente plus de fonds négociés en bourse aux États-Unis qu’il n’en existait au total il y a 20 ans. Les États-Unis comptent désormais plus d’FNB que d’actions individuelles négociées.

Les fonds actifs dominent désormais

Ce n’est pas seulement le volume sans précédent des FNB qui se démarque. Ce sont aussi leurs positions et leurs stratégies.

Jusqu’à récemment, les FNB étaient synonymes d’investissement indiciel passif à faible coût. On les achetait si l’on souhaitait une exposition large au marché, des frais réduits, une efficacité fiscale et de la transparence.

Cela a changé. Près des deux tiers des nouveaux FNB dans les deux pays l’année dernière étaient gérés activement. Il y a désormais plus d’FNB gérés activement que d’FNB gérés passivement.

Et ça n'inclut même pas une vaste catégorie d'FNB qui, techniquement, relèvent de la gestion passive, mais sont principalement utilisés par des traders actifs. Il s'agit notamment des FNB à effet de levier, inversés, liés aux cryptos et sectoriels.

« Je n'ai pas besoin que les extraterrestres existent »

Certains des nouveaux FNB exploitent des modes ou des idées ésotériques afin de se démarquer et d'attirer les investisseurs. C'est le cas de l'FNB UFO Disclosure (symbole UFOD), qui investit dans des entreprises « bien placées pour tirer profit de la divulgation, de la confirmation ou de l'exploitation par le gouvernement » des « technologies avancées » des ovnis.

« Je n'ai pas besoin que les extraterrestres existent pour que ma thèse fonctionne, mais c'est bien plus amusant s'ils existent », a déclaré le gestionnaire de portefeuille Matthew Tuttle, cité par le Wall Street Journal. Le fonds prélève des frais annuels de 0,99 % et dispose d’un actif de 2 millions de dollars.

Un autre cas à part est le Nicholas Bitcoin and Treasuries AfterDark FNB. Celui-ci repose sur l’idée que le bitcoin surperforme en dehors des heures d’ouverture du marché américain. Il détient des bitcoins lorsque le marché est fermé, puis les convertit en bons du Trésor américain ou en liquidités à l’ouverture du marché.

Il prélève des frais annuels de 0,97 %.

Le ratio de frais de gestion moyen dépasse 0,65 %

Ces frais exorbitants, autrefois l’apanage des fonds communs de placement, deviennent désormais la norme parmi les FNB. Poussé à la hausse par les fonds actifs, le ratio de frais de gestion moyen des FNB canadiens dépasse désormais 0,65 %.

Ce chiffre est plusieurs fois supérieur à celui des FNB indiciels traditionnels, qui facturent généralement moins de 10 points de base pour les actions canadiennes et américaines.

Le danger est que les investisseurs voient « FNB » et supposent que le fonds a des frais peu élevés.

Le stock picking et le timing du marché ne fonctionnent pas

Il est également préoccupant de constater que l'afflux de nouveaux FNB complique la tâche des investisseurs à long terme et des conseillers financiers qui cherchent à choisir des outils d'investissement adaptés. Chez PWL, nous investissons dans les FNB depuis plus de 20 ans, les considérant comme des véhicules passifs à faible coût permettant d'obtenir une exposition largement diversifiée au marché. C'est grâce à notre adoption précoce de ces produits que nous avons acquis la réputation d'être « les spécialistes des FNB ».

Nous fondons notre stratégie sur des données solides démontrant que les investisseurs obtiennent des résultats médiocres lorsqu’ils tentent de sélectionner des actions ou d’anticiper les fluctuations du marché. Comme l’a dit Warren Buffett, « La seule utilité des prévisionnistes boursiers est de faire passer les voyants pour des experts. »

Personne ne sait quelles entreprises ou quels pays surperformeront. En fait, une étude a révélé que seulement 4 % des actions ont généré toute la création de richesse boursière supérieure à un investissement sans risque en bons du Trésor entre 1926 et 2023.

Comment nous assurer de détenir ces 4 % ? Détenir l’ensemble du marché — et diversifier à l’international — nous permet de gagner quoi qu’il arrive.

Le « bouillie des FNB »

Le tsunami de nouveaux FNB peut induire en erreur les investisseurs qui ne comprennent pas pleinement les risques liés à des produits de niche, complexes et aux frais élevés. Notre collègue Ben Felix les qualifie de « Bouillie des FNB » ou en anglais « ETF Slop ». Beaucoup semblent avoir été conçus dans une optique marketing pour collecter des actifs, sans mettre au premier plan l’intérêt à long terme des investisseurs.

