Économie mondiale & marchés des capitaux

L'investissement à long terme s'est avéré très profitable : 126 ans de données

L'investissement à long terme s'est avéré très profitable : 126 ans de données

par James Parkyn - PWL Capital - Montréal

Que peuvent nous apprendre 126 ans d'histoire des marchés sur l'investissement ? Énormément de choses, selon l'Annuaire 2026 d'UBS sur les rendements mondiaux des investissements.

Les actions ont généreusement récompensé les investisseurs sur le long terme, mais l'obtention de ces rendements a nécessité d’endurer des risques importants en cours de route. C'est l'un des principaux enseignements qui se dégagent des 126 ans de données présentées dans l'annuaire d'UBS.

Ce rapport, qui en est désormais à sa 27e édition, est une lecture incontournable pour interpréter les marchés à la lumière de l'histoire.

Il est publié par la banque suisse UBS en collaboration avec Paul Marsh et Mike Staunton, professeurs à la London Business School, ainsi qu’avec Elroy Dimson, de l’université de Cambridge, qui ont participé à l’ensemble des 27 éditions.

Une vision à long terme

Nous traitons de cet annuaire depuis cinq ans dans notre blog et notre podcast, car sa vision à long terme permet de replacer les événements actuels des marchés financiers dans un contexte historique utile. Cela correspond parfaitement à notre approche d’investissement chez PWL.

Beaucoup de gens considèrent que le long terme s’étend sur 10 à 20 ans. L’annuaire montre que nous devrions envisager un horizon temporel encore plus long lorsque nous prenons des décisions d’investissement.

« Des périodes bien plus longues sont nécessaires pour comprendre le risque et le rendement des actions et des obligations, car les marchés sont extrêmement volatils », note l’annuaire.

Un gain multiplié par 3 296 pour les actions américaines

Quelles sont les conclusions du dernier annuaire ? Depuis 1900, les actions américaines ont enregistré des rendements annualisés de 9,8 %, contre 4,6 % pour les obligations, 3,4 % pour les bons du Trésor et un taux d’inflation de 2,9 %. Les rendements annualisés réels, nets d’inflation, s’élevaient à 6,9 % pour les actions américaines, contre 1,7 % pour les obligations et 0,5 % pour les bons du Trésor.

Un dollar investi dans des actions américaines en 1900, avec réinvestissement des dividendes, aurait vu son pouvoir d’achat multiplié par 3 296 (après inflation). Ce rendement remarquable illustre le pouvoir magique des intérêts composés.

Le même montant investi en obligations aurait été multiplié par 7,4, tandis qu’un investissement en bons du Trésor aurait été multiplié par 1,8.

Le risque a porté ses fruits

« Sur le long terme, la loi du risque et du rendement s’est donc vérifiée, les actifs les plus risqués offrant le rendement le plus élevé et les bons du Trésor sans risque offrant le rendement le plus faible », conclut l’annuaire.

« Au cours des 126 dernières années, les actions ont surperformé les obligations, les bons du Trésor et l’inflation dans tous les pays. Elles ont dominé les obligations, qui sont un peu moins risquées, tandis que les obligations ont surperformé les bons du Trésor. »

Les rendements boursiers réels ont été positifs dans les 21 pays pour lesquels on dispose de données remontant à 1900. Les gains ont varié entre 3 % et 6,9 %, avec un rendement réel de 4,5 % pour l’indice « World ex U.S. » en dollars américains. Cela se traduit par une multiplication par 249 du pouvoir d’achat depuis 1900.

Les rendements ont été les plus élevés dans les pays industrialisés et riches en ressources, tandis que les marchés les moins performants ont été ceux touchés par des guerres et les bouleversements économiques qui en ont résulté.

Le Canada a affiché la plus faible volatilité

La volatilité a été le prix à payer pour ces gains boursiers. Au cours des 126 années étudiées, six années ont enregistré des rendements annuels des actions américaines inférieurs à -40 %. À l’inverse, six années ont affiché des gains supérieurs à 40 %.

Parmi les 21 pays disposant de données fiables remontant à 1900, le Canada présentait le marché le moins risqué en termes de rendements boursiers réels, avec un écart-type de 16,7 %. Venaient ensuite l’Australie (17,2 %), la Nouvelle-Zélande (19,0 %), la Suisse (19,1 %), le Royaume-Uni (19,3 %) et les États-Unis (19,8 %).

L’écart-type moyen pour les 21 pays s’élevait à 23,4 %. L’annuaire présente un indice mondial des actions basé sur la capitalisation boursière de chaque pays, dont l’écart-type était de 17,3 %. Cela démontre l’efficacité de la diversification mondiale pour réduire le risque.

Les marchés émergents ont été plus volatils que les marchés développés, mais l'écart s'est réduit au cours des 25 dernières années. La volatilité des premiers a diminué, ramenant la différence d’écart-type par rapport aux marchés développés à moins de 5 % à la fin de 2025.

Une volatilité moindre pour les obligations et les bons du Trésor

En ce qui concerne les obligations, la volatilité a été nettement plus faible. Les rendements réels des obligations ont affiché un écart-type moyen de 13,1 % depuis 1900, contre 23,0 % pour les actions et 7,5 % pour les bons du Trésor. (Ces chiffres excluent l’Autriche.)

Dans le même temps, les obligations ont connu de longues périodes de rendements très faibles ou très élevés. Les rendements élevés et la volatilité récente du marché obligataire reflètent un âge d’or des taux d’intérêt bas qui a fait grimper les cours des obligations et qui a pris fin en 2022 avec le retour de l’inflation. Il n’était pas pertinent d’extrapoler ces rendements dans l’avenir, comme le souligne l’annuaire : les rendements réels des obligations américaines et britanniques se sont établis respectivement à -31 % et -39 % entre 2022 et 2025.

Notre page consacrée aux statistiques de marché montre l’impact de l’inflation sur les rendements obligataires. Au Canada, celle-ci a dépassé les rendements obligataires au cours des dix dernières années.

Impact limité de la géopolitique

Le risque géopolitique est au cœur des préoccupations dans le contexte actuel marqué par les droits de douane, les guerres et les perturbations de l’approvisionnement mondial en pétrole. L’annuaire adopte une vision optimiste quant aux répercussions de ces risques.

