La forte hausse des marchés pourrait ne pas durer

La forte hausse des marchés pourrait ne pas durer

par James Parkyn - PWL Capital - Montréal

Les investisseurs ont bénéficié de plusieurs années de rendements exceptionnels. Au 30 juin 2026, l’indice boursier total canadien avait bondi de 23,5 % par an au cours des trois dernières années. L’indice boursier total américain a quant à lui progressé de 23,2 %.

Ces chiffres impressionnants peuvent-ils perdurer ? Deux fois par an, chez PWL, nous nous efforçons d’anticiper les rendements boursiers pour les 30 prochaines années. Nous ne le faisons pas pour établir des prévisions : personne ne peut prédire l’avenir.

Il s’agit plutôt de rendements espérés que nous estimons afin de les intégrer à notre logiciel de planification financière lorsque nous établissons des projections de retraite à long terme pour nos clients. Nous obtenons ces chiffres en combinant 125 ans de données historiques avec des estimations pour l’avenir basées sur les valorisations et les conditions économiques actuelles.

Raymond Kerzérho, chercheur senior chez PWL, s’est joint à nous dans notre podcast « Sujet Capital » pour passer en revue les derniers chiffres.

Principale conclusion de l’équipe de recherche de PWL : les gains boursiers exceptionnels observés récemment ont peu de chances de se poursuivre. « Nous devons nous réjouir des excellents rendements récents, mais il est peu probable qu’ils se reproduisent dans la même mesure à l’avenir », explique Raymond.

« Des rendements récents élevés n’impliquent pas nécessairement des rendements futurs tout aussi élevés. »

Inflation et logement

Nos prévisions en matière d’inflation restent inchangées par rapport à l’année dernière, avec une moyenne de 2,5 % par an au cours des 30 prochaines années.

Nous formulons également une prévision concernant les résidences principales, qui reste elle aussi inchangée : une plus-value annuelle espérée de 1 % après inflation (hors frais d’entretien et taxes foncières).

Obligations

Nous formulons deux estimations concernant les obligations. Il s’agit de prévisions nominales (avant inflation) et avant frais, mais incluant les ratios de frais de gestion des produits.

  • Nous prévoyons des rendements annuels de 3,07 % sur les obligations à court terme au cours des 30 prochaines années. Ce chiffre est en hausse par rapport à la projection de l’année dernière, qui tablait sur des gains espérés de 3,01 %.

  • Les projections pour l’univers obligataire canadien, qui comprend les obligations à long terme, sont en hausse d’environ le même nombre de points de base, passant de 3,53 % à 3,58 %.

Actions

En revanche, les prévisions de gains sur les actions ont baissé.

  • En ce qui concerne les actions canadiennes, nous prévoyons des rendements annuels de 6,87 % au cours des trois prochaines décennies. Cela représente une baisse de 14 points de base par rapport à la prévision de l’année dernière, qui était de 7,01 %.

  • Nous prévoyons que les actions américaines afficheront un rendement annuel de 6,44 %, ce qui est également en baisse par rapport à notre prévision de 6,48 % établie l’année dernière.

  • Le changement le plus important concerne les actions internationales. Nous prévoyons des rendements annuels de 7,04 % au cours des 30 prochaines années. Ce chiffre est en baisse de 24 points de base par rapport aux 7,28 % que nous avions prévus l’année dernière.

  • En revanche, un portefeuille composé à 60 % d’actions et à 40 % d’obligations reste pratiquement inchangé par rapport à l’année dernière. Nous prévoyons un rendement annuel de 5,73 %, en baisse par rapport aux 5,76 % précédents.

Les gains récents ont entraîné des révisions

Les actions ont fait l’objet de révisions à la baisse après leur excellente performance au cours de l’année écoulée. Ce sont notamment les actions internationales qui ont enregistré la plus forte baisse.

Cela s’explique par le fait que les actions internationales ont affiché les rendements les plus spectaculaires parmi les classes d’actifs actions. Les grandes et moyennes capitalisations des marchés émergents, par exemple, ont généré un rendement de 49,9 % au cours des 12 mois clos en juin 2026. (Consultez les statistiques complètes du marché sur le site web de l’équipe Parkyn-Doyon de PWL Capital à La Rochelle.)

Il convient également de noter que les rendements espérés des actions canadiennes et internationales restent supérieurs à ceux des actions américaines. Cela s’explique par le fait que les actions américaines se négocient actuellement à des valorisations plus élevées. En d’autres termes, les investisseurs paient plus cher chaque dollar de bénéfice généré par les entreprises américaines.

Toutes choses égales par ailleurs, plus les investisseurs paient cher aujourd’hui pour un niveau de bénéfices donné, plus le rendement auquel ils peuvent s’attendre à l’avenir sera faible.