Comme bon nombre de ces fonds sont très marginaux, ils ne parviennent souvent à collecter que quelques millions de dollars et finissent par fermer. Selon un rapport de Morningstar, un nombre record de 146 FNB actifs ont fermé ou fusionné aux États-Unis en 2025.

« La plupart des FNB disposaient d’une base d’actifs réduite. La gestion des fonds a un coût, et ceux qui ne parviennent pas à collecter suffisamment d’actifs risquent d’être liquidés ou absorbés par une fusion », explique Morningstar.

Un fonds actif américain sur cinq a surperformé ses pairs sur 10 ans

Ironiquement, alors que l’univers des FNB devient de plus en plus bruyant, les arguments en faveur d’une indexation à large spectre et à faible coût ne cessent de se renforcer. Deux nouveaux rapports viennent étayer ce message.

Le rapport « US Active/Passive Barometer » de Morningstar a révélé que seuls 38 % des fonds actifs américains ont survécu et surperformé leurs homologues passifs moyens en 2025. Les gestionnaires de fonds d’actions américaines ont affiché un taux de réussite de 37 %, tandis que les gestionnaires internationaux ont fait un peu mieux, avec 48 % d’entre eux surpassant leurs homologues passifs.

Parmi les gestionnaires obligataires, 40 % ont surpassé leurs homologues passifs, contre seulement 4 % des gestionnaires d’obligations d’entreprises.

97 % des fonds actifs canadiens ont sous-performé

À plus long terme, les gestionnaires actifs ont obtenu des résultats bien pires, avec seulement 21 % des fonds actifs américains ayant survécu et surpassé leurs homologues passifs sur 10 ans. Ce chiffre tombe à seulement 8,1 % pour les fonds d’actions américaines à grande capitalisation. Sur 20 ans, le taux est encore pire : à peine 6,4 % parmi les fonds actifs américains à grande capitalisation. Les frais plus élevés ont été un facteur important dans les mauvais résultats des fonds actifs.

Au Canada, 85,4 % des fonds actifs ont sous-performé leurs indices de référence en 2025, selon le SPIVA Canada Scorecard. Sur 10 ans, les résultats ont été encore pires : 97 % des fonds actifs ont été devancés par leur indice de référence.

4 enseignements à tirer de l’engouement pour les FNB

Que penser de cet engouement pour les FNB ? Voici nos quatre enseignements.

  1. Ne confondez pas innovation et amélioration.

  2. La simplicité l’emporte.

  3. Tenez-vous-en aux faits.

  4. Filtrez le bruit.

Les marchés sont comme un immense supermarché dont les rayons regorgent de malbouffe. Pour manger sainement, il faut faire les bons choix.

Alors que l’univers des FNB devient de plus en plus chaotique, les principes fondamentaux d’un investissement judicieux restent inchangés : des frais bas, une large diversification et une discipline à long terme sont payants.

Retrouvez plus de commentaires sur la finance personnelle et l’investissement, notre podcast, nos anciens articles de blog, nos livres électroniques, nos portefeuilles modèles et nos statistiques de marché sur le site web de l’équipe Parkyn-Doyon La Rochelle de PWL Capital et sur notre site web Sujet Capital.

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30 ans à mettre les clients d’abord chez PWL Capital

30 ans à mettre les clients d’abord chez PWL Capital

par James Parkyn - PWL Capital - Montréal

PWL Capital a vu le jour il y a 30 ans avec une vision claire. Mes deux associés et moi avions une idée qui, selon nous, pouvait transformer l’industrie de la gestion de patrimoine au Canada.

Nous voulions bâtir un nouveau type de compagnie de gestion de patrimoine — sans conflits d’intérêts et entièrement axée sur les clients.

PWL offrirait une gestion de patrimoine à honoraires, sans commissions ni produits maison. À l’époque, cette idée était loin d’être répandue. La grande majorité des gestionnaires de patrimoine étaient rémunérés par commissions. Ils se concentraient sur la vente des produits de leur firme, et leurs intérêts étaient souvent mal alignés avec ceux des clients.

Nous voulions également réunir la gestion de portefeuille et la planification financière sous un même toit. Nous créerions un véritable guichet unique pour aider les clients à atteindre leurs objectifs. C’était une idée novatrice d’envergure.