« Ces événements sont relativement rares », indique le rapport. « La plupart du temps, les investisseurs auraient raison de « ne pas se laisser perturber » par le bruit géopolitique. Cependant, cela nécessite de faire preuve de discernement pour distinguer le signal du bruit. »

En effet, l’annuaire a constaté que les guerres ont été bien moins préjudiciables aux actions mondiales que les quatre grands marchés baissiers survenus en temps de paix.

« Ces marchés baissiers ont représenté la concrétisation d’un risque économique à la baisse. Trois d’entre eux ont été déclenchés par des facteurs économiques, tandis que le quatrième, le krach boursier de 1973-1974, a été provoqué par des facteurs géopolitiques, mais s’est traduit par une crise économique. »

Il faut s’attendre à des rendements futurs plus faibles

Qu’en est-il de l’avenir ? Dans notre blog et notre podcast Sujet Capital, nous avons récemment souligné que les gains exceptionnels enregistrés sur les actions ces dernières années ont peu de chances de perdurer. L’annuaire est parvenu à une conclusion similaire.

« Les investisseurs mondiaux peuvent s’attendre à une prime des actions (par rapport aux bons du Trésor) d’environ 3,5 %. La prime de risque moyenne arithmétique correspondante serait d’environ 5 % », indique UBS.

« Notre estimation est inférieure à la prime historique à long terme et bien inférieure à celle observée au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Certains ouvrages sur l’investissement citent encore des chiffres aussi élevés que 7 % pour la moyenne géométrique et 9 % pour la moyenne arithmétique. Nous pensons que les investisseurs qui se fient à de tels chiffres risquent d’être déçus. »

Notre hypothèse actuelle de moyenne géométrique pour un portefeuille mondial pondéré en fonction de la capitalisation boursière et présentant un biais en faveur du Canada, son pays d’origine, est de 6,92 %, et celle pour les liquidités est de 2,88 %, ce qui porte notre hypothèse de prime des actions par rapport aux bons du Trésor à 3,93 %, contre 3,5 % selon la figure de Dimson, Marsh et Staunton.

Diversifiez et pensez à long terme

La leçon à tirer de tout cela est que la diversification entre les actions, les marchés et les classes d’actifs n’élimine pas le risque, mais qu’elle peut conduire à de meilleurs rendements ajustés au risque sur le long terme.

Tenez compte de vos objectifs à long terme, de votre profil de risque, de votre capacité à prendre des risques et de votre horizon temporel lorsque vous constituez votre portefeuille. Gardez à l’esprit qu’à court terme, même les décisions d’investissement les plus judicieuses peuvent entraîner des pertes temporaires.

Mais en surmontant la volatilité et en restant fidèle à votre plan d’investissement, vous pouvez réaliser des gains remarquables.

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La forte hausse des marchés pourrait ne pas durer

La forte hausse des marchés pourrait ne pas durer

par James Parkyn - PWL Capital - Montréal

Les investisseurs ont bénéficié de plusieurs années de rendements exceptionnels. Au 30 juin 2026, l’indice boursier total canadien avait bondi de 23,5 % par an au cours des trois dernières années. L’indice boursier total américain a quant à lui progressé de 23,2 %.

Ces chiffres impressionnants peuvent-ils perdurer ? Deux fois par an, chez PWL, nous nous efforçons d’anticiper les rendements boursiers pour les 30 prochaines années. Nous ne le faisons pas pour établir des prévisions : personne ne peut prédire l’avenir.

Il s’agit plutôt de rendements espérés que nous estimons afin de les intégrer à notre logiciel de planification financière lorsque nous établissons des projections de retraite à long terme pour nos clients. Nous obtenons ces chiffres en combinant 125 ans de données historiques avec des estimations pour l’avenir basées sur les valorisations et les conditions économiques actuelles.

Raymond Kerzérho, chercheur senior chez PWL, s’est joint à nous dans notre podcast « Sujet Capital » pour passer en revue les derniers chiffres.

Principale conclusion de l’équipe de recherche de PWL : les gains boursiers exceptionnels observés récemment ont peu de chances de se poursuivre. « Nous devons nous réjouir des excellents rendements récents, mais il est peu probable qu’ils se reproduisent dans la même mesure à l’avenir », explique Raymond.

« Des rendements récents élevés n’impliquent pas nécessairement des rendements futurs tout aussi élevés. »

Inflation et logement

Nos prévisions en matière d’inflation restent inchangées par rapport à l’année dernière, avec une moyenne de 2,5 % par an au cours des 30 prochaines années.

Nous formulons également une prévision concernant les résidences principales, qui reste elle aussi inchangée : une plus-value annuelle espérée de 1 % après inflation (hors frais d’entretien et taxes foncières).

Obligations

Nous formulons deux estimations concernant les obligations. Il s’agit de prévisions nominales (avant inflation) et avant frais, mais incluant les ratios de frais de gestion des produits.

  • Nous prévoyons des rendements annuels de 3,07 % sur les obligations à court terme au cours des 30 prochaines années. Ce chiffre est en hausse par rapport à la projection de l’année dernière, qui tablait sur des gains espérés de 3,01 %.

  • Les projections pour l’univers obligataire canadien, qui comprend les obligations à long terme, sont en hausse d’environ le même nombre de points de base, passant de 3,53 % à 3,58 %.

Actions

En revanche, les prévisions de gains sur les actions ont baissé.

  • En ce qui concerne les actions canadiennes, nous prévoyons des rendements annuels de 6,87 % au cours des trois prochaines décennies. Cela représente une baisse de 14 points de base par rapport à la prévision de l’année dernière, qui était de 7,01 %.

  • Nous prévoyons que les actions américaines afficheront un rendement annuel de 6,44 %, ce qui est également en baisse par rapport à notre prévision de 6,48 % établie l’année dernière.

  • Le changement le plus important concerne les actions internationales. Nous prévoyons des rendements annuels de 7,04 % au cours des 30 prochaines années. Ce chiffre est en baisse de 24 points de base par rapport aux 7,28 % que nous avions prévus l’année dernière.

