L'investissement à long terme s'est avéré très profitable : 126 ans de données

L'investissement à long terme s'est avéré très profitable : 126 ans de données

par James Parkyn - PWL Capital - Montréal

Que peuvent nous apprendre 126 ans d'histoire des marchés sur l'investissement ? Énormément de choses, selon l'Annuaire 2026 d'UBS sur les rendements mondiaux des investissements.

Les actions ont généreusement récompensé les investisseurs sur le long terme, mais l'obtention de ces rendements a nécessité d’endurer des risques importants en cours de route. C'est l'un des principaux enseignements qui se dégagent des 126 ans de données présentées dans l'annuaire d'UBS.

Ce rapport, qui en est désormais à sa 27e édition, est une lecture incontournable pour interpréter les marchés à la lumière de l'histoire.

Il est publié par la banque suisse UBS en collaboration avec Paul Marsh et Mike Staunton, professeurs à la London Business School, ainsi qu’avec Elroy Dimson, de l’université de Cambridge, qui ont participé à l’ensemble des 27 éditions.

Une vision à long terme

Nous traitons de cet annuaire depuis cinq ans dans notre blog et notre podcast, car sa vision à long terme permet de replacer les événements actuels des marchés financiers dans un contexte historique utile. Cela correspond parfaitement à notre approche d’investissement chez PWL.

Beaucoup de gens considèrent que le long terme s’étend sur 10 à 20 ans. L’annuaire montre que nous devrions envisager un horizon temporel encore plus long lorsque nous prenons des décisions d’investissement.

« Des périodes bien plus longues sont nécessaires pour comprendre le risque et le rendement des actions et des obligations, car les marchés sont extrêmement volatils », note l’annuaire.

Un gain multiplié par 3 296 pour les actions américaines

Quelles sont les conclusions du dernier annuaire ? Depuis 1900, les actions américaines ont enregistré des rendements annualisés de 9,8 %, contre 4,6 % pour les obligations, 3,4 % pour les bons du Trésor et un taux d’inflation de 2,9 %. Les rendements annualisés réels, nets d’inflation, s’élevaient à 6,9 % pour les actions américaines, contre 1,7 % pour les obligations et 0,5 % pour les bons du Trésor.

Un dollar investi dans des actions américaines en 1900, avec réinvestissement des dividendes, aurait vu son pouvoir d’achat multiplié par 3 296 (après inflation). Ce rendement remarquable illustre le pouvoir magique des intérêts composés.

Le même montant investi en obligations aurait été multiplié par 7,4, tandis qu’un investissement en bons du Trésor aurait été multiplié par 1,8.

Le risque a porté ses fruits

« Sur le long terme, la loi du risque et du rendement s’est donc vérifiée, les actifs les plus risqués offrant le rendement le plus élevé et les bons du Trésor sans risque offrant le rendement le plus faible », conclut l’annuaire.

« Au cours des 126 dernières années, les actions ont surperformé les obligations, les bons du Trésor et l’inflation dans tous les pays. Elles ont dominé les obligations, qui sont un peu moins risquées, tandis que les obligations ont surperformé les bons du Trésor. »

Les rendements boursiers réels ont été positifs dans les 21 pays pour lesquels on dispose de données remontant à 1900. Les gains ont varié entre 3 % et 6,9 %, avec un rendement réel de 4,5 % pour l’indice « World ex U.S. » en dollars américains. Cela se traduit par une multiplication par 249 du pouvoir d’achat depuis 1900.

Les rendements ont été les plus élevés dans les pays industrialisés et riches en ressources, tandis que les marchés les moins performants ont été ceux touchés par des guerres et les bouleversements économiques qui en ont résulté.

Le Canada a affiché la plus faible volatilité

La volatilité a été le prix à payer pour ces gains boursiers. Au cours des 126 années étudiées, six années ont enregistré des rendements annuels des actions américaines inférieurs à -40 %. À l’inverse, six années ont affiché des gains supérieurs à 40 %.

Parmi les 21 pays disposant de données fiables remontant à 1900, le Canada présentait le marché le moins risqué en termes de rendements boursiers réels, avec un écart-type de 16,7 %. Venaient ensuite l’Australie (17,2 %), la Nouvelle-Zélande (19,0 %), la Suisse (19,1 %), le Royaume-Uni (19,3 %) et les États-Unis (19,8 %).

L’écart-type moyen pour les 21 pays s’élevait à 23,4 %. L’annuaire présente un indice mondial des actions basé sur la capitalisation boursière de chaque pays, dont l’écart-type était de 17,3 %. Cela démontre l’efficacité de la diversification mondiale pour réduire le risque.