Des firmes de pointe aux États-Unis avaient déjà commencé à évoluer dans cette direction. C’était la voie de l’avenir. Mais personne d’autre au Canada n’avait encore adopté cette approche. La planification financière et une répartition d’actifs rigoureuse n’étaient souvent qu’un simple argument marketing.

Les investisseurs méritaient mieux

Mes associés Laurent Wermenlinger et Anthony Layton (le « W » et le « L » de « PWL ») et moi estimions que les investisseurs méritaient mieux. Nous voulions placer les clients au premier plan. Notre approche serait fondée sur les besoins des clients et un investissement discipliné à long terme.

PWL s’imposerait les plus hauts standards d’intégrité, d’objectivité et d’expertise. Sans conflits d’intérêts, nous pouvions être assis du même côté de la table que nos clients.

Cela se reflétait également dans notre façon de présenter nos rendements aux clients. Nous avons adopté les normes de l’Association for Investment Management and Research (aujourd’hui le CFA Institute). À l’époque, cela était pratiquement inexistant dans le secteur canadien de la gestion de patrimoine de détail.

Les clients pourraient facilement voir comment leurs placements évoluaient.

Une approche pionnière validée

Nous croyions qu’il existait une demande des investisseurs pour une telle nouvelle approche. Il s’est avéré que nous avions raison. PWL Capital gérait rapidement 7 millions de dollars d’actifs peu après l’ouverture de ses portes en 1996.

Notre approche pionnière était validée. Cela ne signifiait toutefois pas que tout était facile. Malgré nos débuts prometteurs, les premières années ont été difficiles et incertaines. Après avoir payé le loyer et les salaires, il ne restait pas assez pour nous rémunérer comme associés pendant plusieurs années.

PWL a connu une croissance rapide, mais les coûts aussi. Nous avions besoin de locaux plus grands. Nous devions embaucher davantage de personnel. Mais nous savions qu’il fallait investir dans notre entreprise, même si les retombées prendraient du temps. Nous devions créer de la valeur pour les clients et développer une culture interne d’entreprise. Chercher le succès trop rapidement comportait aussi ses risques.

Après quatre ans, nous avons atteint notre premier jalon de 100 millions de dollars d’actifs sous gestion. Nous avons franchi nos premières étapes d’expansion en 1997 avec un bureau à Ottawa, puis un autre à Toronto en 2003.

J’ai travaillé sans relâche durant ces premières années. Lorsque je voyageais au Canada et aux États-Unis pour assister à des conférences, je considérais ces déplacements comme mes « vacances ».

L’arrivée des FNB

Les marchés financiers ont aussi apporté leur lot de défis. L’éclatement de la bulle technologique de 2000 à 2002 a entraîné une baisse des actifs sous gestion. Mais cette expérience nous a également appris beaucoup. Pendant cette crise, nous avons constaté quelque chose qui allait orienter une nouvelle trajectoire pour PWL : les gestionnaires actifs n’avaient pas réussi à surperformer.

Cette prise de conscience nous a conduits à étudier et à investir dans les fonds négociés en bourse (FNB). Il s’agit de fonds à faibles frais, gérés passivement, qui reproduisent la composition de différents indices plutôt que d’essayer de les battre.

L’idée consistait à détenir l’ensemble du marché boursier par l’intermédiaire de FNB indiciels, qui possèdent toutes les actions d’un indice donné, comme l’indice composé S&P/TSX.

Même si les FNB sont aujourd’hui bien connus, peu d’investisseurs en avaient entendu parler à l’époque. Beaucoup ne comprenaient pas pourquoi nous les apprécions. Certains pensaient que c’était une forme d’abandon. D’autres comparaient la promotion de l’investissement passif par FNB à participer à la course de 5000 mètres aux Jeux olympiques avec un poids attaché à la cheville.

Les marchés fonctionnent

Mais les données démontraient que la sélection de titres et le « market timing » ressemblaient davantage à des jeux de hasard. Ce n’étaient pas des moyens fiables de profiter pleinement des rendements du marché. Nous avons donc adopté l’idée audacieuse selon laquelle les marchés fonctionnent. Notre objectif serait d’offrir les rendements que les marchés ont à offrir.