  • En revanche, un portefeuille composé à 60 % d’actions et à 40 % d’obligations reste pratiquement inchangé par rapport à l’année dernière. Nous prévoyons un rendement annuel de 5,73 %, en baisse par rapport aux 5,76 % précédents.

Les gains récents ont entraîné des révisions

Les actions ont fait l’objet de révisions à la baisse après leur excellente performance au cours de l’année écoulée. Ce sont notamment les actions internationales qui ont enregistré la plus forte baisse.

Cela s’explique par le fait que les actions internationales ont affiché les rendements les plus spectaculaires parmi les classes d’actifs actions. Les grandes et moyennes capitalisations des marchés émergents, par exemple, ont généré un rendement de 49,9 % au cours des 12 mois clos en juin 2026. (Consultez les statistiques complètes du marché sur le site web de l’équipe Parkyn-Doyon de PWL Capital à La Rochelle.)

Il convient également de noter que les rendements espérés des actions canadiennes et internationales restent supérieurs à ceux des actions américaines. Cela s’explique par le fait que les actions américaines se négocient actuellement à des valorisations plus élevées. En d’autres termes, les investisseurs paient plus cher chaque dollar de bénéfice généré par les entreprises américaines.

Toutes choses égales par ailleurs, plus les investisseurs paient cher aujourd’hui pour un niveau de bénéfices donné, plus le rendement auquel ils peuvent s’attendre à l’avenir sera faible.

Comment nos prévisions se situent-elles par rapport à celles d’autres sociétés ? Comparées à celles de BlackRock, Vanguard et AQR, « nos estimations sont plus optimistes d’au moins un demi-point de pourcentage », précise Raymond.

La répartition 60-40 reste-t-elle une bonne option ?

Certains lecteurs pourraient s’interroger sur l’intérêt d’inclure des obligations dans leur portefeuille, compte tenu des faibles prévisions de rendement de ces dernières. Une fois l’inflation et les impôts pris en compte, les rendements pourraient en effet s’avérer négatifs.

Les obligations ont en effet été au cœur du débat sur les portefeuilles équilibrés, tels que la répartition classique recommandée de 60 % des actifs en actions et 40 % en obligations.

Il n’existe pas de répartition idéale unique qui convienne à tout le monde, comme l’a souligné le gestionnaire d’actifs Ben Carlson. La répartition idéale dépend de votre horizon temporel, de votre capacité à prendre des risques et de votre tolérance à la volatilité.

Les obligations de haute qualité peuvent contribuer à amortir les pertes du portefeuille lorsque des corrections inévitables surviennent sur les marchés boursiers. « Cet effet d’amortissement peut donner aux investisseurs la confiance nécessaire pour conserver leurs placements pendant les périodes difficiles, plutôt que de vendre leurs actions après une forte baisse », explique Raymond.

Cela dit, il est utile de prendre en compte les rendements espérés au moment de déterminer la répartition adéquate.

Les rendements réels ont dépassé les attentes

Comment les rendements réels du marché se comparent-ils aux rendements espérés ces dernières années ? Les données relatives à nos portefeuilles modèles au 30 juin 2026 montrent que les rendements composés ont été nettement supérieurs aux rendements espérés.

Je vais mettre en avant les rendements correspondant aux répartitions les plus courantes de nos clients. (Ces chiffres s’entendent hors frais PWL, mais incluent le coût des produits d’investissement.)

  • Un portefeuille 60-40 a enregistré un rendement annuel de 8,45 % sur 10 ans et de 7,12 % sur 20 ans. Si vous aviez investi 100 000 $, votre capital aurait atteint 225 000 $ au bout d’une décennie et 396 000 $ au bout de deux décennies.

  • Une répartition plus audacieuse de 70-30 a généré un rendement annuel de 9,62 % sur 10 ans et de 7,79 % sur 20 ans. Un investissement de 100 000 $ aurait atteint 251 000 $ au bout de 10 ans et 448 000 $ au bout de 20 ans.

  • Une répartition 80-20 a généré un rendement de 10,78 % sur 10 ans et de 8,46 % sur 20 ans. Un investissement de 100 000 $ aurait atteint 278 000 $ au bout de 10 ans et 507 000 $ au bout de 20 ans.

Maintenir le cap

Que peut-on retenir de tous ces chiffres ? Je pense qu’il y a trois points à retenir.

  1. Maintenir le cap permet d’obtenir les meilleurs résultats à long terme. Malgré la crise financière mondiale, la pandémie et le retour d’une forte inflation, les actions ont généré des rendements bien supérieurs aux moyennes à long terme.

  2. Les investisseurs devraient tenir compte des rendements espérés estimés lorsqu’ils déterminent la répartition entre actions et obligations. L’avenir pourrait être différent du passé récent. Les rendements obligataires récents ont été inférieurs aux attentes, tandis que les rendements obligataires futurs estimés ne dépassent que de justesse l’inflation.

  3. Réévaluez votre capacité et votre tolérance au risque à la lumière des gains importants enregistrés récemment. Soyez réaliste quant à votre véritable tolérance à la volatilité à la baisse. Cela vous aidera à définir la bonne répartition d’actifs pour vos investissements.

 

Les investisseurs prudents savent que les rendements élevés enregistrés par le passé ne garantissent en rien les rendements futurs. Les marchés baissiers sont un phénomène rare mais inévitable dans le domaine de l’investissement. Ce ne sont pas des dysfonctionnements du système ; ils font partie intégrante du système.

Garder cela à l’esprit et se préparer avec un plan d’investissement bien conçu vous aidera à rester discipliné et à rester sur le marché lorsque les choses se compliqueront. Comme nous l’avons constaté au cours des 20 dernières années, c’est la meilleure façon de garantir une expérience d’investissement réussie.

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Bilan de mi-année 2026

Bilan de mi-année 2026

par James Parkyn - PWL Capital - Montréal

Nous sommes arrivés à mi-parcours de l’année 2026 et, comme à l’accoutumée à cette période de l’année, nous prenons un peu de recul pour analyser les facteurs qui ont influencé les marchés mondiaux au cours des six derniers mois.

Si je devais résumer le premier semestre 2026 en un mot, ce serait… mouvementé. Pas chaotique comme l’année dernière, mais riche en surprises qui ont tenu les investisseurs en haleine.