Les marchés émergents ont été plus volatils que les marchés développés, mais l'écart s'est réduit au cours des 25 dernières années. La volatilité des premiers a diminué, ramenant la différence d’écart-type par rapport aux marchés développés à moins de 5 % à la fin de 2025.

Une volatilité moindre pour les obligations et les bons du Trésor

En ce qui concerne les obligations, la volatilité a été nettement plus faible. Les rendements réels des obligations ont affiché un écart-type moyen de 13,1 % depuis 1900, contre 23,0 % pour les actions et 7,5 % pour les bons du Trésor. (Ces chiffres excluent l’Autriche.)

Dans le même temps, les obligations ont connu de longues périodes de rendements très faibles ou très élevés. Les rendements élevés et la volatilité récente du marché obligataire reflètent un âge d’or des taux d’intérêt bas qui a fait grimper les cours des obligations et qui a pris fin en 2022 avec le retour de l’inflation. Il n’était pas pertinent d’extrapoler ces rendements dans l’avenir, comme le souligne l’annuaire : les rendements réels des obligations américaines et britanniques se sont établis respectivement à -31 % et -39 % entre 2022 et 2025.

Notre page consacrée aux statistiques de marché montre l’impact de l’inflation sur les rendements obligataires. Au Canada, celle-ci a dépassé les rendements obligataires au cours des dix dernières années.

Impact limité de la géopolitique

Le risque géopolitique est au cœur des préoccupations dans le contexte actuel marqué par les droits de douane, les guerres et les perturbations de l’approvisionnement mondial en pétrole. L’annuaire adopte une vision optimiste quant aux répercussions de ces risques.

« Ces événements sont relativement rares », indique le rapport. « La plupart du temps, les investisseurs auraient raison de « ne pas se laisser perturber » par le bruit géopolitique. Cependant, cela nécessite de faire preuve de discernement pour distinguer le signal du bruit. »

En effet, l’annuaire a constaté que les guerres ont été bien moins préjudiciables aux actions mondiales que les quatre grands marchés baissiers survenus en temps de paix.

« Ces marchés baissiers ont représenté la concrétisation d’un risque économique à la baisse. Trois d’entre eux ont été déclenchés par des facteurs économiques, tandis que le quatrième, le krach boursier de 1973-1974, a été provoqué par des facteurs géopolitiques, mais s’est traduit par une crise économique. »

Il faut s’attendre à des rendements futurs plus faibles

Qu’en est-il de l’avenir ? Dans notre blog et notre podcast Sujet Capital, nous avons récemment souligné que les gains exceptionnels enregistrés sur les actions ces dernières années ont peu de chances de perdurer. L’annuaire est parvenu à une conclusion similaire.

« Les investisseurs mondiaux peuvent s’attendre à une prime des actions (par rapport aux bons du Trésor) d’environ 3,5 %. La prime de risque moyenne arithmétique correspondante serait d’environ 5 % », indique UBS.

« Notre estimation est inférieure à la prime historique à long terme et bien inférieure à celle observée au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Certains ouvrages sur l’investissement citent encore des chiffres aussi élevés que 7 % pour la moyenne géométrique et 9 % pour la moyenne arithmétique. Nous pensons que les investisseurs qui se fient à de tels chiffres risquent d’être déçus. »

Notre hypothèse actuelle de moyenne géométrique pour un portefeuille mondial pondéré en fonction de la capitalisation boursière et présentant un biais en faveur du Canada, son pays d’origine, est de 6,92 %, et celle pour les liquidités est de 2,88 %, ce qui porte notre hypothèse de prime des actions par rapport aux bons du Trésor à 3,93 %, contre 3,5 % selon la figure de Dimson, Marsh et Staunton.

Diversifiez et pensez à long terme

La leçon à tirer de tout cela est que la diversification entre les actions, les marchés et les classes d’actifs n’élimine pas le risque, mais qu’elle peut conduire à de meilleurs rendements ajustés au risque sur le long terme.

Tenez compte de vos objectifs à long terme, de votre profil de risque, de votre capacité à prendre des risques et de votre horizon temporel lorsque vous constituez votre portefeuille. Gardez à l’esprit qu’à court terme, même les décisions d’investissement les plus judicieuses peuvent entraîner des pertes temporaires.

Mais en surmontant la volatilité et en restant fidèle à votre plan d’investissement, vous pouvez réaliser des gains remarquables.

Retrouvez plus de commentaires sur la finance personnelle et l’investissement, notre podcast, nos anciens articles de blog, nos livres électroniques, nos portefeuilles modèles et nos statistiques de marché sur le site web de l’équipe Parkyn-Doyon La Rochelle de PWL Capital et sur notre site web Sujet Capital.

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