Dans le cadre de cette évolution, nous avons contribué à introduire au Canada Dimensional Fund Advisors et leurs fonds factoriels à faible coût. Dimensional nous a aussi aidés à affiner notre philosophie d’investissement passif et, surtout, à développer le message permettant de présenter cette nouvelle proposition de valeur aux clients. Dimensional est devenu un partenaire stratégique clé dans le développement de notre entreprise selon les meilleures pratiques mondiales du secteur.

Nous travaillons avec Dimensional depuis 2003, et ils excellent dans l’identification des découvertes académiques pouvant être mises en œuvre dans les produits que nous utilisons dans les portefeuilles de nos clients.

La discipline de Dimensional dans la gestion des portefeuilles fondée sur la recherche académique est un élément essentiel de notre approche « acheter, conserver et rééquilibrer ». Cette approche fondée sur les données probantes est au cœur de notre réussite et du rendement à long terme des portefeuilles de nos clients.

La valeur de la diversification

Une telle approche concorde également avec les recherches académiques démontrant la valeur de la diversification entre les catégories d’actifs et les pays. Les recherches montrent qu’un portefeuille bien diversifié composé d’actions et d’obligations réduit le risque et augmente les rendements.

Notre approche consistait à demeurer largement investis et diversifiés, peu importe les fluctuations à court terme d’un marché en particulier. De cette façon, nous étions certains de capter les rendements de l’ensemble du marché à long terme et de profiter des extraordinaires gains qu’il offrait.

Notre choix fondé sur les données probantes a été confirmé à maintes reprises par de nouvelles recherches académiques au fil des années. Une étude remarquable a révélé que seulement 4 % des actions étaient responsables de toute la création de richesse du marché boursier américain au-delà d’un placement sans risque en bons du Trésor entre 1926 et 2023.

La majorité des actions — 51,6 % pour être exact — ont en réalité généré des rendements composés négatifs. Autrement dit, un peu plus de la moitié des actions ont perdu de l’argent au cours de leur existence.

Des rendements extraordinaires ont un prix

Personne ne pouvait savoir à l’avance quelles entreprises feraient partie de ces 4 % gagnants. Détenir l’ensemble du marché était le seul moyen d’être certain de profiter de leurs gains. En procédant ainsi, il était possible d’obtenir des rendements extraordinaires.

Un dollar investi dans un portefeuille mondial diversifié d’actions en 1970 aurait atteint plus de 16 $ après inflation en 2024, selon une étude publiée l’an dernier par Raymond Kerzého, chercheur principal chez PWL Capital.

Nous reconnaissions toutefois que de tels rendements exceptionnels avaient un coût : la volatilité. C’était le prix d’entrée du succès en investissement. Comme Raymond l’a observé, la période depuis 1970 a connu six marchés baissiers (une baisse réelle de plus de 20 %). « Les investisseurs devraient conserver leur portefeuille et considérer les marchés baissiers comme une composante normale de l’investissement », a-t-il déclaré. « Ces périodes représentent le prix d’entrée pour faire partie du club des investisseurs prospères à long terme. »

La plupart des fonds actifs sous-performent

Les recherches sont également devenues de plus en plus claires concernant les fonds gérés activement. Les recherches académiques ont confirmé à répétition notre point de vue selon lequel la majorité des fonds actifs sous-performent les marchés. En 2025, le rapport annuel SPIVA a révélé qu’un impressionnant 89 % des fonds multi-capitalisations gérés activement avaient sous-performé l’indice composé S&P 500 au cours des 20 années précédentes.

Les données à long terme démontrent qu’une faible proportion d’actions génère la majeure partie de la création de richesse du marché boursier. Mais il n’existe aucun moyen de savoir à l’avance quelles compagnies seront les gagnantes.

Comme l’a déjà dit Warren Buffett : « Il est plus difficile qu’on ne le pense de prédire quelles entreprises seront gagnantes ou perdantes. Et ceux qui prétendent connaître la réponse sont généralement soit victimes d’illusions, soit des vendeurs d’huile de serpent. »

Soutenir la prospérité des clients

Mais notre entreprise ne se limitait pas à la gestion de portefeuilles. Nous voyions notre rôle de façon plus large : soutenir la prospérité globale et le bien-être de nos clients. Un portefeuille est un moyen d’atteindre une finalité plus importante — qu’il s’agisse de répondre aux besoins financiers d’un client, de soutenir des causes caritatives ou communautaires, ou encore de transmettre un héritage à la prochaine génération.