Les principaux facteurs ont été les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, et le bras de fer entre une inflation en hausse et un ralentissement de la croissance. À cela s’ajoutent l’engouement continu pour l’intelligence artificielle (IA) et le battage médiatique autour de la récente introduction en bourse (IPO) de SpaceX.

En bref, les investisseurs ont eu beaucoup à digérer.

Les marchés ont fait fi de la guerre en Iran

Côté géopolitique, le choc le plus important du premier semestre 2026 a été la guerre en Iran. Ce conflit a déclenché une volatilité des marchés boursiers mondiaux et une forte flambée des cours du pétrole. Le prix du baril de brut est passé d’environ 70 à 125 dollars américains, sous l’effet des craintes de perturbations de l’approvisionnement.

La réaction des marchés a été rapide et violente, les principaux indices boursiers perdant environ 10 % en l’espace de quelques jours. Il est important de rappeler que rien de tout cela n’était prévisible. Les investisseurs qui ont tenté de spéculer sur l’actualité auraient eu beaucoup de mal à faire le bon choix.

Même si le détroit d’Ormuz est resté fermé aux pétroliers pendant trois mois et demi, les marchés boursiers mondiaux se sont retrouvés en territoire positif à la mi-année. En effet, le marché boursier américain a progressé de 15,5 % au deuxième trimestre, enregistrant ses meilleurs résultats trimestriels depuis le printemps 2020.

Allez comprendre !

L’engouement pour l’IA, le retour des grandes introductions en bourse

Un autre thème majeur de 2026 a été l’essor de l’IA. L’année dernière, les marchés américains se sont principalement concentrés sur les actions des sept géants technologiques, surnommés les « Magnificent 7 ». Cette année, l’engouement s’est étendu aux infrastructures cloud, aux équipements réseau, aux centres de données et à la fabrication de puces de pointe.

Nous avons également assisté au retour des grandes introductions en bourse qui font la une des journaux. Après une longue période de disette sur le marché des introductions en bourse, 2026 s’annonce comme une année majeure. SpaceX, la société d’Elon Musk, a fait son entrée en bourse en juin, réalisant la plus grande introduction en bourse de l’histoire. OpenAI et Anthropic, deux valeurs phares américaines du secteur de l’IA, devraient également entrer en bourse dans les mois à venir.

Pour les investisseurs à long terme, il est important de garder les pieds sur terre et de ne pas se laisser emporter par l’engouement médiatique. Historiquement, les introductions en bourse ont été bénéfiques pour les investisseurs institutionnels qui détenaient des actions avant leur mise en bourse. Mais pour les investisseurs particuliers, les performances à long terme sont bien plus mitigées. Ils sont souvent incapables de surpasser le rendement d’un indice de référence diversifié comme l’indice S&P 500.

Le retour de l’inflation

Du côté de l’économie, au Canada, l’inflation s’est accélérée pour atteindre son plus haut niveau depuis plus de deux ans, à 3,2 % en mai. Cette hausse est principalement due à la guerre en Iran et à la hausse des prix du pétrole qui en a résulté.

La Banque du Canada est actuellement confrontée à des signaux contradictoires : d’un côté, un ralentissement économique marqué par deux trimestres consécutifs de contraction du PIB ; de l’autre, la nécessité éventuelle de lutter contre l’inflation. Pour l’instant, le taux directeur de la banque centrale reste inchangé depuis le début de l’année à 2,25 % et le marché s’attend à ce qu’il n’y ait pas de modification des taux en 2026.

Aux États-Unis, l’inflation a quant à elle atteint 4,2 % en mai, son plus haut niveau depuis avril 2023 et bien au-dessus de l’objectif de la Réserve fédérale. Malgré cette nouvelle, la Fed a maintenu son taux des fonds fédéraux inchangé à 3,75 % lors de sa dernière réunion. L’économie américaine continue de défier les prévisions, avec une croissance annuelle de 2,7 % au premier trimestre. Les dépenses de consommation sont soutenues et le chômage reste faible, à 4,2 %.

De son côté, la Banque centrale européenne a relevé ses taux d’intérêt de 25 points de base en juin, les portant à 2,4 %, afin de contenir l’inflation, qui a atteint 3,2 % dans la zone euro en mai. Au Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre a maintenu son taux directeur inchangé à 3,75 %.

Rendements obligataires modestes

En ce qui concerne les statistiques de marché, les obligations canadiennes à court terme, qui constituent le cœur de nos portefeuilles obligataires, ont affiché un rendement modeste de 1,4 % depuis le début de l’année, tandis que l’indice Canadian Universe Bond, qui regroupe des obligations à plus longue échéance, a enregistré un rendement légèrement supérieur, à 2,1 %.

Au 30 juin, le rendement de l’obligation de référence à 10 ans du gouvernement du Canada était resté relativement inchangé depuis le début de l’année, à 3,37 % contre 3,45 % au 31 décembre 2025.

(Pour rappel, l’ensemble des statistiques de marché est disponible sur la page dédiée à notre équipe sur le site web de PWL Capital. Vous trouverez également ces données ainsi que les performances de nos portefeuilles modèles sur notre site Sujet Capital, dans la section « Ressources ».)

Les actions canadiennes ont le vent en poupe

Qu’en est-il des actions ? Au Canada, l’indice composé S&P/TSX a progressé de 11,2 % au premier semestre, principalement grâce aux secteurs de l’énergie et des services financiers, qui ont respectivement bondi de près de 25 % et 21 %. Ces deux secteurs ont un impact considérable sur le TSX, puisqu’ils en constituent les deux principales composantes — représentant ensemble plus de 50 % de l’indice. Sur les 12 derniers mois, l’indice composé S&P/TSX affiche une hausse spectaculaire de 32,9 %.

La surprise au Canada a été que, contrairement à d’autres marchés, notamment aux États-Unis, le secteur des technologies de l’information a connu des difficultés et n’a pas suivi le rythme de l’engouement pour l’IA. Le secteur a affiché une baisse de 8,5 % sur la période.

