Bilan de mi-année 2026

Bilan de mi-année 2026

par James Parkyn - PWL Capital - Montréal

Nous sommes arrivés à mi-parcours de l’année 2026 et, comme à l’accoutumée à cette période de l’année, nous prenons un peu de recul pour analyser les facteurs qui ont influencé les marchés mondiaux au cours des six derniers mois.

Si je devais résumer le premier semestre 2026 en un mot, ce serait… mouvementé. Pas chaotique comme l’année dernière, mais riche en surprises qui ont tenu les investisseurs en haleine.

Les principaux facteurs ont été les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, et le bras de fer entre une inflation en hausse et un ralentissement de la croissance. À cela s’ajoutent l’engouement continu pour l’intelligence artificielle (IA) et le battage médiatique autour de la récente introduction en bourse (IPO) de SpaceX.

En bref, les investisseurs ont eu beaucoup à digérer.

Les marchés ont fait fi de la guerre en Iran

Côté géopolitique, le choc le plus important du premier semestre 2026 a été la guerre en Iran. Ce conflit a déclenché une volatilité des marchés boursiers mondiaux et une forte flambée des cours du pétrole. Le prix du baril de brut est passé d’environ 70 à 125 dollars américains, sous l’effet des craintes de perturbations de l’approvisionnement.

La réaction des marchés a été rapide et violente, les principaux indices boursiers perdant environ 10 % en l’espace de quelques jours. Il est important de rappeler que rien de tout cela n’était prévisible. Les investisseurs qui ont tenté de spéculer sur l’actualité auraient eu beaucoup de mal à faire le bon choix.

Même si le détroit d’Ormuz est resté fermé aux pétroliers pendant trois mois et demi, les marchés boursiers mondiaux se sont retrouvés en territoire positif à la mi-année. En effet, le marché boursier américain a progressé de 15,5 % au deuxième trimestre, enregistrant ses meilleurs résultats trimestriels depuis le printemps 2020.

Allez comprendre !

L’engouement pour l’IA, le retour des grandes introductions en bourse

Un autre thème majeur de 2026 a été l’essor de l’IA. L’année dernière, les marchés américains se sont principalement concentrés sur les actions des sept géants technologiques, surnommés les « Magnificent 7 ». Cette année, l’engouement s’est étendu aux infrastructures cloud, aux équipements réseau, aux centres de données et à la fabrication de puces de pointe.

Nous avons également assisté au retour des grandes introductions en bourse qui font la une des journaux. Après une longue période de disette sur le marché des introductions en bourse, 2026 s’annonce comme une année majeure. SpaceX, la société d’Elon Musk, a fait son entrée en bourse en juin, réalisant la plus grande introduction en bourse de l’histoire. OpenAI et Anthropic, deux valeurs phares américaines du secteur de l’IA, devraient également entrer en bourse dans les mois à venir.

Pour les investisseurs à long terme, il est important de garder les pieds sur terre et de ne pas se laisser emporter par l’engouement médiatique. Historiquement, les introductions en bourse ont été bénéfiques pour les investisseurs institutionnels qui détenaient des actions avant leur mise en bourse. Mais pour les investisseurs particuliers, les performances à long terme sont bien plus mitigées. Ils sont souvent incapables de surpasser le rendement d’un indice de référence diversifié comme l’indice S&P 500.

Le retour de l’inflation

Du côté de l’économie, au Canada, l’inflation s’est accélérée pour atteindre son plus haut niveau depuis plus de deux ans, à 3,2 % en mai. Cette hausse est principalement due à la guerre en Iran et à la hausse des prix du pétrole qui en a résulté.

La Banque du Canada est actuellement confrontée à des signaux contradictoires : d’un côté, un ralentissement économique marqué par deux trimestres consécutifs de contraction du PIB ; de l’autre, la nécessité éventuelle de lutter contre l’inflation. Pour l’instant, le taux directeur de la banque centrale reste inchangé depuis le début de l’année à 2,25 % et le marché s’attend à ce qu’il n’y ait pas de modification des taux en 2026.

Aux États-Unis, l’inflation a quant à elle atteint 4,2 % en mai, son plus haut niveau depuis avril 2023 et bien au-dessus de l’objectif de la Réserve fédérale. Malgré cette nouvelle, la Fed a maintenu son taux des fonds fédéraux inchangé à 3,75 % lors de sa dernière réunion. L’économie américaine continue de défier les prévisions, avec une croissance annuelle de 2,7 % au premier trimestre. Les dépenses de consommation sont soutenues et le chômage reste faible, à 4,2 %.