Notre première étape avec un nouveau client consiste à nous asseoir avec lui afin de comprendre ses objectifs globaux, sa capacité et sa tolérance au risque. Nous examinons tout, de la planification fiscale et successorale aux besoins en assurance et aux objectifs financiers. À partir de ces informations, nous élaborons un plan intégré comprenant tous les conseils fiscaux, successoraux et d’assurance nécessaires.

Ce processus nous permet de concevoir et de proposer une stratégie d’investissement alignée sur les objectifs de vie de nos clients. Cette stratégie comprend la détermination d’une répartition entre actions et obligations afin d’assurer un niveau de volatilité qui leur permet de dormir tranquille pendant les inévitables corrections boursières. La portion obligataire procure de la stabilité et une source de revenu lors des replis de marché, réduisant ainsi la nécessité de vendre des actions à des prix déprimés.

L’éducation des clients renforce la confiance

Notre approche comprend également le coaching comportemental des clients en matière d’investissement. Nous accordons une grande importance à l’éducation. Cela aide les clients à avoir confiance en leur stratégie et à maintenir la discipline nécessaire pour garder le cap malgré la volatilité des marchés, tout en faisant abstraction du bruit du moment.

Cette approche est elle aussi appuyée par les données. Une étude de la firme d’investissement Vanguard a révélé que les conseillers qui appliquent les meilleures pratiques en gestion de patrimoine peuvent ajouter jusqu’à 3 % ou plus de rendement net annuel pour les clients. Cette valeur ajoutée se multiplie de façon significative sur plusieurs années.

L’une des contributions les plus importantes d’un conseiller, selon cette étude, est l’accompagnement des investisseurs. Lors des fluctuations de marché, la peur et l’euphorie peuvent pousser les investisseurs à prendre des décisions impulsives qui compromettent leurs plans. Un conseiller compétent et expérimenté peut aider les clients à garder le cap lorsque les marchés chutent et à éviter l’excès de confiance lorsqu’ils montent.

Une croissance rapide pour PWL

Notre approche a fortement trouvé écho auprès des investisseurs, et PWL a connu une croissance rapide. En 2007, nous gérions 600 millions de dollars d’actifs — presque le double du montant de 2003. Puis la crise financière de 2007-2009 est survenue, frappant durement tant les investisseurs que la firme. Les actifs ont diminué à 460 millions de dollars.

Nous avons resserré nos dépenses et réduit les rémunérations, ne voulant congédier aucun membre de notre équipe. Nos employés sont comme une famille. Nous sommes extrêmement fiers de voir combien d’entre eux ont bâti des carrières enrichissantes, fondé une famille et acheté une maison. Ils sont aussi indispensables à notre travail — sans eux, nous ne pouvons servir nos clients. Nous sommes très reconnaissants d’avoir pu éviter les mises à pied et traverser cette période ensemble.

D’une certaine façon, nous mettions notre propre philosophie en pratique — demeurer concentrés sur le long terme et traverser la volatilité des marchés avec discipline. Nous savions que les marchés se rétabliraient et que nos solides fondations nous positionnaient favorablement pour l’avenir.

Deux nouvelles raisons de sourire

Il y avait aussi de bonnes nouvelles. Je suis devenu père de jumeaux. Je n’aurais pas pu être plus fier, plus enthousiaste ou plus optimiste. La paternité a insufflé à mon travail une nouvelle énergie positive et beaucoup d’espoir.

Durant les crises financières, les gestionnaires de portefeuille passent généralement plus de temps à parler des marchés avec les clients. Nous devons expliquer la logique derrière leur portefeuille et les rassurer quant aux avantages de respecter leur stratégie à long terme.

La crise financière nous a également rappelé l’importance de l’éducation des clients. Nous avons décidé d’étendre cette mission au grand public. Nous avons constaté un besoin évident de conseils impartiaux fondés sur les données probantes au milieu d’un flot de mauvais conseils, de prévisions peu fiables et d’un stress généralisé chez les investisseurs.

Aider les investisseurs à garder le cap

Au début des années 2010, nos gestionnaires de portefeuille Justin Bender et Dan Bortolotti ont commencé à rédiger des blogs destinés aux investisseurs. Ils ont ensuite été rejoints par Cameron Passmore et Ben Felix avec le balado Rational Reminder. Ce dernier est devenu l’une des plateformes d’éducation financière les plus reconnues au Canada ainsi que l’un des balados sur l’investissement ayant connu le plus grand succès international. Ben Felix publie également une chaîne YouTube très suivie.