Les actions américaines et internationales ont le vent en poupe

Le marché américain affiche également une belle progression depuis le début de l’année, atteignant de nouveaux sommets historiques. Le S&P 500 et l’indice NASDAQ-100 ont bondi respectivement de 15,5 % et 21 % au cours du seul dernier trimestre.

Il est intéressant de noter que les actions sont en hausse malgré un premier semestre difficile pour les « Magnificent 7 », ces sept géants technologiques. Ces sept titres représentent environ un tiers du S&P 500. Pourtant, pris dans leur ensemble, ils affichent une baisse de 3,4 % depuis le début de l’année au 29 juin.

Autre surprise : malgré l’engouement pour l’IA, les actions « value » américaines ont surperformé les actions de croissance au cours des six et douze derniers mois.

Les actions des marchés développés internationaux, mesurées par l’indice MSCI EAFE, ont également connu un premier semestre solide, avec une hausse de près de 10 % en dollars canadiens. De leur côté, les marchés émergents ont enregistré une progression impressionnante de 28,4 % ; sur l’année écoulée, ils affichent une hausse de 49,9 %.

Ignorez le bruit ambiant, tenez-vous-en à votre plan

La grande leçon à retenir est que les marchés suivent rarement le scénario auquel s’attendent les investisseurs. Entre la guerre en Iran, la flambée des cours du pétrole, la hausse de l’inflation, l’essor de l’IA, la « SpaceX-mania » et le ralentissement des « Mag 7 », les raisons de s’inquiéter ne manquaient pas. Pourtant, le fait de maintenir le cap avec un portefeuille largement diversifié et un plan à long terme a généré des rendements solides.

Vérifiez si votre portefeuille correspond toujours à votre horizon temporel, à votre tolérance au risque et à votre capacité d’investissement. Vous devrez peut-être également rééquilibrer périodiquement vos allocations pour vous assurer de rester en ligne avec vos objectifs.

Nous ne pouvons pas prédire à quel point le second semestre 2026 sera mouvementé. Mais nous pouvons nous y préparer en faisant preuve de discipline et en nous appuyant sur des données concrètes.

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La folie des FNB : plus ne signifie pas forcément mieux

La folie des FNB : plus ne signifie pas forcément mieux

par James Parkyn - PWL Capital - Montréal

Vous souhaitez investir dans des entreprises susceptibles de tirer profit d’un contact avec des extraterrestres ? Il existe désormais un FNB dédié à ça.

Le Tuttle Capital UFO Disclosure FNB fait partie d’un nombre record de nouveaux fonds qui arrivent sur le marché, alors que les manufacturiers se livrent concurrence pour se tailler des niches toujours plus spécialisées.

Plus de 360 nouveaux FNB ont été lancés au Canada l’année dernière, tandis qu’aux États-Unis, ce chiffre dépassait les 1 150. Ce dernier chiffre représente plus de fonds négociés en bourse aux États-Unis qu’il n’en existait au total il y a 20 ans. Les États-Unis comptent désormais plus d’FNB que d’actions individuelles négociées.

Les fonds actifs dominent désormais

Ce n’est pas seulement le volume sans précédent des FNB qui se démarque. Ce sont aussi leurs positions et leurs stratégies.

Jusqu’à récemment, les FNB étaient synonymes d’investissement indiciel passif à faible coût. On les achetait si l’on souhaitait une exposition large au marché, des frais réduits, une efficacité fiscale et de la transparence.

Cela a changé. Près des deux tiers des nouveaux FNB dans les deux pays l’année dernière étaient gérés activement. Il y a désormais plus d’FNB gérés activement que d’FNB gérés passivement.

Et ça n'inclut même pas une vaste catégorie d'FNB qui, techniquement, relèvent de la gestion passive, mais sont principalement utilisés par des traders actifs. Il s'agit notamment des FNB à effet de levier, inversés, liés aux cryptos et sectoriels.

« Je n'ai pas besoin que les extraterrestres existent »

Certains des nouveaux FNB exploitent des modes ou des idées ésotériques afin de se démarquer et d'attirer les investisseurs. C'est le cas de l'FNB UFO Disclosure (symbole UFOD), qui investit dans des entreprises « bien placées pour tirer profit de la divulgation, de la confirmation ou de l'exploitation par le gouvernement » des « technologies avancées » des ovnis.

« Je n'ai pas besoin que les extraterrestres existent pour que ma thèse fonctionne, mais c'est bien plus amusant s'ils existent », a déclaré le gestionnaire de portefeuille Matthew Tuttle, cité par le Wall Street Journal. Le fonds prélève des frais annuels de 0,99 % et dispose d’un actif de 2 millions de dollars.

Un autre cas à part est le Nicholas Bitcoin and Treasuries AfterDark FNB. Celui-ci repose sur l’idée que le bitcoin surperforme en dehors des heures d’ouverture du marché américain. Il détient des bitcoins lorsque le marché est fermé, puis les convertit en bons du Trésor américain ou en liquidités à l’ouverture du marché.

Il prélève des frais annuels de 0,97 %.

Le ratio de frais de gestion moyen dépasse 0,65 %

Ces frais exorbitants, autrefois l’apanage des fonds communs de placement, deviennent désormais la norme parmi les FNB. Poussé à la hausse par les fonds actifs, le ratio de frais de gestion moyen des FNB canadiens dépasse désormais 0,65 %.

Ce chiffre est plusieurs fois supérieur à celui des FNB indiciels traditionnels, qui facturent généralement moins de 10 points de base pour les actions canadiennes et américaines.

Le danger est que les investisseurs voient « FNB » et supposent que le fonds a des frais peu élevés.

Le stock picking et le timing du marché ne fonctionnent pas

Il est également préoccupant de constater que l'afflux de nouveaux FNB complique la tâche des investisseurs à long terme et des conseillers financiers qui cherchent à choisir des outils d'investissement adaptés. Chez PWL, nous investissons dans les FNB depuis plus de 20 ans, les considérant comme des véhicules passifs à faible coût permettant d'obtenir une exposition largement diversifiée au marché. C'est grâce à notre adoption précoce de ces produits que nous avons acquis la réputation d'être « les spécialistes des FNB ».