De son côté, la Banque centrale européenne a relevé ses taux d’intérêt de 25 points de base en juin, les portant à 2,4 %, afin de contenir l’inflation, qui a atteint 3,2 % dans la zone euro en mai. Au Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre a maintenu son taux directeur inchangé à 3,75 %.

Rendements obligataires modestes

En ce qui concerne les statistiques de marché, les obligations canadiennes à court terme, qui constituent le cœur de nos portefeuilles obligataires, ont affiché un rendement modeste de 1,4 % depuis le début de l’année, tandis que l’indice Canadian Universe Bond, qui regroupe des obligations à plus longue échéance, a enregistré un rendement légèrement supérieur, à 2,1 %.

Au 30 juin, le rendement de l’obligation de référence à 10 ans du gouvernement du Canada était resté relativement inchangé depuis le début de l’année, à 3,37 % contre 3,45 % au 31 décembre 2025.

(Pour rappel, l’ensemble des statistiques de marché est disponible sur la page dédiée à notre équipe sur le site web de PWL Capital. Vous trouverez également ces données ainsi que les performances de nos portefeuilles modèles sur notre site Sujet Capital, dans la section « Ressources ».)

Les actions canadiennes ont le vent en poupe

Qu’en est-il des actions ? Au Canada, l’indice composé S&P/TSX a progressé de 11,2 % au premier semestre, principalement grâce aux secteurs de l’énergie et des services financiers, qui ont respectivement bondi de près de 25 % et 21 %. Ces deux secteurs ont un impact considérable sur le TSX, puisqu’ils en constituent les deux principales composantes — représentant ensemble plus de 50 % de l’indice. Sur les 12 derniers mois, l’indice composé S&P/TSX affiche une hausse spectaculaire de 32,9 %.

La surprise au Canada a été que, contrairement à d’autres marchés, notamment aux États-Unis, le secteur des technologies de l’information a connu des difficultés et n’a pas suivi le rythme de l’engouement pour l’IA. Le secteur a affiché une baisse de 8,5 % sur la période.

Les actions américaines et internationales ont le vent en poupe

Le marché américain affiche également une belle progression depuis le début de l’année, atteignant de nouveaux sommets historiques. Le S&P 500 et l’indice NASDAQ-100 ont bondi respectivement de 15,5 % et 21 % au cours du seul dernier trimestre.

Il est intéressant de noter que les actions sont en hausse malgré un premier semestre difficile pour les « Magnificent 7 », ces sept géants technologiques. Ces sept titres représentent environ un tiers du S&P 500. Pourtant, pris dans leur ensemble, ils affichent une baisse de 3,4 % depuis le début de l’année au 29 juin.

Autre surprise : malgré l’engouement pour l’IA, les actions « value » américaines ont surperformé les actions de croissance au cours des six et douze derniers mois.

Les actions des marchés développés internationaux, mesurées par l’indice MSCI EAFE, ont également connu un premier semestre solide, avec une hausse de près de 10 % en dollars canadiens. De leur côté, les marchés émergents ont enregistré une progression impressionnante de 28,4 % ; sur l’année écoulée, ils affichent une hausse de 49,9 %.

Ignorez le bruit ambiant, tenez-vous-en à votre plan

La grande leçon à retenir est que les marchés suivent rarement le scénario auquel s’attendent les investisseurs. Entre la guerre en Iran, la flambée des cours du pétrole, la hausse de l’inflation, l’essor de l’IA, la « SpaceX-mania » et le ralentissement des « Mag 7 », les raisons de s’inquiéter ne manquaient pas. Pourtant, le fait de maintenir le cap avec un portefeuille largement diversifié et un plan à long terme a généré des rendements solides.

Vérifiez si votre portefeuille correspond toujours à votre horizon temporel, à votre tolérance au risque et à votre capacité d’investissement. Vous devrez peut-être également rééquilibrer périodiquement vos allocations pour vous assurer de rester en ligne avec vos objectifs.

Nous ne pouvons pas prédire à quel point le second semestre 2026 sera mouvementé. Mais nous pouvons nous y préparer en faisant preuve de discipline et en nous appuyant sur des données concrètes.

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