Mon partenaire François Doyon La Rochelle et moi avons également contribué, à plus petite échelle, avec notre balado « Sujet Capital » (« Capital Topics » en anglais), lancé durant la pandémie. J’ai aussi lancé mon propre blogue en 2021.

Notre contenu a rejoint des millions de Canadiens, positionné PWL comme un leader de l’industrie et aidé les investisseurs à naviguer dans les complexités de l’investissement et les turbulences des marchés. Plusieurs membres de l’équipe PWL ont choisi de faire carrière chez nous après avoir découvert notre contenu.

Les conseils que l’on partage sur les réseaux sociaux reflètent l’accompagnement que nous offrons à nos clients. Nous sommes fiers de nos efforts pour aider les investisseurs à garder le cap et à maintenir une vision disciplinée à long terme. Ceux qui ont réussi à conserver leurs placements pendant les ventes massives ont ensuite bénéficié de rendements extraordinaires.

Nos valeurs nous distinguent

Une étude, dont nous avons parlé dans notre blogue Sujet Capital, a révélé que les investisseurs qui avaient conservé une répartition 50/50 entre actions et obligations pendant la crise financière avaient obtenu un rendement de 209 % en 2024 — comparativement à une perte de 16 % pour ceux qui étaient passés entièrement en liquidités.

Pour citer à nouveau Warren Buffett : « Au XXe siècle, les États-Unis ont traversé deux guerres mondiales et d’autres conflits militaires traumatisants et coûteux; la Grande Dépression; une douzaine de récessions et paniques financières; des chocs pétroliers; une épidémie de grippe; ainsi que la démission d’un président discrédité. Pourtant, le Dow est passé de 66 à 11 497. »

Au fil des années, PWL a aussi redonné à la communauté de différentes façons. Nous soutenons de nombreux organismes de bienfaisance, notamment Centraide, des fondations universitaires et hospitalières ainsi que d’autres organismes caritatifs méritants. Nous croyons que ce sont nos valeurs qui nous distinguent.

La différence PWL

Je ne pourrais être plus reconnaissant ni plus touché lorsque des clients nous disent apprécier la différence PWL. Nous voyons la preuve dans nos résultats. En 2014, nous avons atteint notre premier milliard de dollars d’actifs sous gestion.

En 2016, nous avons renforcé l’engagement de PWL envers les plus hauts standards en obtenant la certification du Centre for Fiduciary Excellence, un organisme indépendant qui promeut les meilleures pratiques dans l’industrie du placement.

Les actifs sous gestion ont atteint 2,5 milliards de dollars en 2017 puis 5,5 milliards en 2025. Cette même année, le Globe and Mail a rapporté que PWL figurait parmi les sociétés de gestion de patrimoine connaissant la croissance la plus rapide au Canada. La croissance moyenne avait été de 17 % par année au cours de la décennie précédente, comparativement à une moyenne de moins de 10 % pour l’industrie.

8 milliards d’actifs — partenariat avec OneDigital

Il est également gratifiant de voir l’industrie de l’investissement adopter notre approche. En 2025, nous avons franchi une étape importante en nous associant à OneDigital, basée à Atlanta. Selon cette entente, PWL Capital demeure une entité autonome disposant de ressources pour accélérer sa croissance. Ensemble, nous bâtissons une firme ayant une portée plus vaste, une expertise plus approfondie et une plateforme plus importante, tout en restant fidèles aux principes qui ont fait notre succès.

Dans la continuité de cette évolution, nous avons procédé en février à une nouvelle image de marque sous le nom de PWL Capital, une entreprise OneDigital.

Les actifs sous gestion s’élèvent aujourd’hui à 8 milliards de dollars.

D’une jeune pousse à un leader de l’industrie — merci!

Alors que nous célébrons le 30e anniversaire de PWL Capital en 2026, je suis extrêmement fier de notre histoire exceptionnelle, de nos valeurs et de notre mission visant à transformer le monde de l’investissement pour les clients en leur offrant des conseils financiers disciplinés et fondés sur les données probantes auxquels ils peuvent faire confiance. Je crois profondément aux valeurs et à la mission de la firme.