Nous fondons notre stratégie sur des données solides démontrant que les investisseurs obtiennent des résultats médiocres lorsqu’ils tentent de sélectionner des actions ou d’anticiper les fluctuations du marché. Comme l’a dit Warren Buffett, « La seule utilité des prévisionnistes boursiers est de faire passer les voyants pour des experts. »

Personne ne sait quelles entreprises ou quels pays surperformeront. En fait, une étude a révélé que seulement 4 % des actions ont généré toute la création de richesse boursière supérieure à un investissement sans risque en bons du Trésor entre 1926 et 2023.

Comment nous assurer de détenir ces 4 % ? Détenir l’ensemble du marché — et diversifier à l’international — nous permet de gagner quoi qu’il arrive.

Le « bouillie des FNB »

Le tsunami de nouveaux FNB peut induire en erreur les investisseurs qui ne comprennent pas pleinement les risques liés à des produits de niche, complexes et aux frais élevés. Notre collègue Ben Felix les qualifie de « Bouillie des FNB » ou en anglais « ETF Slop ». Beaucoup semblent avoir été conçus dans une optique marketing pour collecter des actifs, sans mettre au premier plan l’intérêt à long terme des investisseurs.

Comme bon nombre de ces fonds sont très marginaux, ils ne parviennent souvent à collecter que quelques millions de dollars et finissent par fermer. Selon un rapport de Morningstar, un nombre record de 146 FNB actifs ont fermé ou fusionné aux États-Unis en 2025.

« La plupart des FNB disposaient d’une base d’actifs réduite. La gestion des fonds a un coût, et ceux qui ne parviennent pas à collecter suffisamment d’actifs risquent d’être liquidés ou absorbés par une fusion », explique Morningstar.

Un fonds actif américain sur cinq a surperformé ses pairs sur 10 ans

Ironiquement, alors que l’univers des FNB devient de plus en plus bruyant, les arguments en faveur d’une indexation à large spectre et à faible coût ne cessent de se renforcer. Deux nouveaux rapports viennent étayer ce message.

Le rapport « US Active/Passive Barometer » de Morningstar a révélé que seuls 38 % des fonds actifs américains ont survécu et surperformé leurs homologues passifs moyens en 2025. Les gestionnaires de fonds d’actions américaines ont affiché un taux de réussite de 37 %, tandis que les gestionnaires internationaux ont fait un peu mieux, avec 48 % d’entre eux surpassant leurs homologues passifs.

Parmi les gestionnaires obligataires, 40 % ont surpassé leurs homologues passifs, contre seulement 4 % des gestionnaires d’obligations d’entreprises.

97 % des fonds actifs canadiens ont sous-performé

À plus long terme, les gestionnaires actifs ont obtenu des résultats bien pires, avec seulement 21 % des fonds actifs américains ayant survécu et surpassé leurs homologues passifs sur 10 ans. Ce chiffre tombe à seulement 8,1 % pour les fonds d’actions américaines à grande capitalisation. Sur 20 ans, le taux est encore pire : à peine 6,4 % parmi les fonds actifs américains à grande capitalisation. Les frais plus élevés ont été un facteur important dans les mauvais résultats des fonds actifs.

Au Canada, 85,4 % des fonds actifs ont sous-performé leurs indices de référence en 2025, selon le SPIVA Canada Scorecard. Sur 10 ans, les résultats ont été encore pires : 97 % des fonds actifs ont été devancés par leur indice de référence.

4 enseignements à tirer de l’engouement pour les FNB

Que penser de cet engouement pour les FNB ? Voici nos quatre enseignements.

  1. Ne confondez pas innovation et amélioration.

  2. La simplicité l’emporte.

  3. Tenez-vous-en aux faits.

  4. Filtrez le bruit.

Les marchés sont comme un immense supermarché dont les rayons regorgent de malbouffe. Pour manger sainement, il faut faire les bons choix.

Alors que l’univers des FNB devient de plus en plus chaotique, les principes fondamentaux d’un investissement judicieux restent inchangés : des frais bas, une large diversification et une discipline à long terme sont payants.

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Rétrospective de l'année 2025 : une leçon magistrale sur les émotions trompeuses

Rétrospective de l'année 2025 : une leçon magistrale sur les émotions trompeuses

par James Parkyn - PWL Capital - Montréal

Au nom de l'équipe PWL, je vous souhaite une année 2026 heureuse, prospère et en bonne santé.

Notre premier blog de l'année est l'occasion idéale pour revenir sur ce qui s'est passé sur les marchés et dans l'économie en 2025. L'année dernière a été une leçon magistrale sur la façon dont les émotions peuvent induire les investisseurs en erreur. Elle a déjoué les prévisions à presque tous les niveaux.

Les experts ont commencé l'année 2025 en lançant des avertissements sombres sur les valorisations élevées, le ralentissement de la croissance et l'effondrement possible du boom de l'IA.

Si je vous avais dit au début de l'année 2025 que nous allions assister à des droits de douane généralisés, à un arrêt record des activités du gouvernement américain, à une inflation persistante et à des bouleversements géopolitiques, je pense que vous vous seriez attendu à une année difficile pour les actions.

Troisième année de gains à deux chiffres

Chaque mois semblait apporter une nouvelle raison de s'inquiéter. En avril dernier, les États-Unis ont annoncé des droits de douane généralisés, ce qui a entraîné l'une des plus fortes baisses depuis des années.

Pourtant, au final, les marchés ont enregistré une troisième année consécutive de gains exceptionnels à deux chiffres pour les actions américaines et canadiennes, comme nous l'évoquons dans notre dernier podcast pour Sujet Capital.

Très peu d'experts avaient prévu de tels résultats, ce qui prouve une fois de plus le bien-fondé de notre conseil fréquent d'ignorer les prévisions du marché. (Voir, par exemple, notre dernier blogue intitulé « Nos meilleurs conseils de 2025 ». Le premier conseil était « Ignorez les experts »).

Ces résultats incroyables viennent s'ajouter aux nombreuses preuves qui montrent qu'il faut s'en tenir patiemment à son plan d'investissement à long terme. Essayer d'anticiper le marché en vendant aurait été une erreur coûteuse.

Le Canada a été la plus grande surprise

La plus grande surprise a peut-être été le Canada. Malgré les grands titres pessimistes et l'inquiétude suscitée par les droits de douane américains, l'indice composé S&P/TSX a discrètement enregistré l'une des meilleures performances au monde.