Comment nos prévisions se situent-elles par rapport à celles d’autres sociétés ? Comparées à celles de BlackRock, Vanguard et AQR, « nos estimations sont plus optimistes d’au moins un demi-point de pourcentage », précise Raymond.

La répartition 60-40 reste-t-elle une bonne option ?

Certains lecteurs pourraient s’interroger sur l’intérêt d’inclure des obligations dans leur portefeuille, compte tenu des faibles prévisions de rendement de ces dernières. Une fois l’inflation et les impôts pris en compte, les rendements pourraient en effet s’avérer négatifs.

Les obligations ont en effet été au cœur du débat sur les portefeuilles équilibrés, tels que la répartition classique recommandée de 60 % des actifs en actions et 40 % en obligations.

Il n’existe pas de répartition idéale unique qui convienne à tout le monde, comme l’a souligné le gestionnaire d’actifs Ben Carlson. La répartition idéale dépend de votre horizon temporel, de votre capacité à prendre des risques et de votre tolérance à la volatilité.

Les obligations de haute qualité peuvent contribuer à amortir les pertes du portefeuille lorsque des corrections inévitables surviennent sur les marchés boursiers. « Cet effet d’amortissement peut donner aux investisseurs la confiance nécessaire pour conserver leurs placements pendant les périodes difficiles, plutôt que de vendre leurs actions après une forte baisse », explique Raymond.

Cela dit, il est utile de prendre en compte les rendements espérés au moment de déterminer la répartition adéquate.

Les rendements réels ont dépassé les attentes

Comment les rendements réels du marché se comparent-ils aux rendements espérés ces dernières années ? Les données relatives à nos portefeuilles modèles au 30 juin 2026 montrent que les rendements composés ont été nettement supérieurs aux rendements espérés.

Je vais mettre en avant les rendements correspondant aux répartitions les plus courantes de nos clients. (Ces chiffres s’entendent hors frais PWL, mais incluent le coût des produits d’investissement.)

  • Un portefeuille 60-40 a enregistré un rendement annuel de 8,45 % sur 10 ans et de 7,12 % sur 20 ans. Si vous aviez investi 100 000 $, votre capital aurait atteint 225 000 $ au bout d’une décennie et 396 000 $ au bout de deux décennies.

  • Une répartition plus audacieuse de 70-30 a généré un rendement annuel de 9,62 % sur 10 ans et de 7,79 % sur 20 ans. Un investissement de 100 000 $ aurait atteint 251 000 $ au bout de 10 ans et 448 000 $ au bout de 20 ans.

  • Une répartition 80-20 a généré un rendement de 10,78 % sur 10 ans et de 8,46 % sur 20 ans. Un investissement de 100 000 $ aurait atteint 278 000 $ au bout de 10 ans et 507 000 $ au bout de 20 ans.

Maintenir le cap

Que peut-on retenir de tous ces chiffres ? Je pense qu’il y a trois points à retenir.

  1. Maintenir le cap permet d’obtenir les meilleurs résultats à long terme. Malgré la crise financière mondiale, la pandémie et le retour d’une forte inflation, les actions ont généré des rendements bien supérieurs aux moyennes à long terme.

  2. Les investisseurs devraient tenir compte des rendements espérés estimés lorsqu’ils déterminent la répartition entre actions et obligations. L’avenir pourrait être différent du passé récent. Les rendements obligataires récents ont été inférieurs aux attentes, tandis que les rendements obligataires futurs estimés ne dépassent que de justesse l’inflation.

  3. Réévaluez votre capacité et votre tolérance au risque à la lumière des gains importants enregistrés récemment. Soyez réaliste quant à votre véritable tolérance à la volatilité à la baisse. Cela vous aidera à définir la bonne répartition d’actifs pour vos investissements.

 

Les investisseurs prudents savent que les rendements élevés enregistrés par le passé ne garantissent en rien les rendements futurs. Les marchés baissiers sont un phénomène rare mais inévitable dans le domaine de l’investissement. Ce ne sont pas des dysfonctionnements du système ; ils font partie intégrante du système.

Garder cela à l’esprit et se préparer avec un plan d’investissement bien conçu vous aidera à rester discipliné et à rester sur le marché lorsque les choses se compliqueront. Comme nous l’avons constaté au cours des 20 dernières années, c’est la meilleure façon de garantir une expérience d’investissement réussie.

Retrouvez plus de commentaires sur la finance personnelle et l’investissement, notre podcast, nos anciens articles de blog, nos livres électroniques, nos portefeuilles modèles et nos statistiques de marché sur le site web de l’équipe Parkyn-Doyon La Rochelle de PWL Capital et sur notre site web Sujet Capital.

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