Nous sommes passés d’une jeune firme-conseil boutique à l’une des principales compagnies canadiennes de gestion de patrimoine fondée sur les données probantes. Je suis très reconnaissant envers nos partenaires de OneDigital, notre équipe extrêmement talentueuse, mon partenaire François Doyon La Rochelle, ainsi que nos chers clients qui croient en nous et ont contribué à alimenter notre croissance remarquable. Un immense merci pour vos précieuses contributions et pour avoir partagé notre vision.

Je suis enthousiaste à l’idée des prochains chapitres de PWL et de ce que nous accomplirons ensemble. Nous souhaitons à nos clients, à notre équipe et à nos partenaires bonheur, santé et succès dans leurs projets.

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La notion de valeur a évolué. La diversification reste essentielle.

La notion de valeur a évolué. La diversification reste essentielle.

par James Parkyn - PWL Capital - Montréal

Les investisseurs ont du mal à donner un sens à l’actualité. Il est difficile d’ignorer ces nouvelles : guerre au Moyen-Orient, prix des carburants, agitation politique. Lorsque l’incertitude grandit, il est naturel de ressentir le besoin d’agir.

Mais l’histoire nous offre un rappel utile : le plus grand risque pour les investisseurs n’est souvent pas le marché lui-même, mais la manière dont nous y réagissons. Le défi consiste à garder les pieds sur terre alors que tout autour de nous semble instable.

C’est là que la stratégie prend toute son importance. Un portefeuille bien construit n’est pas conçu que pour un seul scénario : il est conçu pour s’adapter à de nombreux résultats possibles. L’un des moyens les plus efficaces d’y parvenir est la diversification, c’est-à-dire l’exposition à différents marchés, y compris ceux qui ne sont peut-être pas en faveur aujourd’hui.

La prime de valeur

Comme l’a dit le grand penseur en matière d’investissement Peter Bernstein : « Je considère la diversification non seulement comme une stratégie de survie, mais aussi comme une stratégie offensive, car la prochaine aubaine pourrait venir d’un endroit inattendu. Je veux m’assurer d’y être exposé. Quelqu’un a dit un jour que si l’on est à l’aise avec tout ce que l’on possède, c’est qu’on n’est pas diversifié. »

L’un des principaux moyens d’accroître la diversification consiste à orienter son portefeuille vers les actions de valeur. Les actions de valeur sont celles de sociétés cotées à des prix relativement bas par rapport à leurs fondamentaux, tels que les bénéfices ou la valeur comptable. Il s’agit souvent d’entreprises matures, parfois délaissées, ou simplement moins attrayantes que leurs homologues à forte croissance.

Historiquement, les actions de valeur ont généré des rendements supérieurs à ceux des actions de croissance. Sur le marché américain des grandes capitalisations, les actions de valeur ont surpassé les sociétés de croissance de 2,16 % par an, selon les données de 1926 à 2014. C'est ce que nous appelons la « prime de valeur ».

L'efficacité du marché est-elle en train de s'éroder ?

Malgré ces données, les partisans de la gestion active n'ont pas baissé les bras. Ils avancent désormais un nouvel argument intéressant, affirmant que ces sorties nettes pourraient en réalité aider les sélectionneurs de titres.

« Le raisonnement est le suivant », écrit Swedroe à propos de ces affirmations. « À mesure que de plus en plus d’investisseurs délaissent la gestion active au profit des fonds indiciels passifs, la découverte des prix se détériorera, les marchés deviendront moins efficaces et les opportunités pour les sélectionneurs de titres chevronnés se multiplieront…

« Il n’y a qu’un seul problème : la réalité refuse de coopérer. »

Swedroe a fait remarquer que si cette thèse était correcte, la sortie constante de fonds quittant la gestion active aurait dû conduire à une amélioration des performances par rapport aux indices de référence. « Au lieu de cela, nous avons constaté le contraire », a-t-il déclaré.

Disparue, puis revenue

Mais cette prime n'a pas été constante. De janvier 2015 à décembre 2024, les titres de valeur ont nettement sous-performé les titres de croissance. La prime au cours de cette période était de -11,6 % par an. Cela a déclenché un débat sur la question de savoir si la prime de valeur avait disparu.

Puis, lors des récentes turbulences sur les marchés, la situation s’est à nouveau inversée. Les actions de valeur a commencé à surperformer fortement. Au 5 avril, l’indice Russell 1000 U.S. Value affichait une hausse de 2,4 % sur l’année, devançant largement la perte de 9,1 % de l’indice Russell 1000 U.S. Growth, selon le Wall Street Journal. Dans le même temps, l’indice S&P 500 reculait de 3,8 %, enregistrant son pire trimestre depuis près de quatre ans.