(Vous trouverez des statistiques sur les marchés dans la section « Ressources » de notre site Web Sujet Capital ou sur la page de notre équipe sur le site Web de PWL Capital.)

Sur le plan économique, 2025 n'a été ni une année de boom ni une année de crise. L'inflation au Canada a poursuivi sa tendance à la baisse, terminant l'année à 2,2 %. Cela a permis à la Banque du Canada de commencer à réduire ses taux plus tôt et de manière plus agressive que La Réserve Fédérale aux États-Unis, avec quatre baisses de taux au cours de l'année, passant de 3,25 % à 2,25 %.

Les obligations canadiennes ont rempli leur rôle

La persistance de l'inflation aux États-Unis a incité la Réserve fédérale américaine à faire preuve d'une plus grande prudence, ne procédant qu'à trois baisses de taux, qui sont passés de 4,5 % à 3,75 %. L'inflation dans la zone euro a connu une baisse plus marquée, entraînant quatre baisses de taux, qui sont passés de 3,15 % à 2,15 %.

Le chômage a légèrement augmenté au Canada (pour terminer à 6,8 %) et aux États-Unis (pour terminer à 4,4 %). La croissance du PIB américain a surpris avec un taux annualisé de 4,3 % au dernier trimestre, contre une augmentation plus modeste de 2,6 % au troisième trimestre au Canada.

Grâce aux baisses de taux de la Banque du Canada et à la chute des rendements, l'indice des obligations à court terme canadiennes a terminé l'année en hausse de 3,9 %. L'indice obligataire total, qui comprend des obligations à plus long terme, a enregistré un rendement de 2,6 %.

Les obligations n'ont pas volé la vedette, mais elles ont rempli leur rôle en assurant stabilité et revenus.

Gain de 31,7 % pour le S&P/TSX

C'est sans aucun doute le marché boursier qui a volé la vedette. Les actions ont surmonté les montagnes russes émotionnelles des investisseurs et l'incertitude pour connaître une autre année exceptionnelle.

Il convient de rappeler qu'à la fin de 2024, de nombreux investisseurs voulaient miser tout leur argent sur le marché américain. Les marchés américains avaient dominé pendant une décennie, surpassant largement les actions canadiennes de plus de 6 % par an au cours des dix dernières années. Les perspectives d'avenir étaient sombres en raison de la menace de droits de douane, des pertes d'emplois et d'une crise de productivité.

Mais le Canada a surpris tout le monde. Au 31 décembre, l'indice composé S&P/TSX avait progressé de 31,7 %, soit près du triple du rendement de l'indice de marché total américain en dollars canadiens. Les petites capitalisations ont fait encore mieux, avec une hausse vertigineuse de 50,3 %, tandis que les actions de grande et moyenne capitalisation ont gagné 35,8 %.

Les investisseurs en quête de sécurité ont alimenté les gains canadiens

Ces gains ont réduit l'écart entre les actions américaines et canadiennes de 6 % par an à 1,5 % au cours des dix dernières années. Ce résultat est d'autant plus impressionnant que les rendements américains incluaient les actions en plein essor des « Magnificent 7 ».

Cela renforce notre message en faveur de la diversification et de ne pas essayer d'attendre « le bon moment » pour investir. Les rendements élevés arrivent souvent par petites secousses imprévisibles. Si vous attendez, vous risquez de passer à côté.

Les gains canadiens ont été alimentés par les secteurs financier, énergétique et des matériaux de base, ce dernier ayant bénéficié de la ruée vers l'or des investisseurs en quête de valeurs refuges. Les petites capitalisations du secteur des matériaux de base ont enregistré une hausse incroyable de 137,6 % en 2025.

Les méga-actions Mag 7 ont bondi de 21,9 %

Les actions américaines ont pris du retard, mais ont tout de même affiché un rendement respectable, avec un gain de 11,9 % pour l'indice du marché américain total en dollars canadiens (17,2 % en dollars américains, la différence étant due à la baisse du billet vert par rapport au huard). Contrairement au Canada, les petites capitalisations et les actions de valeur ont été à la traine, avec une hausse respective de 7,7 % et 10,7 % en dollars canadiens.

Le boom de l'IA n'a pas pris fin ; il s'est même accéléré. Environ 40 % du rendement de 17,9 % de l'indice S&P 500 provenait des actions technologiques, tandis que 18 % provenait des services de communication.

Les Magnificent 7, qui représentent environ un tiers du S&P 500, sont restées le centre de gravité du marché avec une performance moyenne de 21,9 %. Cela dit, la hausse provient en réalité de seulement deux des sept actions qui ont surpassé le marché : Alphabet (Google), qui a augmenté de 65,2 % en dollars américains, et NVIDIA (en hausse de 38,9 %).

Les actions internationales ont créé une autre surprise. Les actions internationales à grande et moyenne capitalisation ont bondi de 25,3 % en dollars canadiens, tandis que les actions à petite capitalisation et les actions de valeur ont respectivement grimpé de 25,9 % et 35,8 %.

Les actions émergentes à grande et moyenne capitalisation ont progressé de 28,3 % en dollars canadiens.

L'incertitude est le prix à payer

L'incertitude était omniprésente en 2025, mais 2026 n'a pas commencé différemment. Les risques géopolitiques et tarifaires restent importants. En fait, il n'y a jamais eu d'année où tout était calme et prévisible. Les marchés ont toujours vécu dans l'incertitude. Les événements soudains nous poussent à réagir de manière émotionnelle, comme nous l'avons évoqué dans notre récent blogue sur les biais comportementaux des investisseurs.

Mais l'incertitude n'est pas un bug, c'est le système, le prix à payer pour obtenir des rendements à long terme plus élevés.

L'année dernière nous a rappelé que les marchés n'évoluent pas en ligne droite et ne suivent pas l'actualité. Rester investi, diversifié et discipliné a de nouveau porté ses fruits. Les investisseurs qui ont tenté d'anticiper le marché ont manqué les phases les plus fortes de la reprise.

Ceux qui ont maintenu le cap ont prospéré.

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Des rendements élevés peu susceptibles de durer

Des rendements élevés peu susceptibles de durer

par James Parkyn - PWL Capital - Montréal

Les investisseurs ont connu une décennie exceptionnelle. Les marchés boursiers ont grimpé, les portefeuilles se sont envolés.

Il est tentant de croire que cela constitue la nouvelle norme. Certains investisseurs en viennent à s’attendre à des gains boursiers à deux chiffres année après année. Ils peuvent même réduire leur épargne ou nourrir de grands espoirs de retraite anticipée.

Mais attention : les prochaines années risquent d’être beaucoup moins généreuses.

4,5 % de rendement réel du côté des actions

Deux fois par an, PWL Capital met à jour ses prévisions à long terme sur les rendements espérés des actions et des obligations au cours des 30 prochaines années.

Notre dernière mise à jour indique que les investisseurs peuvent s’attendre à un rendement annuel de 4,5 % pour les actions mondiales (après inflation), et de 1 % pour les obligations.

Ce chiffre pour les actions est bien inférieur aux rendements réels de 8 à 12 % auxquels beaucoup d’investisseurs et de conseillers s’attendent, selon un récent sondage de Natixis.

Ces attentes optimistes ne sont pas réalistes, explique Raymond Kerzérho, chercheur principal chez PWL. Il a co-rédigé la mise à jour et en a discuté dans notre plus récent balado Sujet Capital.

7 % de rendement pour les actions canadiennes avant inflation

Raymond précise qu’il ne s’agit pas d’une prédiction, mais d’une hypothèse de planification. Ces chiffres servent à établir des plans financiers et des projections de retraite à long terme pour nos clients. Ils comportent aussi une marge d’erreur importante : nul ne peut prédire l’avenir !

Cela dit, voici ses estimations de rendements nominaux :

  • Obligations : 3,5 %

  • Actions canadiennes : 7 %

  • Actions américaines : 6,5 %

  • Actions internationales : 7,3 %

  • Portefeuille mondial (Canada, É.-U. et international) : 7 %

Raymond prévoit également une inflation à long terme de 2,5 %. Autrement dit, les rendements réels des actions devraient être bien en deçà de ce que prévoient investisseurs et conseillers.

Une « dangereuse illusion »

Les actions devraient faire face à des vents contraires, car les valorisations sont historiquement élevées. L’indice S&P 500 a rapporté 15 % par an au cours de la dernière décennie, « bien au-dessus de son rendement annualisé à long terme de 10,3 % », a récemment noté Jason Zweig, chroniqueur au Wall Street Journal.

Tenir pour acquis des rendements élevés peut entraîner « un grave déficit » si les marchés trébuchent, a-t-il averti.

Le problème, dit-il, « c’est qu’un marché haussier nourrit la complaisance. Des rendements énormes donnent l’impression qu’une retraite confortable est à la portée de tous, sans effort ni sacrifice. Et c’est une dangereuse illusion. »

L’immobilier n’est pas une exception magique

L’immobilier n’échappe pas non plus aux attentes exagérées. La plupart des gens ont une grande partie de leur patrimoine investi dans leur résidence principale. Mais autre constat frappant : Raymond prévoit une appréciation annuelle à long terme de seulement 1 % pour les maisons, après inflation. Et cela n’inclut même pas les coûts liés à la propriété (impôts fonciers, assurances, entretien).

Ce 1 % peut surprendre les Canadiens habitués aux flambées de prix. Mais comme le souligne Raymond, la surperformance récente est l’exception, pas la règle.

« Comparé aux actions, à long terme l’immobilier résidentiel ne fait pas le poids, a-t-il expliqué à notre balado. Si l’on tient compte de l’inflation et de tout l’argent réinvesti dans une maison, le rendement d’une résidence personnelle n’est pas impressionnant. »

Des pairs encore plus pessimistes

PWL n’est pas la seule à avertir d’un ralentissement futur des rendements. En fait, nos attentes sont plus optimistes que celles d’autres grandes firmes de placement.

Comme Raymond l’a souligné l’an dernier, nos prévisions à long terme pour les obligations canadiennes et la plupart des marchés d’actions sont supérieures à celles de quatre autres firmes que nous avons étudiées.

« Certains auditeurs pourraient penser que nous sommes trop conservateurs dans nos hypothèses de rendement, mais en réalité, nous sommes un peu plus optimistes que plusieurs grandes institutions », dit Raymond.

Les investisseurs s’attendent à 10,7 % de rendement réel

Ces avertissements contrastent fortement avec les attentes des investisseurs. Portés par des années de gains boursiers impressionnants, ceux-ci prévoient 10,7 % de rendement annuel réel à long terme pour les actions mondiales, selon le sondage 2025 de Natixis auprès des investisseurs individuels.

Les attentes sont encore plus élevées pour les actions américaines : 12,6 % par an. Même les conseillers anticipent 8,3 % après inflation, selon le sondage.

« J’ai été choqué en lisant ça », a confié Raymond. « C’est insensé… Un rendement réel de 10,7 %, ça n’arrivera pas. Peut-être sur de courtes périodes, mais à long terme, impossible…

C’est le rôle de votre conseiller de vous informer sur le rendement attendu de votre portefeuille. Si votre conseiller ne vous a pas fixé des attentes raisonnables, vous devriez envisager un changement. »

Ne pas conduire en regardant dans le rétroviseur

Conclusion : le passé ne prédit pas l’avenir. On ne conduit pas en fixant le rétroviseur. On ne devrait pas non plus prendre ses décisions de placement de cette façon.

Restez discipliné et fidèle à votre plan d’investissement à long terme. Vous ou votre conseiller devriez rééquilibrer vos placements périodiquement pour les aligner sur vos cibles d’allocation.

Profitez des gains du passé, certes. Mais ne bâtissez pas votre avenir sur l’hypothèse qu’ils vont se répéter.

Les portefeuilles modèles et les statistiques de marché sont disponibles sur le site de l’équipe Parkyn-Doyon La Rochelle de PWL Capital ainsi que sur le site de Sujet Capital. Vous y trouverez aussi d’autres analyses et réflexions sur la finance personnelle et l’investissement dans notre balado, nos blogues et nos livrets électroniques.

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