La prime de valeur est-elle de retour ? Ou devons-nous revoir notre conception des actions de valeur ?

Toutes les entreprises bon marché ne se valent pas

De nouvelles recherches semblent le confirmer. L'investissement « value » a traditionnellement consisté à acheter ce qui était bon marché. Mais dans un article de référence publié en 2013, Robert Novy-Marx, éminent professeur de finance à la Simon Business School à l’université de Rochester, a démontré que toutes les entreprises bon marché ne se valent pas. Certaines le sont parce que leurs fondamentaux sont faibles, tandis que d'autres le sont malgré leur solidité.

Novy-Marx a constaté que les entreprises présentant une rentabilité plus élevée ont tendance à générer des rendements plus élevés, même lorsqu’elles ne sont pas « bon marché ». En d’autres termes, le prix à lui seul ne définit pas la valeur. La rentabilité est également importante.

Novy-Marx a actualisé ses conclusions dans un article important coécrit avec Mamdouh Medhat, de Dimensional Fund Advisors, en octobre 2025. Ils ont constaté que les entreprises de croissance affichaient des bénéfices supérieurs à leur moyenne historique.

Dans le même temps, les actions de valeur traditionnelles sont restées dans la norme historique en termes de rentabilité. Il ne s’agissait pas de dire que la valeur avait cessé de fonctionner. C’était plutôt que la rentabilité était devenue le principal moteur des rendements.

Valorisation et rentabilité : deux facteurs importants

Cela a conduit à la conclusion que la meilleure façon de capter la prime de valeur est de prendre en compte à la fois la valorisation et la rentabilité. Les données montrent que les entreprises plus rentables devraient générer des rendements plus élevés, même si elles sont chères, tandis que les entreprises bon marché pourraient ne pas le faire si elles ne sont pas rentables. Les meilleures opportunités du côté des titres de valeur sont les actions à prix raisonnable et à forte rentabilité.

Comme l’a déclaré Novy-Marx dans son article de 2013, « Les gestionnaires de portefeuille devraient examiner attentivement l’exposition de leurs portefeuilles à la rentabilité, car il s’agit d’un moteur clé des rendements dans de multiples classes d’actifs. »

La rigueur de Dimensional en matière de gestion de portefeuilles fondée sur la science a conduit l’entreprise à intégrer la rentabilité dans la gestion de ses fonds d’actions.

Dimensional excelle dans l’identification des résultats de recherche pouvant être mis en œuvre dans les produits que nous utilisons dans les portefeuilles de nos clients. C’est pourquoi nous travaillons avec eux depuis 2003.

Les multiples facettes de la diversification

D'autres formes de diversification restent bien sûr importantes elles aussi. Par exemple, les actions américaines ont largement surperformé leurs homologues canadiennes et internationales pendant plus d'une décennie après la fin de la crise financière en 2009. Pourtant, les actions canadiennes et internationales ont renversé la tendance en 2025, offrant aux investisseurs des gains exceptionnels.

Il est également essentiel de se diversifier largement au sein d’une même classe d’actifs. Comme l’a démontré l’économiste Hendrik Bessembinder dans un article phare, seules 4 % des entreprises ont généré la totalité de la création de richesse sur le marché boursier américain au-delà d’un investissement sans risque en bons du Trésor entre 1926 et 2023. La majorité des actions — 51,6 % — ont en réalité affiché des rendements composés négatifs au cours de cette période.

La diversification entre actions et obligations réduit également le risque. Ces deux classes d'actifs ont tendance à présenter une corrélation négative en période de crise, les obligations offrant un amortisseur lorsque les actions s'effondrent.

Un repas gratuit

Quel que soit le marché, la clé d'un investissement réussi reste la diversification. Elle permet aux investisseurs soit d'obtenir le même rendement avec moins de risque, soit un rendement plus élevé pour un risque identique.

C'est pourquoi on la décrit souvent comme un « repas gratuit » — peut-être le seul repas gratuit en finance.

L’un des principaux avantages de la diversification est la tranquillité d’esprit. Savoir que nos investissements sont bien diversifiés permet de mieux ignorer les nouvelles alarmistes et de rester concentré sur les gains à long terme.

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